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Compte tenu des niveaux relativement élevés de la production de pétrole et de gaz, combinés à l'abondance des stocks, les marchés canadiens seront bien approvisionnés en énergie cet hiver. Cela signifie que les consommateurs canadiens peuvent espérer que les prix du pétrole et de l'électricité seront semblables à ceux de l'année dernière et celui du gaz naturel légèrement plus bas.
La consommation d'énergie continue à s'accroître partout dans le monde, il y a toutefois des variations régionales. Alors que la croissance économique du Canada et des États-Unis est moins rapide que prévu, celle des marchés émergents continue à être forte. La demande d'énergie au Canada est encore légèrement en dessous des niveaux avant la récession, mais plus élevée par rapport à l'année dernière.
Les conditions météorologiques sont l'un des plus importants facteurs qui influencent la demande d'énergie. Selon le consensus qui semble se dégager actuellement (d'Environnement Canada et de la National Oceanic and Atmospheric Administration des États-Unis), l'hiver sera doux dans l'Est, ce qui laisse entendre que la demande de chauffage sera moindre de ce côté du continent.
Les Canadiens peuvent s'attendre à voir le prix moyen du pétrole se situer entre 75 et 85 $US le baril au cours de l'hiver. Le prix du pétrole brut a légèrement monté depuis le début de 2009. Une forte croissance des économies émergentes, combinée aux programmes gouvernementaux de stimulation économique dans les pays développés, a poussé la demande de pétrole à augmenter. Le stock de pétrole et la capacité de production de réserve demeurent élevés. Les pays non membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ont augmenté leur production de pétrole en 2010, notamment le Canada, les États-Unis, le Brésil, la Colombie, la Russie et l'Europe de l'Est. Parallèlement, l'OPEP a dépassé son quota de production de 2009 pour accéder à la demande accrue de pétrole. La réserve d'approvisionnement qui existe actuellement commencera à s'épuiser en 2011 à mesure que la demande de pétrole dans le monde croît plus vite que la production des pays non membres de l'OPEP.
Le prix moyen du mazout de chauffage au Canada devrait se situer entre 0,87 et 0,93 $CAN le litre au cours de l'hiver. La plupart des Canadiens comptent sur le gaz naturel ou l'électricité pour chauffer leur foyer, mais environ 10 % utilisent du mazout de chauffage. L'Est du Canada est le principal marché du mazout de chauffage domiciliaire, qui représente 95 % de la demande totale au Canada. Le prix du pétrole brut est le principal facteur influençant les prix du mazout de chauffage. Environ la moitié du prix au détail y est en fait attribuable. Au Canada, on peut s'attendre à ce que le prix du mazout de chauffage continue à suivre de près le prix du pétrole; par conséquent, la moyenne des prix du chauffage domiciliaire au mazout sera à peu près la même que l'année dernière. Parmi les autres facteurs qui influencent le prix du mazout de chauffage, on peut citer l'offre et la demande locales, les taxes et le niveau des stocks régionaux. Les stocks de mazout de chauffage des États-Unis sont actuellement plus élevés que la moyenne sur cinq ans.
Les prix au détail de l'essence au Canada se situeront en moyenne entre 0,95 et 1,05 $CAN le litre. Comme celui du mazout de chauffage, le prix de l'essence est déterminé par le rôle clé que joue le prix du pétrole brut. L'abondance des stocks, la capacité de raffinage de réserve et la demande d'essence plus faible pour la saison contribueront à maintenir les prix de l'essence près des niveaux actuels. Il est à noter que les prix de l'essence varient d'un endroit à l'autre au Canada en raison des différents coûts de marketing, de raffinage et de transport ainsi que des différentes taxes locales.
Pour le deuxième hiver consécutif, il est probable que les consommateurs canadiens paient le gaz naturel à des prix relativement bas. Cet hiver, il est prévu que la moyenne des prix du gaz naturel en Amérique du Nord se situe entre 3,50 et 4,50 $US/MBTU. Les températures froides de l'hiver sont le principal facteur responsable des fluctuations des prix. Cependant, on s'attend à ce qu'une production stable et des stocks élevés pour la saison maintiennent les prix bas. La variation du niveau prévu de la reprise économique et les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) sont d'autres facteurs qui pourraient influencer davantage les prix.
Les niveaux de production de gaz naturel au Canada et aux États-Unis resteront stables. Cet hiver, il est prévu que la production moyenne de gaz naturel en Amérique du Nord se situera à 71 milliards de pieds cubes par jour, dont environ 14 milliards de pieds cubes par jour viennent du Canada. L'approvisionnement croissant provenant de l'Est des États-Unis compensera la baisse de la production de gaz naturel dans le golfe du Mexique et l'Ouest canadien. Bien que le prix du gaz naturel soit bas, les activités de forage aux États-Unis et au Canada demeurent stables. Cependant, le nombre d'appareils utilisés pour forer des puits de gaz horizontaux, particulièrement des puits de gaz de schiste, a atteint un niveau record. Si le prix du gaz naturel demeure bas, les producteurs finiront par se tourner vers des régions où ils trouveront à la fois du gaz naturel et des liquides de gaz naturel qui offrent un meilleur rendement puisqu'ils sont évalués par rapport au pétrole brut.
Il est prévu que la quantité de gaz naturel en stock continuera à être au-dessus de la moyenne sur cinq ans, mais légèrement inférieure au niveau record établi l'année dernière. Le surplus d'approvisionnement continue à être important en ce moment, ce qui signifie qu'en définitif, les niveaux de stocks de cette année seront probablement très proches du record de l'année dernière, qui était presque de 4 500 milliards de pieds cubes.
On continue à avoir une capacité de production d'électricité suffisante pour répondre à la demande de tous les marchés canadiens. En effet, il est prévu que la demande d'électricité continue à augmenter dans la plupart des marchés; elle reste toutefois en dessous des niveaux de 2008.
Ces derniers mois, l'Ontario et l'Alberta ont mis hors service plusieurs de leurs unités de production au charbon. Au printemps, la centrale Wabuman de l'Alberta a été fermée et en octobre, l'Ontario est passée à l'étape suivante de ses plans d'arrêt progressif de la production d'électricité au charbon en mettant à la réforme des centrales au charbon d'environ 2000 MW. Pendant ce temps, la majorité de la nouvelle offre d'électricité au Canada provient des usines de gaz naturel et des éoliennes. Selon les prévisions, l'accroissement de l'énergie éolienne sera le plus rapide; une centrale d'environ 1500 MW devrait entrer en exploitation d'ici la fin de 2011, amenant la capacité totale d'énergie éolienne du Canada à presque 5 000 MW. Un facteur qui encourage la mise en place immédiate de la production éolienne est l'incitatif de 0,01 $ par kilowattheure de production offert par le programme écoÉNERGIE fédéral, qui prend fin en mars 2011.
Selon les perspectives pour les prix en période de pointe dans les deux marchés canadiens de l'électricité en gros cet hiver, la moyenne devrait se situer entre 35 et 45 $ par mégawattheure en Ontario et entre 50 et 60 $ mégawattheure en Alberta. La stabilité prévue des prix du gaz et un hiver doux selon les prévisions dans l'Est devraient amortir la pression à la hausse causée par la faible disponibilité de l'hydroélectricité et l'augmentation de la demande des consommateurs industriels. Le temps chaud dans les marchés de l'Est ces derniers mois a contribué à l'augmentation des prix de l'électricité par rapport au gaz – et à l'utilisation accrue de nombreuses centrales alimentées au gaz qui ont été construites au cours des dernières années. Le prix de l'électricité de l'Alberta a été relativement bas par rapport aux années passées. Le prix du réseau commun d'énergie de septembre en Alberta a été à son plus bas niveau en huit ans, et ce, en raison de la grande disponibilité des centrales au charbon.
Les prix de gros modiques et stables devraient se refléter dans les tarifs canadiens au détail au fil du temps. D'après les prix de leurs réseaux communs d'énergie, l'Alberta et l'Ontario ont rajusté souvent les tarifs à la consommation, qui sont actuellement très comparables à ceux de l'année dernière. De tels tarifs sont habituellement établis chaque année dans la plupart des autres provinces; ainsi, la Colombie-Britannique, la Saskatchewan, le Manitoba et Terre-Neuve ont tous augmenté leurs tarifs au début de cette année.
Le volume du commerce de l'électricité entre le Canada et les États-Unis et la recette y afférente à ce jour en 2010 sont restés bas comparativement aux niveaux avant 2009. La chute des exportations a été surtout causée par la réduction de la production hydroélectrique (en raison des niveaux de précipitation inférieurs à la moyenne) et le renforcement du dollar canadien. La demande de pointe durant l'hiver dans les provinces de l'Est constitue aussi un facteur dans la quantité d'électricité disponible pour l'exportation. Les perspectives sur le commerce de l'électricité seront stables au cours de l'hiver, mais limitées par les niveaux de production hydroélectrique et les pannes prévues de deux grandes lignes internationales de transport d'électricité en Ontario durant les mois de novembre et décembre.