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Le gaz naturel au Canada : une nouvelle donne - Fiche de renseignements

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Le gaz naturel au Canada : une nouvelle donne - Fiche de renseignements - Mars 2010 [PDF 1047 ko]

Fiche de renseignements

Le gaz naturel au Canada : une nouvelle donne

Le gaz naturel est un produit de base important pour des millions de Canadiens. Il sert à chauffer 40 % des foyers du pays et à produire 8 % de l'électricité dont nous avons besoin. Il représente 40 % des sources d'énergie produites au Canada et 47 milliards de dollars en revenus d'exportation. Le Canada est le troisième plus grand producteur de gaz naturel au monde après la Russie et les États-Unis.

La situation du gaz naturel a été fort variable au Canada ces dernières années. La productibilité a été relativement constante jusqu'en 2008, pour ensuite régresser par suite d'un recul important des activités de forage. Cette chute s'est accentuée en 2009 en raison du faible niveau des prix du gaz et d'un frein aux dépenses en immobilisations. Une activité aussi réduite n'avait pas été vue depuis le début des années 1990. Les prix sont passés d'un sommet en 2008 à un creux en 2009.

Le secteur du gaz naturel au Canada sera confronté à de nouvelles réalités au cours des prochaines années. En effet, la nature du gaz extrait, son origine et son impact sur le marché canadien ne sont plus les mêmes. La nouvelle donne pour le gaz naturel canadien en est une de stabilisation des prix, de diversification des activités de forage et de changements économiques dans le marché.

Stabilisation des prix

Les prix du gaz naturel ont énormément fluctué depuis deux ans, passant de 12,69 $ en juin 2008, un sommet, à 2,93 en septembre 2009 (prix cotés au carrefour Henry, cours de référence du gaz naturel en Amérique du Nord). La récession entamée en 2008 s'est répercutée sur la demande, notamment dans le milieu industriel. Pendant ce temps, les États-Unis intensifiaient leur production et le marché du gaz devenait saturé.

On prévoit que les prix prendront du mieux d'ici 2012, pour se situer à 5,50 $ le million de BTU (MBTU) en 2010, 6,00 $ en 2011 et 6,75 $ en 2012.

Le gaz non classique gagne du terrain

Au Canada, 90 % du gaz produit est d'origine classique, c'est-à-dire qu'il se présente dans des cavités rocheuses souterraines desquelles il est relativement facile de l'extraire. Or ce gaz devient plus difficile à trouver au Canada et on en produit moins tout en mettant en valeur de plus en plus de sources de gaz non classique.

Le gaz de réservoirs étanches et le gaz non classique, soit le méthane de houille et le gaz de schistes, ne se trouvent pas dans des poches facilement accessibles mais plutôt dans de minces coches et petites formations rocheuses qu'il faut fracturer pour en extraire le gaz. L'extraction du gaz non classique et du gaz de réservoirs étanches repose sur de nouvelles techniques, actuellement plus coûteuses, et se fait plus lentement.

Malgré ces obstacles, l'exploitation du gaz de réservoirs étanches et du gaz non classique prend de l'expansion au Canada, notamment dans deux régions clés : Montney et Horn River dans le nord-est de la Colombie-Britannique. En 2010 seulement, plus de 210 puits pourraient être forés dans la région de Montney et 70 dans celle de Horn River pour ainsi accroître considérablement la productibilité à ces endroits.

À mesure que la mise en valeur de ces ressources s'intensifie et que celle du gaz classique perd du terrain, on assiste à un déplacement de production de l'Alberta vers la Colombie-Britannique. Ainsi, il est prévu que la production gazière de l'Alberta diminuera de 12,7 à 8,5 milliards de pieds cubes par jour (Gpi3/j). Celle de la C.-B. passera pour sa part de 2,7 à 3,7 Gpi3/j. L'Alberta pourrait renverser la vapeur quelque peu si la mise en valeur du gaz de schistes prend de l'ampleur dans la région de Duvernay.

Moyenne des prix au carrefour Henry (US$/MBTU)

Moyenne des prix au carrefour Henry (US$/MBTU)

L'exploitation du gaz non classique ne se limite pas au Canada. Par exemple, la production s'est considérablement accrue un peu partout aux États- Unis ces dernières années. L'offre plus forte, jumelée au ralentissement de l'économie, a été un facteur de réduction des prix du gaz naturel dans toute l'Amérique du Nord.

Cependant, il n'y a pas que de bonnes nouvelles dans l'univers gazier. L'augmentation plus rapide des prix du pétrole que celle des prix du gaz en 2009 a fait en sorte de rendre le forage de puits de pétrole plus rentable. Certaines techniques mises au point pour l'extraction du gaz de schistes sont d'ailleurs utilisées pour la production de pétrole en Alberta et en Saskatchewan. La plupart des dépenses en immobilisations de l'industrie étaient auparavant destinées au gaz, mais une partie de ces capitaux sont maintenant dirigés vers le pétrole.

Jours de forage ciblant du gaz

Jours de forage ciblant du gaz

La demande active l'offre

Le marché nord-américain est amplement approvisionné en gaz; en conséquence, les producteurs attendent que la demande et les prix croissent avant d'accentuer la production des ressources connues. Ils comparent les facteurs économiques qui ont cours dans les diverses régions productrices du continent pour cibler leurs investissements au bon endroit.

Bien que l'on prévoie une activité de forage plus fébrile au Canada, l'ensemble de la production de gaz naturel devrait diminuer jusqu'en 2012. En 2009, la productibilité s'établissait à 15,1 Gpi3/j, mais elle chutera à 13,0 Gpi3/j, parce que l'activité a été plus faible ces dernières années qu'au début de la décennie. La population canadienne n'a pas à s'inquiéter toutefois : le pays produit suffisamment de gaz pour répondre à ses besoins.

À mesure que la consommation augmentera et que la productibilité diminuera au Canada, les exportations nettes de gaz aux États-Unis fléchiront vraisemblablement par suite d'une hausse de production dans ce pays.

Les dépenses en immobilisations et l'emploi dans le secteur gazier se stabiliseront pour ensuite croître légèrement les années suivantes. Le nombre de jours de forage, qui remplace celui des puits comme indicateur de main-d'oeuvre dans ce secteur, augmentera de 11 %, soit de 45 659 jours en 2010 à 50 512 en 2012. Comparativement à 2009, cela signifie un plus grand nombre d'emplois malgré la baisse du nombre de puits forés. Ce changement s'explique par le plus grand nombre de jours de forage et de service que nécessitent le gaz non classique et le gaz de réservoirs étanches par rapport aux puits de gaz classique.

Pour plus de détails sur la productibilité de gaz naturel, consultez l'évaluation du marché de l'énergie publiée par l'Office national de l'énergie et intitulée Productibilité à court terme de gaz naturel au Canada 2010-2012.

Ouvriers Installation de gaz naturel Un couple préparant un repas
L'Office national de l'énergie surveille divers scénarios d'offre et de demande de tous les produits énergétiques de base, soit le pétrole, le gaz naturel, les liquides de gaz naturel et l'électricité.

Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez la section Rapports sur l'énergie du site Web de l'Office au www.neb-one.gc.ca.

 

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Date de modification :
2011-10-28