
Figure 1 - Offre et utilisation de pétrole brut au Canada (en milliers de mètres cubes par jour) - 2009
Source : ONÉ
Il existe deux grandes régions de production pétrolière au Canada : celle du bassin sédimentaire de l'Ouest canadien (BSOC), qui comprend l'Alberta, la Saskatchewan, ainsi qu'une partie de la Colombie-Britannique et du Manitoba; celle au large de la côte Est du pays. De modestes quantités de pétrole sont également produites en Ontario et dans les Territoires du Nord-Ouest.
La figure 2 illustre la production de pétrole brut canadien depuis l'an 2000 et les perspectives de l'ONÉ jusqu'en 2012. La tendance à la baisse des dernières années de la production de pétrole brut classique dans le BSOC s’est inversée. Grâce à l’utilisation réussie du forage horizontal et de la fracturation hydraulique en plusieurs étapes pour le pétrole de réservoirs étanches, la production est de nouveau en hausse. Cette technologie en étant à ses débuts, l’incidence sur les futurs niveaux de production est encore imprécise.
Après 2012, on s’attend à ce que la croissance dans les sables bitumineux (extraction minière et in situ du bitume) et la production sur la côte Est se poursuivent. Le Canada est un des rares pays hors de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) présentant des perspectives de croissance de sa production à long terme.
Figure 2 - Production canadienne de pétrole brut
Source : ONÉ
Statistiques mensuelles de production pétrolière au Canada
Publications de l'ONÉ comprenant des perspectives sur l'offre de pétrole canadien
Au moment de la transformation du pétrole brut, les hydrocarbures sont triés, divisés, puis réunis selon de nouvelles combinaisons avant d'être mélangés à nouveau, aux raffineries et aux usines pétrochimiques, en vue d'être utilisés dans de nombreux produits, allant de l'essence au caoutchouc synthétique. Les ventes de produits pétroliers au pays sont illustrées à la figure 3. Les carburants de transport, qui comprennent le carburéacteur, l'essence et le diesel, représentent presque 70 % de ces ventes. Les pourcentages indiqués peuvent varier selon la région et la saison. En été, les raffineries produisent davantage d'essence et d'asphalte, tandis qu'en hiver, surtout dans l'Est et dans le centre du Canada, la production de combustible de chauffage et de mazout léger augmente.
Figure 3 - Ventes intérieures estimatives de produits pétroliers raffinés - 2011
Sources : Statistique Canada et ONÉ
Au Canada, 18 raffineries sont exploitées, pour une capacité totale d’environ deux millions de barils par jour (317 000 m³/d). Une de ces raffineries ne produit que de l'asphalte tandis qu'une autre se limite exclusivement aux produits pétrochimiques. Les 16 raffineries restantes proposent un large éventail de produits pétroliers raffinés. L'emplacement et la capacité des raffineries canadiennes sont illustrés à la figure 4. En général, elles ont été construites dans le but d'approvisionner des marchés régionaux, mais cela n'empêche pas un certain commerce interprovincial et même international. Le Canada est un exportateur net, tant de produits pétroliers que de pétrole brut.
Les raffineries de l'Atlantique et du Québec importent la plus grande partie de leurs produits de base, le reste provenant de la côte Est. En 2010, on estime qu'une tranche de 20 % du brut raffiné en Ontario a été importée tandis que le reste, soit 80 %, provenait de l'Ouest et de l'Est canadiens. Les raffineries de l'Ouest canadien, pour leur part, transforment exclusivement du pétrole brut canadien. La consommation de produits pétroliers au Canada en 2011 se chiffrait à plus ou moins 289 000 m³/j (soit 1,8 million de barils par jour), ce qui représente une augmentation de 1,5 % par rapport à 2010.
Figure 4 - Raffineries canadiennes - Capacités pour 2008 (en milliers de barils par jour)
Source : ONÉ
Le réseau de transport (pipelinier, maritime, ferroviaire et routier) requis pour l'acheminement des produits pétroliers des raffineries jusqu'aux utilisateurs finals est complexe. Le secteur aval comprend également les stations-service et autres revendeurs de produits pétroliers. Plus grande est la distance entre la raffinerie et le point de vente aux consommateurs, plus il faut s'attendre à des prix plus élevés en raison des coûts de transport. En outre, les prix peuvent avoir tendance à être plus élevés dans les régions rurales que dans les grands centres si le nombre de revendeurs est moindre et la concurrence moins intense.
Le secteur aval des produits pétroliers est d'une grande complexité et fortement concurrentiel. Chaque produit, dans chaque marché régional, réagit à des rapports de force différents entre l'offre et la demande, en plus de subir des pressions variées au chapitre du transport. Les raffineurs doivent tenir compte d'un certain nombre de facteurs ne pointant pas tous dans la même direction lorsqu'ils leur faut décider du type de pétrole brut à transformer, des investissements à effectuer en matière d'équipement et de l'éventail de produits à proposer. La viabilité de ce secteur est fonction de sa capacité à produire un taux de rendement acceptable sur un marché où les prix dépendent des conditions qui prévalent à la fois sur la scène internationale et à l'échelle locale.
Le Canada a toujours été un exportateur net d'essence et de distillats moyens (carburéacteur, mazout de chauffage et diesel), expédiant à l'étranger l'excédent de ces produits après avoir répondu à ses propres besoins.