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Guide de dépôt Électricité - Chapitre 6 - Évaluation des effets environnementaux et socioéconomiques

6.1 Introduction

Le présent chapitre décrit le processus d'évaluation environnementale et socioéconomique et expose les informations à fournir pour qu'une demande soit complète.

En plus de fournir une description du projet, le demandeur doit décrire ce qui suit :

  • le contexte environnemental et socioéconomique en général;
  • les effets qu'aura le projet envisagé sur l'environnement humain et biophysique;
  • le raisonnement employé pour cerner les enjeux environnementaux et socioéconomiques;
  • la méthode employée pour analyser les effets;
  • les mesures d'atténuation proposées;
  • les effets résiduels.

Le niveau de détail exigé par l'ONÉ dans le cas d'une demande peut varier selon :

  • la nature et l'ampleur du projet;
  • les effets prévus du projet;
  • le degré d'intérêt manifesté par le public à l'égard du projet.

Le demandeur est tenu de fournir un niveau de détail suffisant, sous la forme d'un ensemble de faits et d'un schème de raisonnement défendable et transparent, pour étoffer les enjeux relevés, l'analyse de ces derniers et les conclusions tirées au sujet des effets environnementaux et socioéconomiques du projet.

Les sections du présent chapitre sont regroupées en deux parties principales. La première vise à aider le demandeur à comprendre le processus d'évaluation des demandes pour qu'il puisse fournir les renseignements exigés. Elle comprend les sections qui suivent :

6.2 - Responsabilités de l'ONÉ en matière environnementale et socioéconomique;

6.3 - Portée de l'évaluation environnementale et socioéconomique;

6.4 - Niveau de détail.

Le demandeur doit examiner attentivement les sections 6.3 et 6.4 afin de bien comprendre les exigences énoncées dans les sections qui suivent.

La seconde partie décrit les exigences formelles de dépôt relatives à une évaluation environnementale et socioéconomique :

6.5 - Description du contexte environnemental et socioéconomique;

6.6 - Évaluation des effets;

6.7 - Évaluation des effets cumulatifs

Le tableau 6-3, dans la section 6.5, précise dans quelles circonstances le demandeur doit fournir une information détaillée sur des éléments biophysiques ou socioéconomiques particuliers, tandis que les tableaux 6-4 et 6-5, à la fin du chapitre, expose les renseignements à produire au sujet de ces éléments.

Le tableau 6-1 ci-dessous présente un aperçu des exigences de dépôt que l'on trouve dans les sections 6.5 à 6.7.

Tableau 6-1:
Aperçu des exigences de dépôt liées à l'évaluation environnementale et socioéconomique
Élément Exigences de dépôt - Le demandeur doit :
Description du contexte environnemental et socioéconomique
(section 6.5)
  • Fournir une carte illustrant le contexte ainsi que les contraintes environnementales et socioéconomiques.
  • Décrire les éléments biophysiques et socioéconomiques caractérisant la zone d'étude, tels qu'ils sont énumérés au tableau 6-3.
  • Fournir des éléments de preuve justifiant les renseignements et données recueillis.
  • Exposer la méthode employée pour analyser tout relevé effectué.
Évaluation des effets
(section 6.6)
  • Relever les interactions entre les activités associées au projet et les éléments biophysiques ou socioéconomiques.
  • Relever les effets potentiels des interactions.
  • Si aucune interaction n'est prévue, il n'est pas nécessaire de poursuivre l'analyse. Il faut cependant justifier la conclusion selon laquelle il n'y a pas d'interactions prévues entre les activités du projet et les éléments biophysiques ou socioéconomiques.
  • S'il est nécessaire de fournir une information plus détaillée (tel que le précise le tableau 6-3) en raison des circonstances du projet et s'il est prévu que les activités du projet interagiront avec des éléments biophysiques et socioéconomiques, fournir une analyse plus poussée.
  • Si un élément exige une analyse plus poussée :
    • préciser les limites utilisées pour l'analyse des effets visant chaque élément;
    • fournir une analyse des effets dans le cas de chaque élément;
    • préciser la méthode employée pour l'analyse des effets;
    • préciser les mesures d'atténuation des effets engendrés par le projet ainsi que les effets résiduels qui persisteront après l'application des mesures d'atténuation;
    • évaluer la probabilité que le projet cause des effets résiduels, et l'importance de ces derniers.

Se reporter au tableau 6-3 pour déterminer s'il est nécessaire de fournir des renseignements détaillés sur les effets biophysiques et socioéconomiques. Si tel était le cas, se reporter aux tableaux 6-4 et 6-5.

Évaluation des effets cumulatifs
(section 6.7)
  • Déterminer la portée des effets cumulatifs potentiels qui doivent être évalués en examinant tous les effets résiduels relevés dans l'évaluation des effets.
  • Si aucun effet résiduel n'est prévu, il n'y a pas lieu de faire une analyse plus poussée des effets cumulatifs.
  • Pour les cas où l'on prévoit un effet résiduel, indépendamment de son importance :
    • préciser les limites dans lesquelles l'effet se fera sentir;
    • identifier les autres projets et activités en cause;
    • relever les effets associés à d'autres projets et activités qui pourraient se conjuguer aux effets résiduels du projet envisagé;
    • si l'on n'a relevé aucun autre projet ni aucune autre activité dont les effets pourraient se conjuguer aux effets résiduels du projet envisagé, il n'y a pas lieu de poursuivre l'analyse des effets cumulatifs;
    • fournir une analyse des effets cumulatifs dans le cas de chaque élément restant;
    • préciser la méthode employée pour l'analyse des effets cumulatifs;
    • préciser les mesures d'atténuation des effets cumulatifs;
    • évaluer la probabilité que le projet cause des effets cumulatifs négatifs, et l'importance de ces derniers.
Inspection, surveillance et suivi
(section 6.8)
  • Exposer les mesures prévues pour garantir la conformité aux engagements pris.
  • Décrire le plan d'inspection et de surveillance qui sera mis en oeuvre.
  • Évaluer si des programmes de suivi sont nécessaires pour vérifier les prévisions des effets.

6.2 Responsabilités de l'ONÉ sur le plan environnemental et socioéconomique

Suivant la Loi sur l'ONÉ, les responsabilités de l'Office sur le plan environnemental et socioéconomique comprennent trois volets :

  • évaluation des effets éventuels des projets proposés;
  • surveillance et application des conditions imposées, pendant et après la construction;
  • surveillance continue et réglementation des activités d'exploitation, y compris la désaffectation des installations.

L'ONÉ effectue l'évaluation des effets environnementaux et socioéconomiques pour assurer que :

  • les effets d'un projet soient examinés d'une manière soignée et prudente avant que soit prise toute décision visant à permettre au projet d'aller de l'avant;
  • les projets n'engendrent pas d'effets négatifs importants;
  • le public ait la possibilité de participer au processus d'évaluation.

La Loi canadienne sur l'évaluation environnementale (LCÉE) confère aussi des responsabilités précises à l'ONÉ. En sa qualité d'autorité responsable en vertu de la LCÉE, l'ONÉ doit :

  • déterminer, de concert avec les autres autorités responsables, la portée de l'évaluation environnementale et socioéconomique à effectuer;
  • fournir au Registre canadien d'évaluation environnementale :
    • une description de la portée du projet;
    • toute autre information exigée par le paragraphe 55(1) de la LCÉE;
  • tenir un dossier à l'égard du projet;
  • rester à l'écoute des préoccupations du public et, s'il y a lieu, offrir au public la possibilité de participer au processus;
  • déterminer si le projet est susceptible d'entraîner des effets environnementaux négatifs importants;
  • déterminer si des mesures d'atténuation s'imposent et garantir, si le projet est approuvé, que ces mesures seront mises en oeuvre;
  • évaluer s'il y a lieu de mettre en place un programme de suivi du projet;
  • envisager d'autres facteurs dans l'éventualité où le projet déclencherait l'application d'une étude approfondie dans le cadre du Règlement sur la liste d'étude approfondie.

Les demandeurs sont invités à consulter le site Internet de l'Agence canadienne d'évaluation environnementale (ACÉE) pour obtenir de plus amples renseignements et des conseils relativement à la LCÉE.

Enfin, l'annexe II - Textes cités renferme d'autres sources d'information concernant la LCÉE.

À titre d'information - Renseignements complémentaires...

Les demandeurs doivent prendre en compte tous les sujets de la présente section, peu importe si le projet déclenche ou non l'application de la LCÉE.

6.3 Portée de l'évaluation environnementale et socioéconomique

6.3.1 Qu'entend-on par détermination de la portée?

La détermination de la portée est à la base même d'une évaluation environnementale et socioéconomique efficace et efficiente.

La portée assure que l'évaluation visera les véritables enjeux et préoccupations et elle aide à déterminer le niveau d'effort à consacrer à l'évaluation. Bien établie, la portée réduit le risque d'inclure des éléments sans importance ou non pertinents ou d'exclure des éléments importants. En particulier, par détermination de la portée, on entend un processus visant à établir :

  • les éléments et activités à prendre en compte dans l'évaluation;
  • les éléments biophysiques et socioéconomiques susceptibles d'être perturbés.

La détermination de la portée d'une évaluation est un processus itératif. L'ONÉ établit la portée définitive. La demande lui sert de point de départ et constitue la principale source d'information sur laquelle se fonde l'Office.

À titre d'information - Rappel...

La demande constitue la principale source d'information sur laquelle se fonde l'ONÉ pour déterminer la portée d'un projet. Si l'information présentée n'est pas suffisante, l'ONÉ devra demander un complément d'informations, ce qui pourrait retarder le processus d'évaluation.

6.3.2 Rôle du demandeur dans la détermination de la portée

Le rôle du demandeur dans la détermination de la portée consiste à :

  • fournir à l'ONÉ suffisamment de renseignements pour lui permettre de s'acquitter de ses responsabilités en ce qui concerne la détermination de la portée de l'évaluation et son exécution de l'évaluation;
  • veiller à ce que son évaluation environnementale et socioéconomique (ÉES) porte sur les véritables enjeux et préoccupations et qu'un niveau d'effort suffisant y soit consacré;
  • prendre en compte, s'il y a lieu, les éléments énoncés dans les paragraphes 16(1) et 16(2) de la LCÉE (voir Éléments à prendre en considération ci-dessous), même dans le cas des projets qui ne sont pas assujettis à la LCÉE.

Une fois la portée déterminée de manière appropriée, le demandeur peut se concentrer sur les questions clés et s'attaquer aux autres questions de manière plus efficace par la mise en oeuvre :

  • des mesures d'atténuation courantes;
  • des pratiques de gestion exemplaires;
  • des programmes existants de la compagnie.

Afin d'aider le demandeur à déterminer la portée de l'ÉES, l'ONÉ l'invite à prendre les dispositions qui suivent avant de déposer sa demande :

  • solliciter une rencontre avec le personnel de l'Office (voir la section 1.6 - Notes d'orientation concernant les rencontres prédemande);
  • discuter de la portée du projet avec l'ACÉE et, s'il y a lieu, avec les autres autorités fédérales pertinentes (consulter le tableau 5-1 pour connaître les questions à considérer et les autorités à contacter);
  • consulter les documents d'orientation de l'ACÉE relatifs à la détermination de la portée du projet, s'il y a lieu.

Dans le cas des projets complexes ou d'envergure, tels ceux qui nécessitent une étude approfondie, le demandeur peut déposer une présentation préliminaire pour demander des directions quant à la détermination de la portée en vertu de la LCÉE avant même de déposer une demande en vertu de la Loi sur l'ONÉ.

6.3.3 Rôle de l'ONÉ dans la détermination de la portée

Dans le cas des demandes assujetties à la LCÉE, l'ONÉ établit normalement la portée de l'évaluation en consultation avec d'autres autorités responsables après avoir reçu une demande. L'ONÉ fournira des renseignements sur la portée du projet pour consignation au registre de la LCÉE au moins 15 jours avant de rendre une décision sur le projet.

Dans le cas des projets non assujettis à la LCÉE, l'ONÉ détermine généralement la portée de l'évaluation en suivant les principes prévus par la LCÉE.

The NEB may Avant d'établir la portée du projet, l'ONÉ peut solliciter l';avis du public.

À titre d'information - Renseignements complémentaires...

Comme la détermination de la portée est un processus qui a cours tout au long de l'évaluation, des questions peuvent surgir qui nécessitent des modifications à l'ÉES.

6.3.4 Détermination de la portée de l'évaluation

Portée du projet

La portée du projet englobe la combinaison d'activités et d'éléments qui constituent le projet et sont nécessaires à sa réalisation, et peut comprendre également d'autres activités et éléments qui seraient entrepris en raison de l'exécution du projet visé par la demande.

L'ONÉ déterminera la portée du projet au regard :

  • de l'article 15 de la LCÉE;
  • de la jurisprudence;
  • des documents d'orientation se rapportant à l'article 15.

C'est pourquoi les demandeurs doivent se familiariser avec cette information et baser l'ÉES sur une portée suffisante.

La demande doit clairement énoncer, décrire et justifier ce qui est considéré comme étant :

  • le projet visé;
  • d'autres ouvrages et activités nécessaires à sa réalisation;
  • d'autres activités et ouvrages qui surviendront inévitablement si le projet visé est réalisé.

Éléments à prendre en considération

L'ONÉ prendra en considération les paragraphes 16(1) et 16(2) de la LCÉE en plus d'autres questions jugées pertinentes.

Les paragraphes 16(1) et 16(2) de la LCÉE prescrivent ce qui suit :

16. (1)  L'examen préalable, l'étude approfondie, la médiation ou l'examen par une commission d'un projet portent notamment sur les éléments suivants :

a) les effets environnementaux du projet, y compris ceux causés par les accidents ou défaillances pouvant en résulter, et les effets cumulatifs que sa réalisation, combinée à l'existence d'autres ouvrages ou à la réalisation d'autres projets ou activités, est susceptible de causer à l'environnement;

b) l'importance des effets visés à l'alinéa a);

c) les observations du public à cet égard, reçues conformément à la présente loi et aux règlements;

d) les mesures d'atténuation réalisables, sur les plans technique et économique, des effets environnementaux importants du projet;

e) tout autre élément utile à l'examen préalable, à l'étude approfondie, à la médiation ou à l'examen par une commission, notamment la nécessité du projet et ses solutions de rechange, - dont l'autorité responsable ou, sauf dans le cas d'un examen préalable, le ministre, après consultation de celle-ci, peut exiger la prise en compte.

(2) L'étude approfondie d'un projet et l'évaluation environnementale qui fait l'objet d'une médiation ou d'un examen par une commission portent également sur les éléments suivants :

a) les raisons d'être du projet;

b) les solutions de rechange réalisables sur les plans technique et économique, et leurs effets environnementaux;

c) la nécessité d'un programme de suivi du projet, ainsi que ses modalités;

d) la capacité des ressources renouvelables, risquant d'être touchées de façon importante par le projet, de répondre aux besoins du présent et à ceux des générations futures.

En plus des éléments visés dans la LCÉE, l'ONÉ peut prendre en considération d'autres questions jugées pertinentes, tels les effets socioéconomiques directs qui ne sont pas entraînés par des effets environnemetaux.

Les connaissances des collectivités et les connaissances traditionnelles peuvent également être prises en compte dans une ÉES.

Il est impératif que le demandeur applique l'article 16 de la LCÉE pour que l'évaluation puisse être menée à bien.

Portée des éléments

La portée des éléments définit :

  • les éléments biophysiques et socioéconomiques à évaluer (énumérés au tableau 6-3);
  • les limites spatiales et temporelles (distance et temps) liées aux éléments biophysiques et socioéconomiques.

La détermination de la portée des éléments aide aussi à établir :

  • le niveau d'effort à consacrer à l'ÉES;
  • les questions les plus pertinentes dans le cadre de l'évaluation.

Si le demandeur détermine au départ une portée des éléments insuffisante, il se peut qu'on lui demande de fournir des renseignements complémentaires après le dépôt de sa demande.

À titre d'information - Rappel...

L'information fournie doit clairement démontrer et justifier de quelle manière les éléments biophysiques et socioéconomiques ont été déterminés, en plus de fournir le raisonnement employé pour déterminer le niveau de détail proposé.

6.4 Niveau de détail

L'ONÉ a besoin d'une information claire et suffisante pour pouvoir s'acquitter de ses responsabilités en matière de détermination de la portée et d'évaluation du projet. Au moment de la demande, l'ONÉ ne sera pas aussi au fait du projet et de la zone d'étude proposés que le demandeur.

La nature et l'envergure du projet, conjuguées aux circonstances environnementales et socioéconomiques, déterminent l'étendue des interactions et les effets potentiels, ainsi que le niveau de détail requis. L'ampleur de l'intérêt du public à l'égard du projet peut aussi influer sur le niveau de détail requis pour répondre au besoin de transparence et tenir compte des préoccupations de la population.

L'information fournie doit donc être suffisamment détaillée pour permettre à l'ONÉ de :

  • déterminer l'ampleur des interactions, ou l'absence d'interaction, entre le projet et l'environnement;
  • cerner les effets potentiels du projet envisagé;
  • cerner les effets potentiels de l'environnement sur le projet;
  • déterminer l'importance de ces effets.

À titre d'information - Exemple...

Par exemple, dans le cas d'un projet qui franchit un cours d'eau mais n'exige pas d'ouvrages, de travaux de construction ou d'activités d'entretien à l'intérieur de la zone où les activités de pêche sont particulièrement importantes, ou s'il s'agit d'un petit cours d'eau de durée éphémère et que la construction du projet a été réalisée durant la saison sèche, le degré de détail de l'analyse des effets sur le poisson et l'habitat du poisson serait moindre que dans le cas d'un projet dont les travaux de construction sont réalisés en période de frai dans le lit d'un cours d'eau où vivent des poissons.

Le demandeur doit toutefois indiquer clairement le raisonnement sur lequel repose le niveau de détail fourni. Il le fait habituellement au moyen des éléments suivants :

  • description du projet : information détaillée sur la méthode employée pour franchir le cours d'eau - envisage-t-on une ligne de transport d'électricité à portée libre ou des travaux de construction ou des ouvrages à l'intérieur ou dans le voisinage immédiat du cours d'eau seront-ils nécessaires, et, le cas échéant, quels sont-ils et quelles sont les méthodes qui seront employées;
  • description du contexte environnemental : information détaillée portant sur la nature du cours d'eau, les rives, les zones riveraines, les caractéristiques d'érosion, les activités de pêche et l'habitat du poisson, et, selon le cas :
  • description des interactions : information détaillée concernant le calendrier de construction proposé, l'étendue spatiale des interactions, toute perte d'habitat riverain ou du poisson, et l'importance de tout rejet éventuel d'une substance nocive dans le cours d'eau et, dans l'éventualité d'interactions entre le projet et le contexte environnemental :
  • description des effets prévus : information détaillée concernant les effets directs et indirects du projet sur la qualité de l'eau, l'habitat, le poisson et son stade de développement, ou tout autre effet sur d'autres animaux sauvages.

Le nombre d'éléments à considérer dans une ÉES et le niveau de détail pour les approfondir peuvent varier considérablement, selon les circonstances et les enjeux résultant du projet. Les demandeurs sont invités à tenir compte à la fois des circonstances et des enjeux du projet proposé et à accorder un poids approprié à chaque circonstance ou enjeu quand vient le temps de déterminer la portée des éléments.

Les notes d'orientation du tableau 6-2 qui suit comportent des questions à prendre en compte au moment de déterminer le niveau de détail approprié de l'ÉES. Une réponse affirmative à l'une des questions de ce tableau aurait pour effet une évaluation plus détaillée.

À titre d'information - Exemple...

Par exemple, l'évaluation d'un projet de grande envergure devant prendre forme dans une zone déjà perturbée où l'on compte peu de ressources environnementales uniques pourrait nécessiter moins d'effort qu'un projet de faible envergure sur des terres intactes en territoire éloigné, mais où le public peut manifester beaucoup d'intérêt à l'égard du projet ou qu'il existe une caractéristique environnementale unique.


Tableau 6-2:
Questions filtres pour déterminer un niveau de détail suffisant pour une demande
Considérations pour déterminer le niveau de détail Questions filtres pour déterminer le niveau de détail Orientation
Échelle et ampleur

Le projet proposé est-il à grande échelle et de grande ampleur?

Le projet, ou ses effets, touchent-ils par leur portée spatiale et temporelle un grand nombre de personnes?

En général, les grands projets :

  • entraînent des effets environnementaux plus nombreux ou d'une ampleur plus grande;
  • suscitent plus d'intérêt dans le public;
  • ont tendance à être associés à d'autres projets qu'il faudrait peut-être inclure dans une ÉES.

Définir les populations touchées. Plus les personnes possiblement touchées sont nombreuses, plus la méthode de collecte de renseignements doit être rigoureuse et contenir d'éléments quantifiables.

Emplacement

L'emplacement géographique du projet pourrait-il accroître le potentiel des effets environnementaux négatifs ou des préoccupations du public?

Le projet est-il proche d'une agglomération ou d'une autre zone qui pourrait accroître les préoccupations du public?

Le projet pourrait-il provoquer des effets transfrontaliers?

Existe-t-il dans la zone visée des ressources environnementales ou des conditions socioéconomiques importantes, uniques ou sensibles?

Si l'on a répondu par l'affirmative à l'une de ces questions, il y aura peut-être lieu de procéder à une analyse et à une surveillance plus poussées des effets.
Propriétaires fonciers, groupes autochtones, organismes de réglementation et autres membres du public

Le projet peut-il avoir une incidence directe ou indirecte sur les propriétaires fonciers ou les résidents? Se montrent-ils très intéressés par le projet?

Le projet peut-il susciter des préoccupations parmi les organismes non gouvernementaux ou locaux (p. ex., les groupes communautaires)?

Les effets du projet pourraient-ils comprendre des questions d'intérêt d'actualité pour le public ou les Autochtones, ou accroître l'intérêt pour le projet?

Les contacts avec d'autres organismes fédéraux, provinciaux ou municipaux ont-ils permis de cerner d'éventuelles préoccupations à l'égard du projet?

Le projet risque-t-il de susciter des préoccupations parmi les groupes autochtones en raison de sa nature et de son emplacement?

Y a-t-il une loi qui exige l'inclusion de renseignements complémentaires dans l'ÉES [p. ex., LCÉE, Loi sur les espèces en péril (LEP)]?

Le projet interpelle-t-il d'autres lois ou règlements?

Il est essentiel de tenir des consultations appropriées pour déterminer le type et le degré de préoccupation du public ou des Autochtones à l'égard du projet (voir le chapitre 5).

Éléments à considérer pour évaluer le degré potentiel de préoccupation du public ou des Autochtones :

  • historique des préoccupations à l'égard des projets mis de l'avant dans la région
  • effets potentiels du projet sur la santé
  • problèmes de sécurité potentiels liés au projet
  • effets négatifs potentiels du projet sur les gens de la région, sans avantages directs
  • effets potentiels sur l'économie locale ou sur le gagne-pain des résidents
  • effets potentiels sur les activités tradictionnelles (p. ex., cueillette)
  • effets potentiels sur des éléments environnementaux universellement utilisés, comme l'eau, l'air, la faune, etc.

Les projets qui touchent des questions d'intérêt d'actualité pour le public ou les Autochtones peuvent accroître le niveau d'intérêt pour le projet.

Connaissances scientifiques

Certains éléments environnementaux soulèvent-ils des préoccupations sur le plan scientifique?

L'état actuel des connaissances a-t-il changé?

Si les processus de l'évaluation environnementale et socioéconomique ont évolué, il y aura peut-être lieu de fournir des détails supplémentaires.
Contexte environnemental et socioéconomique et mesures d'atténuation

Le contexte environnemental et socioéconomique est-il particulièrement vulnérable?

L'environnement a-t-il une capacité réduite d'atténuer naturellement les effets environnementaux négatifs?

Propose-t-on des mesures d'atténuation novatrices ou non éprouvées?

Si l'on a répondu par l'affirmative à l'une de ces questions, il y aura peut-être lieu de procéder à une analyse et à une surveillance plus poussées des effets.
Calendrier Les travaux de construction auraient-ils cours au moment où le potentiel des effets négatifs est plus élevé? Si le calendrier de construction proposé n'est pas optimal pour réduire les effets des travaux, il y aura probablement lieu de procéder à une analyse plus poussée des effets et de proposer d'autres mesures d'atténuation.

6.5 Description du contexte environnemental et socioéconomique

La description complète du contexte environnemental et socioéconomique et l'état actuel du milieu naturel dans la zone d'étude peuvent être comparés avec la description du projet afin de cerner les effets potentiels du projet envisagé. C'est pourquoi la description de l'environnement doit être centrée sur les questions pertinentes. Le demandeur n'est pas tenu de fournir une description détaillée des caractéristiques de l'environnement ou des éléments socioéconomiques qui ne sont pas pertinents ou ne sont pas liés au projet.

6.5.1 Description du contexte

But

La demande renferme une description du contexte biophysique et socioéconomique (y compris l'état actuel du milieu naturel dans la zone d'étude). Cette description comprend des détails suffisants pour :

  • appuyer une nomenclature complète des interactions entre le projet et l'environnement, dressée en comparaison avec la description du projet;
  • permettre de mener une évaluation environnementale ciblée et transparente.

Exigences de dépôt

  1. Cerner et décrire le contexte biophysique et socioéconomique actuel (c.-à-.d. les données de base) de l'endroit où le projet serait réalisé. Inclure une carte dressée à une échelle appropriée, ainsi qu'une description des éléments suivants :
    • la ou les zones d'étude;
    • les collectivités et résidences (permanentes et temporaires) se trouvant à proximité, et les points de repère importants;
    • les zones qui présentent des contraintes physiques et environnementales (p. ex., éléments biophysiques, utilisation des terres ou exploitation des ressources naturelles);
    • les zones écologiquement vulnérables, les habitats sensibles ou les zones suscitant des préoccupations particulières (p. ex., zones protégées actuelles ou envisagées), y compris celles mises en lumière par les consultations publiques, qui imposent des restrictions à l'égard du tracé ou de l'emplacement des installations;
    • les zones d'occupation humaine ou d'exploitation des ressources, tels que :
      1. un territoire traditionnel revendiqué;
      2. les réserves indiennes ou les terres réservées à l'usage d'un peuple autochtone;
      3. les terres affectées à des cultures spéciales;
      4. les parcs et zones de loisirs;
      5. les zones de gestion des forêts;
      6. les zones enregistrées de chasse, de piégeage ou de pourvoirie;
      7. les infrastructures linéaires de services publics (p. ex., lignes de transport d'électricité, pipelines, chemins, voies ferrées) et autres établissements industriels
      8. l'emplacement approximatif de toutes les installations proposées.
  2. À partir des renseignements fournis ci-dessus :
    • décrire et quantifier les éléments biophysiques et socioéconomiques caractérisant la zone d'étude qui revêtent de l'importance sur le plan écologique, économique ou humain;
    • déterminer les éléments biophysiques et socioéconomiques qui exigent une analyse plus détaillée (voir le tableau 6-3);
    • si les circonstances exigent de fournir de l'information plus détaillée,
      1. se reporter au tableau 6-4 - Information exigée à l'égard des éléments biophysiques; ou
      2. se reporter au tableau 6-5 - Information exigée à l'égard des éléments socioéconomiques.
  3. Présenter des éléments de preuve (p. ex., renvoi à des ouvrages scientifiques, connaissances des collectivités et connaissances traditionnelles) à l'appui :
    • de toutes les informations et données recueillies;
    • des analyses effectuées;
    • des conclusions tirées;
    • de tout jugement professionnel donné ou toute expérience invoquée pour satisfaire aux exigences d'information.
  4. Préciser, décrire et justifier la méthode utilisée pour effectuer les relevés et études (p. ex., faune, plantes, espèces à statut particulier ou en péril, sols, ressources patrimoniales, usage des terres à des fins traditionnelles). Si la saison envisagée pour effectuer un relevé ou une étude n'est pas la meilleure, le mentionner et justifier l'exécution pendant cette saison, sinon préciser quand et comment le relevé ou l'étude sera effectué.

Orientation

Contexte environnemental et socioéconomique

Fournir une description convenable du contexte local pour permettre aux organismes de réglementation, au public et aux autres parties de bien comprendre le raisonnement sur lequel s'appuient les décisions prises par les auteurs de l'ÉES. À cette fin, il faut :

  • décrire les principaux traits caractéristiques du terrain, tels que montagnes, rivières, lacs et autres accidents de relief importants;
  • décrire d'autres éléments pertinents, tels que :
    • l'état actuel et les tendances de l'économie locale;
    • les utilisations actuelles des terres et des ressources, y compris les usages à des fins traditionnelles;
    • la compatibilité du projet avec les plans d'aménagement régionaux;
    • toutes les contraintes environnementales susceptibles de s'exercer sur le projet (p. ex., les zones protégées).

Zone d'étude

L'étendue de la ou des zones d'étude doit être suffisante pour englober les limites spatiales définies dans la description de projet et inclure autant le site du projet principal que celui d'installations accessoires, tels que les installations de connexion des sous-stations, installations de stockage, chemins d'accès, etc.

La zone d'étude et la description du contexte doivent englober une superficie d'au moins un kilomètre de chaque côté de la ligne de transport. Toutefois, l'étendue et l'orientation de la ou des zones d'étude doivent permettre d'inclure les éléments qui sont sources de préoccupation, par exemple :

  • les lieux en aval;
  • les territoires où le projet traverse les bassins visuels;
  • les domaines vitaux d'espèces;
  • les collectivités touchées;
  • les besoins en matière d'infrastructure ou les infrastructures touchées.

Le demandeur doit prendre en considération les terres au-delà de l'étroit corridor des installations. L'étude pourrait comprendre les écorégions naturelles contiguës ou adjacentes, en particulier dans le cas des projets situés dans des zones perturbées ou dans des milieux où les effets cumulatifs pourraient poser problème. Elle pourrait aussi relever les éléments biophysiques et socioéconomiques qui ne sont pas présents dans la zone de l'emprise ou le contexte local immédiat, mais que l'on s'attendrait normalement à trouver dans une région plus étendue.

Données de base

Les données de base, qui représentent le contexte environnemental et socioéconomique actuel, sont utilisées pour :

  • évaluer les éléments importants présents dans la région;
  • déterminer, prévoir et évaluer les effets du projet;
  • cerner les effets de l'environnement sur le projet;
  • concevoir des mesures d'atténuation et des programmes de surveillance convenables.

À titre d'information - Renseignements complémentaires...

Si le milieu naturel a subi de profonds changements au fil des ans, et si des activités passées ou l'état antérieur du milieu naturel peuvent aider à évaluer des éléments particuliers, il y aurait lieu d'en faire aussi la description. Ces renseignements pourraient être utiles pour l'évaluation des effets cumulatifs du projet ou pourraient constituer des données de base pour l'établissement des objectifs de remise en état (p. ex., le rétablissement de la végétation indigène).

Les données de base peuvent comprendre l'information scientifique, les connaissances des collectivités et les connaissances traditionnelles.

Les sources d'information et les méthodes de collecte des données de base qui seront utilisées pour décrire le contexte environnemental et socioéconomique englobent :

  • les études sur le terrain, y compris des relevés sur chaque site;
  • les recherches dans des banques de données, dont les banques fédérales, provinciales, territoriales ou régionales;
  • les études par télédétection;
  • l'analyse documentaire;
  • les statistiques des chasseurs-trappeurs;
  • les opinions d'experts, les connaissances des collectivités et connaissances traditionnelles (p. ex., organismes de réglementation, groupes autochtones, groupes communautaires ou voués à la conservation, représentants et habitants de la région, agriculteurs);
  • les enquêtes statistiques, s'il y a lieu.

Pour vérifier que les données de base sont exactes et reproductibles :

  • pour chaque source d'information ou chaque collecte de données, décrire les protocoles ou les techniques qui ont été suivis pour réaliser les échantillonnages, les relevés et les recherches;
  • consigner les résultats des relevés et des études pour consultation future;
  • quantifier et analyser statistiquement les données obtenues, lorsque c'est indiqué.

Lorsque le projet déclenche l'application de la LCÉE, le demandeur doit consulter d'autres ministères fédéraux au sujet des données de base.

Information sur le système de classification écologique des terres, y compris les écorégions.

6.5.2 Détermination du besoin de fournir une information détaillée

Le demandeur doit fournir des renseignements complémentaires sur les éléments biophysiques et socioéconomiques du projet s'il y a des indications qu'ils suscitent des préoccupations dans le public, ou si une des circonstances relevées au tableau 6-3 existe. Les tableaux 6-4 et 6-5 décrivent les détails précis à inclure.

Les éléments biophysiques et socioéconomiques relevés dans les tableaux 6-3, 6-4 et 6-5 visent à circonscrire le cadre des exigences de dépôt. Il ne s'agit pas d'une catégorisation stricte et immuable. Les demandeurs doivent, selon le cas, sélectionner ou adapter les éléments en fonction des enjeux pertinents et s'en servir comme d'un guide de présentation logique des données analysées.

À titre d'information - Exemple...

Lorsque les effets d'un projet touchent plus d'une catégorie d'éléments, il est parfois préférable de définir un élément qui convient mieux aux circonstances en question.

Par exemple, si des contaminants dans le sol risquent de se propager dans les eaux souterraines, il se pourrait qu'il soit plus indiqué d'évaluer la « contamination des eaux souterraines ». Cela permettra de cerner l'enjeu avec plus de précision et d'éviter d'avoir à reformuler les mêmes renseignements dans les catégories d'éléments concernant le sol et l'eau, ce qui rehaussera l'efficacité de l'évaluation.

Les demandeurs noteront qu'une information détaillée n'est nécessaire que pour les éléments ayant potentiellement des effets environnementaux ou socioéconomiques. Toutefois, si l'ÉES n'aborde pas un élément du tableau 6-3, il conviendra d'expliquer d'une manière claire et défendable comment et pourquoi les circonstances ne s'appliquent pas à l'élément en question. Il faut noter que les tableaux 6-3, 6-4 et 6-5 visent à faire en sorte que toutes les circonstances et toutes les exigences de dépôt aient été entièrement examinées.

Tableau 6-3:
Circonstances qui déclenchent le besoin de fournir une information détaillée sur des éléments biophysiques et socioéconomiques
Éléments biophysiques et socioéconomiques Circonstances qui déclenchent le besoin
de fournir une information détaillée
(en tenant compte de toutes les étapes du projet)
Milieu physique et environnement météorologique
  • Le projet est susceptible d'altérer la morphologie de caractéristiques physiques uniques (p. ex., géographie physique, substratum rocheux, pergélisol, topographie, géologie ou autres conditions locales).
  • Les caractéristiques physiques locales ou régionales, les conditions météorologiques, ou des événements météorologiques extrêmes, ou d'autres risques naturels pourraient avoir des répercussions sur le projet.
  • Cet élément du projet suscite des préoccupations qui n'ont pas été résolues dans le cours du processus de consultation publique.
Sol et productivité du sol
  • Le projet est situé en partie à l'extérieur du site clôturé et gravillonné d'une installation déjà aménagée.
  • Le projet sera construit en partie sous terre.
  • L'utilisation antérieure des terres laisse entrevoir que le sol ou les sédiments pourraient contenir des contaminants.
  • Cet élément du projet suscite des préoccupations qui n'ont pas été résolues dans le cours du processus de consultation publique.
Végétation
  • Le projet est situé en partie à l'extérieur du site clôturé et gravillonné d'une installation déjà aménagée.
  • Le projet comporte le franchissement d'une zone qui nécessitera des mesures continues d'élimination de la végétation pour protéger les conducteurs et les pylônes.
  • Cet élément du projet suscite des préoccupations qui n'ont pas été résolues dans le cours du processus de consultation publique.
Qualité et quantité d'eau
  • Le projet est situé à moins de 30 mètres d'un plan d'eau.
  • Le projet pourrait entraîner une baisse de la qualité ou de la quantité de l'eau.
  • Le projet comprend des activités qui entraîneraient probablement le rejet ou la lixiviation d'une substance polluante dans un plan d'eau ou dans la nappe souterraine. Le projet pourrait modifier les caractéristiques d'écoulement des eaux souterraines.
  • Le projet pourrait causer un échange d'eau entre bassins.
  • Cet élément du projet suscite des préoccupations qui n'ont pas été résolues dans le cours du processus de consultation publique.
Poisson et habitat du poisson
  • Le projet est situé à moins de 30 mètres d'un plan d'eau où vivent des poissons, ou de ses tributaires.
  • Le projet comprend des activités qui pourraient entraîner le rejet d'une substance polluante ou d'une substance nocive dans un plan d'eau où vivent des poissons.
  • Le projet exige une évaluation plus approfondie de la part du MPO à cause de la vulnérabilité de la pêche dans la région (p. ex., en Colombie-Britannique).
  • Cet élément du projet suscite des préoccupations qui n'ont pas été résolues dans le cours du processus de consultation publique.
Terres humides
  • Le projet suppose l'exécution d'activités à moins de 30 mètres de terres humides.
  • Le projet suppose l'exécution d'activités dans les limites de terres humides établies à l'échelle régionale, provinciale, territoriale ou fédérale et qui sont de compétence régionale, provinciale, territoriale ou fédérale.
  • Le projet pourrait causer la perte de fonctions des terres humides.
  • Cet élément du projet suscite des préoccupations qui n'ont pas été résolues dans le cours du processus de consultation publique.
Faune et habitat faunique
  • Le projet est situé sur des terres, ou à proximité de terres, qui peuvent constituer un habitat sensible pour la faune (p. ex., site de nidification, aire de mise bas, lieu d'hivernage, halte migratoire ou lieu de rassemblement, corridors de déplacement, habitat de la forêt intérieure, pierres à lécher).
  • Le projet est situé dans une zone écologiquement importante, ou à proximité (p. ex., parc national, zone d'intérêt naturel ou scientifique, refuge d'oiseaux migrateurs, réserve nationale de faune, zone importante pour la conservation des oiseaux, réserve de la biosphère, ou zone désignée sensible sur le plan environnemental).
  • Le projet créerait de nouvelles voies d'accès à un important habit faunique.
  • Le projet pourrait causer la perte de fonctions de l'habitat faunique (p. ex., fragmentation de l'habitat ou accroissement de l'effet de bordure).
  • Le projet pourrait accroître la mortalité ou la perturbation de la faune.
  • Cet élément du projet suscite des préoccupations qui n'ont pas été résolues dans le cours du processus de consultation publique.
Habitat d'espèces en péril ou d'espèces à statut particulier
  • Le projet se trouve sur des terres qui sont situées dans l'aire de distribution géographique connue d'espèces en péril ou d'espèces à statut particulier et qui comprennent un habitat susceptible de soutenir ces espèces.
  • Cet élément du projet suscite des préoccupations qui n'ont pas été résolues dans le cours du processus de consultation publique.
Qualité de l'air
  • Préoccupations publiques possibles à l'égard des effets des activités liées à la construction du projet (p. ex., poussière, émissions produites par l'équipement).
Environnement acoustique
  • Le projet pourrait entraîner un accroissement du bruit pendant l'exploitation.
  • Préoccupations publiques possibles à l'égard des effets des activités liées à la construction du projet (p. ex., dynamitage, bruit produit par la circulation des véhicules pendant la construction).
Occupation humaine et exploitation des ressources
  • Le projet ne serait pas situé entièrement dans les limites d'un site d'installation déjà aménagé, ou sur des terres possédées en fief simple par la compagnie et dont le zonage est industriel.
  • Le projet pourrait entraîner le brouillage des ondes de radio et de télévision.
  • Cet élément du projet suscite des préoccupations qui n'ont pas été résolues dans le cours du processus de consultation publique.
Ressources patrimoniales
  • Le projet suppose des activités de défrichement (p. ex., travaux de déboisement, terrassement, creusement de tranchées, excavation, forage).
  • Le projet créerait de nouvelles voies d'accès à des zones qui renferment des ressources patrimoniales ou susceptibles d'en renfermer.
  • Cet élément du projet suscite des préoccupations qui n'ont pas été résolues dans le cours du processus de consultation publique.
Usage des terres et des ressources à des fins traditionnelles
  • Le projet serait situé sur des terres publiques, des territoires utilisés à des fins traditionnelles, des terres de réserve ou une zone d'établissement d'un groupe autochtone, ou traverserait ces lieux.
  • Cet élément du projet suscite des préoccupations qui n'ont pas été résolues dans le cours du processus de consultation publique.
Bien-être social et culturel
  • Le projet pourrait nuire au bien-être social et culturel des collectivités ou des résidents locaux.
  • Cet élément du projet suscite des préoccupations qui n'ont pas été résolues dans le cours du processus de consultation publique.
Santé et aspects esthétiques
  • Le projet pourrait avoir des conséquences défavorables, à l'échelle locale ou régionale, sur la qualité ou la quantité de l'eau ou sur la qualité de l'air.
  • Le projet modifierait l'environnement tel qu'il existe en ce qui concerne les champs électromagnétiques, l'esthétique visuelle ou d'autres conditions sensorielles.
  • Cet élément du projet suscite des préoccupations qui n'ont pas été résolues dans le cours du processus de consultation publique.
Infrastructure et services
  • Le projet causerait des dommages, ou exigerait des ajouts, des modifications ou des réparations à l'infrastructure locale ou régionale.
  • Le projet augmenterait la demande de services à l'échelle locale ou régionale.
  • Cet élément du projet suscite des préoccupations qui n'ont pas été résolues dans le cours du processus de consultation publique.
Emploi et économie
  • Le projet aurait une incidence positive ou négative sur l'emploi local et régional, les achats et les marchés, ou sur les recettes publiques.
  • Cet élément du projet suscite des préoccupations qui n'ont pas été résolues dans le cours du processus de consultation publique.

6.6 Évaluation des effets

But

La demande comprend des renseignements sur les effets biophysiques et socioéconomiques potentiels du projet et qui sont assez détaillés pour :

  • cerner et analyser les effets;
  • cerner les mesures d'atténuation proposées pour protéger l'environnement et analyser leur efficacité;
  • évaluer l'importance de tout effet potentiel.

6.6.1 Repérage et analyse des effets

Exigences de dépôt

  1. Cerner les effets potentiels associés au projet envisagé, y compris ceux qui pourraient être causés par la construction, l'exploitation, la désaffectation et la cessation d'exploitation, ou qui se produiraient en cas d'accidents ou de défaillances, de même que les effets que l'environnement pourrait avoir sur le projet.
    • Décrire les méthodes employées pour prévoir les effets potentiels du projet sur l'environnement biophysique et socioéconomique, ainsi que les effets de l'environnement sur le projet.
    • Si l'on a recours à la méthode de la composante valorisée de l'écosystème (CVÉ) ou de la composante socio-culturelle valorisée (CSV), relever, justification à l'appui, les CVÉ ou CSV (composantes valorisées) à l'égard desquelles des effets sont prévus.
    • Si une autre méthode est utilisée pour prévoir les effets potentiels, indiquer les éléments biophysiques ou socioéconomiques pour lesquels on prévoit qu'il y aura des effets, et fournir une justification.

      À titre d'information - Fin des exigences

      Si aucune interaction n'est prévue entre les activités associées au projet et un élément biophysique ou socioéconomique quelconque, il n'est pas jugé nécessaire de poursuivre l'analyse. Il faut cependant justifier la conclusion selon laquelle il n'y a pas d'interactions.

  2. Si un élément exige une analyse plus poussée (tel qu'il est indiqué au tableau 6-3), décrire, quantifier et justifier :
    • les limites spatiales et temporelles qu'il est convient d'utiliser pour l'analyse des effets du projet sur l'élément biophysique ou socioéconomique, ou la composante valorisée associée au projet;
    • les conditions locales et régionales caractérisant l'élément biophysique ou socioéconomique ou la composante valorisée, y compris les changements, par rapport aux données de base, que l'élément pourrait subir pendant la durée du projet;
    • les principaux récepteurs qui pourraient être affectés par le projet et la modification de l'élément considéré.
  3. Fournir une analyse des effets du projet pour chaque élément biophysique ou socioéconomique, ou chaque composante valorisée, ce qui comprend :
    • une description des méthodes utilisées pour l'analyse des effets, y compris :
      1. un exposé des hypothèses posées;
      2. une justification de l'approche retenue et des conclusions tirées;
      3. des précisions dans tous les cas où l'analyse indique des niveaux d'incertitude importants;
    • un exposé concernant l'emplacement, la distribution, l'abondance, l'état, la vulnérabilité au projet, la capacité de régénération et la variation naturelle des éléments ou des composantes valorisées touchés;
    • pour chaque élément biophysique ou socioéconomique ou chaque composante valorisée, une description des facteurs qui influencent les changements, des facteurs limitants et de la variation naturelle, si ces renseignements sont connus;
    • une description des changements possibles par rapport aux données de base, ainsi que de l'ampleur et de la réversibilité des effets;
    • un exposé des seuils biologiques, des objectifs de gestion, des plans d'utilisation des terres, des plans de rétablissement, etc., si ces données sont disponibles;
    • pour chaque élément biophysique ou socioéconomique, ou chaque composante valorisée, un exposé de toute information à l'appui utilisée dans l'analyse des effets du projet, par exemple :
      1. les observations du public;
      2. les consultations avec d'autres organismes de réglementation et des organismes gouvernementaux spécialisés;
      3. la documentation scientifique;
      4. les connaissances des collectivités et les connaissances traditionnelles;
      5. les rapports de situation;
      6. les plans de rétablissement;
      7. les études de suivi;
    • la description des méthodes employées pour tous travaux de modélisation, et si des connaissances ou une expérience professionnelles sont invoquées, un exposé du raisonnement sur lequel s'appuient les conclusions ou décisions en découlant.
  4. En plus de l'information générale énumérée ci-dessus, fournir les informations détaillées énoncées aux tableaux 6-4 et 6-5 en ce qui concerne les éléments relevés au tableau 6-3.

    À titre d'information - Rappel...

    L'analyse doit reposer sur un raisonnement transparent et justifiable, fondé sur des faits, qui fournit une base suffisante pour étayer les conclusions tirées à l'égard des effets du projet et de leur importance.

Orientation - Repérage et analyse des effets

L'ÉES doit montrer le lien entre :

  • la description du projet;
  • la description de l'environnement;
  • les effets prévus.

Si c'est possible, l'ÉES doit inclure à la fois des informations quantitatives et qualitatives. Les demandeurs devraient étudier la possibilité de présenter des cartes détaillées, des schémas ou des figures se rapportant à des questions d'intérêt ou des sujets de préoccupation particuliers d'ordre biophysique ou socioéconomique si cela devait contribuer à améliorer l'évaluation.

Les méthodes à privilégier pour l'évaluation des effets potentiels sont soit la méthode des composantes valorisées, soit une démarche axée sur les enjeux. L'une et l'autre méthode peuvent être employées pour juger de la validité et de la justesse des prévisions concernant les effets.

Les composantes valorisées choisies doivent présenter les caractéristiques clés suivantes :

  • elles illustrent tous les effets éventuels importants qui pourraient se produire;
  • elles réagissent aux effets du projet;
  • il existe des données de base mesurables;
  • les changements qu'elles subissent peuvent être mesurés au fil du temps.

Dans le choix des composantes valorisées, il convient de tenir compte des préoccupations du public au sujet des éléments biophysiques ou socioéconomiques qui risquent d'être affectés par le projet.

Limites spatiales et temporelles

Les limites spatiales et temporelles doivent :

  • être définies pour chaque élément ou chaque composante valorisée;
  • inclure la zone dans laquelle l'élément biophysique ou socioéconomique, ou la composante valorisée existent (p. ex., limites géographiques d'une population, domaine vital, district de planification municipal ou régional);
  • inclure l'échelle de temps durant laquelle chaque élément biophysique ou socioéconomique, ou composante valorisée, risque d'être affecté;
  • tenir compte des liens entre le projet et l'élément biophysique ou socioéconomique, ou la composante valorisée;
  • indiquer jusqu'à quel point les effets du projet peuvent être mesurés;
  • inclure toutes les étapes du projet;
  • faire abstraction des limites de compétence.

Analyse

La méthode d'analyse doit être entièrement exposée et satisfaire aux besoins de l'étude. L'évaluation des effets du projet doit comprendre des renseignements sur l'état actuel des connaissances concernant l'élément biophysique et socioéconomique ou la composante valorisée, et traiter de tous facteurs limitants et des seuils de vulnérabilité. Si l'état des connaissances est insuffisant ou incertain, l'indiquer et préciser comment il sera remédié à cette lacune.

L'ÉES peut tenir compte des connaissances des collectivités et des connaissances traditionnelles. Pour obtenir plus de détails sur la consultation des groupes autochtones et sur la collecte de connaissances traditionnelles, voir le chapitre 5 - Consultation.

Cessation d'exploitation

L'analyse des effets d'un projet à construire doit inclure une brève analyse conceptuelle des effets de la désaffectation et de la cessation d'exploitation.

L'analyse doit préciser si les installations de l'infrastructure en question seront enlevées ou resteront sur place. Dans les cas où elles seront enlevées, donner un aperçu de la méthode qui sera employée. Selon le cas, décrire brièvement les effets potentiels ainsi que les normes ou l'état général visés pour la remise en état des lieux.

Le but de l'analyse est de fournir une appréciation générale de l'état de l'environnement une fois terminé le cycle de vie du projet. Du fait que cette appréciation repose sur des prévisions concernant une étape du projet qui pourrait être réalisée dans plusieurs décennies, il est entendu que le niveau de détail que pourra fournir le demandeur sera limité.

Une demande concernant un projet de cessation d'exploitation nécessiterait un niveau de détail plus élevé.

6.6.2 Mesures d'atténuation

Exigences de dépôt

  1. Exposer les mesures d'atténuation générales et spécifiques proposées pour remédier aux effets particuliers du projet et leur degré d'efficacité, ou indiquer clairement les sections des manuels de la compagnie qui prévoient les mesures d'atténuation voulues. Il faut s'assurer que les manuels cités sont à jour et qu'ils ont été déposés antérieurement auprès de l'ONÉ.

    À titre d'information - Rappel...

    Voir la section 1.5 - Documents déposés antérieurement, pour obtenir des directives sur la façon de faire référence à des documents déjà déposés auprès de l'Office.

    • S'il y a lieu, présenter les mesures d'atténuation complémentaires envisagées comme solution de remplacement aux mesures privilégiées;
    • Si plus d'une mesure est proposée comme moyen d'atténuation d'un effet particulier, indiquer les critères qui seront employés pour sélectionner la mesure d'atténuation retenue.
    • Si des mesures d'atténuation novatrices seront employées, fournir tout résultat d'essais ou en justifier le bien-fondé sur le plan technique et décrire comment leur efficacité sera évaluée.
    • Si l'ÉES est réalisée par un tiers, fournir une déclaration portant que le demandeur adopte et met en oeuvre toutes les mesures d'atténuation recommandées dans la demande. Si certaines recommandations ne sont pas adoptées, en exposer la raison et fournir d'autres approches, s'il y a lieu.
    • Indiquer les conditions d'approbation fédérales, provinciales ou territoriales, ou autres conditions, ayant trait à l'atténuation des effets environnementaux et socioéconomiques.
  2. Décrire comment les engagements pris au sujet des mesures d'atténuation seront communiqués au personnel sur le terrain, en vue de leur mise en oeuvre. Si cette information sera communiquée au moyen d'un document (p. ex., plan de protection de l'environnement, ou PPE), indiquer à quel moment le document sera soumis à l'ONÉ.
  3. Décrire les plans ou programmes qui pourraient être employés pour atténuer les effets potentiels (p. ex., plans de secours, plans de gestion des déchets, PPE).

Orientation -; Mesures d'atténuation

L'élaboration des mesures d'atténuation ne doit pas débuter après l'ÉES. Ces mesures sont plutôt :

  • élaborées lors de la conception du projet;
  • élaborées au moment de l'étude de faisabilité du projet;
  • définies dans le plan du projet;
  • peaufinées au fur et à mesure que l'ÉES progresse et que les effets environnementaux et socioéconomiques potentiels se précisent.

S'il le souhaite, le demandeur peut présenter simultanément le relevé et l'analyse des effets et des mesures d'atténuation.

L'ÉES doit ensuite exposer les effets résiduels qui subsisteront une fois les mesures d'atténuation mises en oeuvre.

À titre d'information - Rappel...

L'évaluation de l'importance des effets ne doit pas être effectuée avant qu'ils aient été déterminés. De plus, tous les effets résiduels, sans égard à leur importance, doivent faire l'objet d'une évaluation de leur incidence cumulative (section 6.7).

Options d'atténuation

Au stade du dépôt réglementaire de la demande d'un projet proposé, il est possible qu'un certain nombre de mesures d'atténuation soient encore à l'état provisoire, devant être peaufinées et adaptées aux conditions environnementales propres au site. Le cas échéant, l'ÉES doit préciser :

  • les divers moyens d'atténuation qui pourraient être utilisés et sont envisagés;
  • les critères qui seront employés pour sélectionner les mesures d'atténuation qui seront retenues.

Le demandeur devrait envisager de présenter ces moyens et ces critères dans l'ÉES, dans un format qui permet de s'y reporter aisément.

À titre d'information - Renseignements complémentaires...

Il se pourrait que le tracé ou le site proposé, les segments du tracé, ainsi que les méthodes de conception et de construction de l'installation constituent des solutions de remplacement aux mesures d'atténuation proposées pour un tracé et des méthodes de conception et de construction envisagés antérieurement. Le cas échéant, le demandeur peut choisir de le démontrer dans la section de la demande portant sur les solutions de rechange (voir la section 4.5) en :

  • précisant quelles caractéristiques de conception et quelles méthodes de construction sont considérées comme des mesures d'atténuation;
  • décrivant les solutions de rechange et le tracé envisagés antérieurement;
  • fournissant une analyse comparative des mesures d'atténuation envisagées.

Plan de protection de l'environnement

Que les mesures d'atténuation proposées fassent déjà partie des manuels et des programmes existants de la compagnie ou qu'elles soient uniquement décrites dans la demande, toutes les mesures d'atténuation applicables au projet proposé devraient être intégrées dans un Plan de protection de l'environnement (PPE) propre au projet.

Le PPE est employé pour communiquer les mesures de protection de l'environnement et les mesures d'atténuation de la compagnie au personnel sur le terrain et aux entrepreneurs chargés de la construction et de l'exploitation.

Le but d'un PPE est de documenter et de communiquer, d'une manière claire et limpide, tous les engagements pris par le demandeur sur le plan de l'environnement à l'égard du projet visé ainsi que les mesures d'atténuation qui y sont rattachées.

Généralement, l'Office s'attend à ce qu'un PPE soit déposé dans les circonstances suivantes :

  • lorsque le demandeur n'a pas déposé auprès de lui les manuels de la compagnie qui documentent les mesures de protection de l'environnement;
  • si les mesures d'atténuation ou de protection propres au site ou au projet sont fournies par le demandeur en guise d'engagements afin d'éviter ou contrer des effets environnementaux négatifs prévus dans la demande;
  • si la demande est longue ou complexe et que les mesures de protection de l'environnement sont documentées par le menu.

L'ONÉ estime que le PPE aide le demandeur à se conformer à ses engagements et facilite la communication des exigences aux organismes de réglementation et à ses employés et entrepreneurs. L'ONÉ encourage le demandeur à présenter un PPE en même temps que sa demande car le PPE pourrait alléger son volume de travail.

Le PPE énoncerait toutes les mesures d'atténuation et de protection de l'environnement, auxquelles l'ÉES et la demande pourraient simplement renvoyer. Le PPE doit être mis à jour en intégrant les mesures d'atténuation supplémentaires relevées dans le processus de demande.

Le PPE devrait aussi :

  • exposer les buts précis visés en ce qui touche la protection des éléments environnementaux et socioéconomiques;
  • décrire les pratiques et les procédures à mettre en oeuvre pour atteindre les buts visés;
  • faire preuve de souplesse en englobant toutes les options de pratiques et de procédures susceptibles d'être employées;
  • exposer les critères suivant lesquels on décidera des pratiques et procédures à appliquer et du moment de leur mise en oeuvre;
  • exposer les critères qui serviront à évaluer le succès des pratiques et des procédures, en particulier pour les mesures de remise en état et les mesures d'atténuation novatrices;
  • inclure les responsabilités quant à la mise en oeuvre des pratiques et des procédures, à la prise des décisions en fonction des critères définis et à la confirmation du respect du PPE;
  • faire des renvois à d'autres plans plus détaillés, selon le cas (p. ex., sur la gestion des déchets, les situations d'urgence, la gestion d'éléments particuliers).

Accidents et défaillances

Exposer et évaluer les risques d'accidents et de défaillances susceptibles d'avoir des répercussions sur les travailleurs et le grand public, y compris l'exposition à des substances éventuellement dangereuses pour la santé. Prendre également en considération les effets des accidents ou des défaillances sur les conditions biophysiques ou socioéconomiques. Décrire les plans de secours établis pour faire face aux accidents et aux défaillances.

6.6.3 Évaluation de l'importance des effets

Exigences de dépôt

Après avoir pris en considération les mesures d'atténuation appropriées :

  1. Évaluer la probabilité que le projet entraîne des effets environnementaux négatifs résiduels, et leur importance éventuelle, en fonction de critères clairement définis.
  2. Évaluer la probabilité que le projet entraîne des effets socioéconomiques résiduels, et leur importance éventuelle, en fonction de critères clairement définis.
  3. Définir le moment à partir duquel un effet particulier est considéré important pour chaque élément biophysique et socioéconomique ou pour chaque composante valorisée.
  4. Décrire la méthode employée pour déterminer si le projet est susceptible d'entraîner des effets négatifs importants, et justifier les conclusions tirées à cet égard.

Orientation - Évaluation de l'importance des effets

L'évaluation des effets environnementaux consiste à déterminer :

  • si les effets sont négatifs;
  • si les effets négatifs sont importants;
  • si les effets négatifs importants sont susceptibles de se manifester.

Une façon courante de déterminer si les effets d'un projet sont négatifs consiste à comparer la qualité des conditions courantes à la qualité prévue des conditions qui régneront une fois le projet mis en place. L'orientation des changements qui affectent les conditions environnementales détermine si les effets sont négatifs, neutres ou positifs.

Pour déterminer si les effets négatifs d'un projet sont importants, employer des critères tels que :

  • l'ampleur;
  • la durée;
  • la fréquence;
  • l'étendue spaciale;
  • le contexte écologique;
  • la réversibilité ou le degré de permanence.

Parmi les méthodes pour déterminer si les effets négatifs sont importants, il convient de noter :

  • l'application de normes, de lignes directrices ou d'objectifs;
  • la réalisation d'une analyse de risque quantitative.

D'autres méthodes et approches peuvent être employées.

Pour aider à évaluer l'importance d'un effet particulier et définir le moment à partir duquel il devient « important », il peut se révéler utile de fournir des facteurs de notation (p. ex., faible, modéré, élevé) pour chaque critère d'importance, et de les définir. Les définitions des facteurs de notation devraient être quantitatives et s'appuyer sur des normes, lignes directrices, objectifs, ou d'autres seuils. Toutefois, en l'absence de telles références, ou si ces références ne comportent pas de renseignements quantitatifs, les facteurs de notation peuvent être définis selon des données qualitatives.

La détermination de la probabilité d'effets négatifs importants doit tenir compte de la probabilité de survenance et de l'incertitude scientifique, ou être de nature qualitative. Il convient de noter que le niveau de « probabilité » qui serait considéré comme important pourra varier selon la nature et la gravité de l'effet en question.

L'ÉES du demandeur doit comprendre une évaluation de la probabilité que le projet entraîne des effets environnementaux négatifs, et de leur importance, aux fins de leur examen en vertu de la LCÉE.

La demande doit également comprendre une évaluation de la probabilité que le projet entraîne des effets socioéconomiques, et de leur importance, pour fins d'examen en vertu de la Loi sur l'ONÉ, qu'ils soient négatifs, neutres ou positifs.

À titre d'information - Renseignements complémentaires...

Le demandeur peut aussi décider de traiter de la probabilité que le projet entraîne d'autres effets neutres ou positifs, et de leur importance, pour fins d'examen par l'Office en vertu de la Loi sur l'ONÉ.

6.7 Évaluation des effets cumulatifs

But

La demande renferme des renseignements sur les interactions possibles entre le projet et d'autres activités ou projets antérieurs, actuels ou probables avec des détails suffisants pour :

  • cerner et analyser les effets cumulatifs potentiels sur l'environnement;
  • cerner les mesures d'atténuation proposées pour protéger l'environnement et analyser leur efficacité;
  • évaluer l'importance de tout effet cumulatif potentiel.

6.7.1 Détermination de la portée et analyse des effets cumulatifs

Exigences de dépôt

  1. Cerner les éléments biophysiques et socioéconomiques ou les composantes valorisées pour lesquels on prévoit qu'il y aura des effets résiduels, décrire les méthodes utilisées pour prévoir les effets résiduels et en justifier le bien-fondé.

    À titre d'information - Fin des exigences...

    Les effets résiduels importants et non importants peuvent contribuer aux effets cumulatifs et, pour cette raison, ils doivent être pris en compte. Si le demandeur peut clairement démontrer qu'aucun effet résiduel n'est prévu, il n'y a pas lieu de fair une analyse plus poussées des effets cumulatifs.

  2. Pour chaque élément biophysique et socioéconomique ou chaque composante valorisée dans le cas duquel des effets résiduels ont été définis, fournir une description des limites spatiales et temporelles employées pour évaluer les effets cumulatifs potentiels.
  3. Relever les autres projets et activités qui sont survenus, ou sont susceptibles de survenir, dans les limites définies.
  4. Déterminer si les projets et activités en question ont produit ou produiront des effets sur l'élément biophysique ou socioéconomique, ou sur la composante valorisée, dans les limites définies. Indiquer aussi si ces effets peuvent se conjuguer aux effets résiduels du projet.

    À titre d'information - Fin des exigences...

    Si le demandeur détermine qu'aucun autre projet ou activité n'a d'effets susceptibles de se conjuguer à ceux du projet proposé, il n'y aura pas lieu de poursuivre l'analyse des effets cumulatifs, mais la demande doit en expliquer clairement les raisons

  5. Dans les cas où les effets d'autres projets ou activités peuvent se conjuguer aux effets résiduels du projet proposé, fournir une évaluation des effets cumulatifs.
    • Prendre en compte dans l'évaluation les diverses composantes, étapes et activités associées au projet qui pourraient interagir avec d'autres projets ou activités.
    • Décrire la nature des effets cumulatifs qui agissent sur l'élément biophysique ou socioéconomique, ou les composantes valorisées.
    • Décrire comment le projet à l'étude contribue à l'ensemble des effets cumulatifs, y compris si le projet envisagé ajoute aux effets négatifs exercés sur un élément biophysique ou socioéconomique ou une composante valorisée quelconque au point qu'ils deviennent inacceptables (c.-à-d. dépassement du seuil). Utiliser une approche transparente et en justifier le bien-fondé.
    • Faire un renvoi à l'information à l'appui, tels que bases de données fédérales, provinciales ou territoriales, documentation scientifique, rapports de situation, plans de rétablissement ou études de suivi, selon le cas.
    • Si des connaissances ou une expérience professionnelles sont invoquées, expliquer le raisonnement sur lequel s'appuient les conclusions ou décisions en découlant.

Si une méthode ou une approche différente est utilisée pour l'évaluation des effets cumulatifs, décrire cette dernière et en justifier le bien-fondé.

Orientation - Détermination de la portée et analyse des effets cumulatifs

Évaluation des effets cumulatifs

L'évaluation des effets cumulatifs diffère de l'évaluation classique des effets propres à un projet en ce sens qu'elle porte sur :

  • une zone d'étude plus étendue;
  • des périodes plus longues;
  • des projets et des activités non reliés au projet à l'étude.

L'évaluation des effets cumulatifs doit inclure une description convenable de chaque élément biophysique ou socioéconomique, ou chaque composante valorisée, pour permettre d'évaluer les effets cumulatifs potentiels. Les données de base et la description du projet telles qu'elles sont décrites dans la demande doivent être suffisantes pour permettre de caractériser les effets résiduels du projet sur chaque élément biophysique ou socioéconomique ou composante valorisée.

Veuillez consulter la section 6.6.1 pour les directives sur les éléments à considérer dans la détermination des limites spatiales et temporelles.

L'effort consacré à l'évaluation des effets cumulatifs et l'ampleur de cette dernière doivent être adaptés :

  • à la nature du projet évalué;
  • à ses effets résiduels potentiels ;
  • au contexte environnemental et socioéconomique.

Il y aura lieu d'accroître le niveau d'effort et l'ampleur de l'évaluation des effets cumulatifs dans les cas suivants :

  • certains projets raisonnablement prévisibles pourraient avoir une incidence sur les mêmes éléments biophysiques et socioéconomiques, ou composantes valorisées, que ceux qui sont touchés par le projet évalué;
  • on prévoit que la région fera l'objet d'un développement rapide;
  • des vulnérabilités ou des risques environnementaux sont en jeu.

La méthode d'analyse doit être décrite et satisfaire aux besoins de l'ÉES. L'approche doit examiner les effets synergiques sur les éléments biophysiques ou socioéconomiques ou les composantes valorisées (c.‑à‑d. montrer les interactions entre les éléments ou les composantes et évaluer les scénarios dans lesquels l'atténuation de l'effet sur un élément ou une composante influe sur l'atténuation de l'effet exercé sur un autre élément ou une autre composante). Indiquer le degré, quantitatif ou qualitatif, d'incertitude inhérent à l'analyse, le cas échéant.

Autres projets

Expliquer clairement et justifier le raisonnement qui sous-tend le choix des autres projets ou activités à prendre en compte dans l'évaluation des effets cumulatifs.

Au moment de répertorier ces autres projets ou activités, examiner les faits pertinents afin de déterminer quels projets ou activités sont susceptibles d'être réalisés, par opposition à ceux qui ne sont pas raisonnablement prévisibles et à ceux qui sont hypothétiques. Parmi les autres projets et activités antérieurs ou ultérieurs à considérer, il faut inclure ceux qui ont déjà fait l'objet de plans officiels ou de demandes.

L'ONÉ a jugé dans le passé que les autres projets à prendre en compte dans une évaluation des effets cumulatifs ne peuvent être hypothétiques[2]. Les tribunaux ont établi que les autorités responsables, pour rendre leurs décisions, ne sont pas tenues « d'examiner des projets fantaisistes provenant de parties imaginaires et ne produisant que des effets hypothétiques »[3].

[2] Projet de pipeline d'Alliance - Rapport d'étude approfondie GH-3-97 (septembre 1998), page 113, et Projet de l'île de Sable, Commission d'examen public conjoint (octobre 1997), page 55.
[3] Bow Valley Naturalists Society contre Canada (ministre du Patrimoine canadien), [2001] C.F.J., no 18 CF., par. 75.

6.7.2 Mesures d'atténuation des effets cumulatifs

Exigences de dépôt

Exposer les mesures d'atténuation générales et spécifiques qu'il est techniquement et économiquement faisable d'appliquer pour remédier aux effets cumulatifs du projet.

  • S'il y a lieu, présenter les mesures d'atténuation additionnelles envisagées comme solutions de remplacement aux mesures privilégiées.
  • Si plus d'une mesure est proposée comme moyen d'atténuation d'un effet cumulatif particulier, indiquer les critères qui seront employés pour sélectionner la mesure d'atténuation à retenir.
  • Si des mesures d'atténuation novatrices seront employées, fournir les résultats de tout essai ou justifier, sur le plan technique, le bien-fondé de leur utilisation et décrire comment on évaluera leur efficacité.

Orientation - Mesures d'atténuation des effets cumulatifs

Se reporter aux notes d'orientation sur les mesures d'atténuation de la section 6.6.2.

6.7.3 Évaluation de l'importance des effets

Exigences de dépôt

Après la prise en compte des mesures d'atténuation appropriées :

  1. Évaluer la probabilité que le projet entraîne des effets cumulatifs résiduels négatifs, et leur importance éventuelle, en fonction de critères clairement définis.
  2. Fournir une définition du moment où un effet cumulatif particulier est considéré comme étant « important » pour chaque élément biophysique ou socioéconomique ou chaque composante valorisée inclus dans l'évaluation des effets cumulatifs.
  3. Décrire la méthode employée pour déterminer si le projet est susceptible d'entraîner des effets cumulatifs importants, et justifier les conclusions tirées à cet égard.

Orientation - Évaluation de l'importance des effets

Voir les notes d'orientation de la section 6.6.3 pour l'évaluation de la probabilité et de l'importance des effets cumulatifs résiduels négatifs. Pour l'essentiel, l'évaluation de l'importance des effets cumulatifs se distingue de celle des effets biophysiques et socioéconomiques du fait qu'on tient compte de l'influence d'autres projets et activités. Ainsi, les effets cumulatifs additionnels d'un projet peuvent être jugés importants quand on considère le contexte plus large de l'incidence d'autres projets et activités.

À titre d'information - Rappel...

Les tableaux 6-4 et 6-5 visent à aider les demandeurs à cerner les besoins d'information détaillée propres à chaque élément biophysique et socioéconomique, tel que le précise le tableau 6-3.

On rappelle aux demandeurs que les exigences de dépôt auxquelles ils doivent satisfaire à l'égard de l'évaluation des effets sont décrites aux sections 6.5 et 6.6.


Tableau 6-4:
Information exigée à l'égard des éléments biophysiques
Milieu physique et environnement météorologique
Exigences de dépôt Orientation
  1. Décrire la topographie générale de la zone du projet ainsi que toute caractéristique physique particulière que franchirait le projet ou qui pourrait influer sur le projet.
  2. Indiquer les endroits ayant un sol instable.
  3. Caractériser le climat local et régional et cerner les risques d'événement météorologique extrême, y compris :
    • la pluie verglaçante ou les tempêtes de verglas;
    • les fortes précipitations;
    • les vents fortsforts (y compris les tornades);
    • les températures extrêmes (chaleur et froid).
  4. Indiquer les zones présentant :
    • un risque d'inondation ou d'érosion;
    • un risque élevé d'incendie;
    • un risque d'avalanche.
  5. Indiquer les zones à potentiel de roches acides et décrire les effets de leur exposition possible par suite de la réalisation du projet.
  6. Préciser la façon dont les caractéristiques physiques ou les conditions météorologiques, à l'échelle locale ou régionale, pourraient influer sur le projet.

Cette section traite des facteurs ou éléments importants qui peuvent influer sur la conception du projet.

Lorsque le projet ou les activités du projet peuvent affecter les caractéristiques qui suivent ou être affectés par celles-ci, on doit porter une attention particulière :

  • aux pentes instables ou autres conditions géotechniques défavorables, y compris les zones où il y a risque d'éboulement de terrain, de coulée de boue, d'effondrement ou d'affaissement;
  • à l'activité sismique;
  • à la dérivation des cours d'eau et à l'érosion des berges;
  • aux événements météorologiques extrêmes;
  • aux conditions du pergélisol,
  • à la présence possible de roches acides.

Les climats local et régional doivent être caractérisés selon la variabilité, l'ampleur des changements climatiques (c.-à-d. la fréquence et la durée des températures les plus élevées et les moins élevées) et les moyennes climatiques.

L'examen des événements météorologiques extrêmes doit porter sur :

  • leur fréquence et leur intensité historiques;
  • les surcharges maximales envisagées (glace ou vent) pour le projet proposé;
  • les normes de conception applicables.

L'examen devrait aussi porter sur la chaleur intense et l'affaissement des conducteurs, le cas échéant.

L'incidence des changements climatiques doit aussi être prise en considération dans le contexte :

  • de la variabilité et des tendances du climat (y compris les changements dans les événements météorologiques extrêmes);
  • des conditions du sol durant l'hiver; ou
  • des zones où les tendances au réchauffement peuvent avoir un effet important sur les conditions hydrologiques, comme le ruissellement.
  • Dans les régions où il existe des régimes de pergélisol :
  • définir et quantifier les conditions du pergélisol, y compris :
    • les zones de pergélisol discontinu,
    • les sols à forte teneur en glace,
    • les pentes sensibles au dégel,
    • les zones riveraines.
  • élaborer des conditions de base sur :
    • les températures du sol à faible profondeur,
    • es conditions de la couche active,
    • la stabilité des pentes,
    • le risque de mouvements de terrain aux abords des points de franchissement de rivières.
Sol et productivité du sol
Exigences de dépôt Orientation
  1. Décrire les caractéristiques générales du sol et le niveau de perturbation actuel des sols.
  2. Dans le cas de terres agricoles ou de sols forestiers offrant un potentiel agricole, décrire :
    • et quantifier les types de sols avant la construction, c.-à-d. indiquer la classification des sols en termes d'ordre, de groupe, de famille, de série et de type;
    • la productivité des terres et la nature des ressources agricoles;
    • les types de sols présents dans la zone d'étude du projet qui sont très vulnérables :
    1. à l'érosion par le vent et l'eau;
    2. au compactage;
    3. à la perte de structure et de l'état d'ameublissement.
    • tous autres types de sols qui appellent des mesures de gestion ou d'atténuation particulières;
    • les mesures de protection et de conservation des sols.
  3. Décrire les contaminants préoccupants potentiellement associés au projet qui peuvent avoir des conséquences sur les sols.
  4. Caractériser l'utilisation historique des terres afin de déterminer si les sols et les sédiments pourraient être contaminés. Décrire tous les sols contaminés dont la présence est connue ou soupçonnée dans la zone d'étude et indiquer s'il est possible que les sédiments soient remis en suspension ou que les contaminants soient libérés ou perturbés de quelconque façon par suite de la réalisation du projet et pendant sa durée.
  5. Si des sédiments ou des sols sont contaminés, décrire les normes réglementaires applicables et toutes les mesures de remise en état, d'atténuation et de surveillance qui seront prises.
  6. Exposer les critères qui seront employés pour évaluer le succès de la remise en état. Inclure une description de la façon dont cette évaluation sera exécutée et documentée. Les mesures de remise en état peuvent inclure, s'il y a lieu :
    • des mesures anti-érosion, autres que la revégétation;
    • des mesures de mise en valeur des terres;
    • des mesures de réparation des dalles de drainage;
    • des mesures d'atténuation du compactage;
    • des mesures de réduction de la salinité.

Dans la description du profil des types de sol dominants, il convient d'examiner :

  • les horizons du sol;
  • leur épaisseur;
  • leur texture;
  • leur couleur;
  • leurs propriétés chimiques;
  • leur contenu organique.

L'évaluation des sols et le plan de mesures d'atténuation doivent prendre en compte ce qui suit :

  • les techniques de récupération du sol (p. ex., décapage du sol, y compris la largeur proposée, l'essouchement et différentes techniques de manutention du sol);
  • les mesures pour garder séparées les différentes couches du sol;
  • les mesures anti-érosion, y compris des schémas des techniques proposées (notamment aux points de franchissement de cours d'eau);
  • les procédures d'arrêt des travaux en cas d'érosion par le vent ou de conditions humides;
  • les mesures de prévention du compactage du sol.

S'il existe des effets potentiels sur la santé, voir le tableau 6-5.

Dans les cas où la contamination des sols est soupçonnée, il est recommandé de se reporter aux normes Z768-01 et Z769-00 de CSA International concernant les phases I et II de l'évaluation environnementale d'un site.

Autres sources d'orientation aux sites Internet suivants :

Végétation
Exigences de dépôt Orientation
  1. Pour des terres où la végétation peut affecter le projet ou être affectée par le projet, décrire :
    • la diversité, l'abondance relative et la distribution avant la construction des espèces et communautés végétales qui revêtent une importance écologique, économique ou humaine (p. ex., prairies artificielles, prairies naturelles, terres humides, peuplements anciens);
    • le taux de croissance prévu des espèces d'arbres (compte tenu du régime climatique) ainsi que la hauteur et l'étendue maximales estimatives du couvert forestier;
    • le niveau de perturbation actuel de la végétation;
    • la quantité, la qualité marchande et l'emplacement de tout bois marchand qui sera éliminé durant la construction du projet envisagé.
  2. Indiquer les endroits infestés de mauvaises herbes et d'autres espèces préoccupantes ou introduites.
  3. Préciser les normes de maîtrise de la végétation qui s'appliqueraient durant la construction et l'exploitation du projet. Décrire les programmes de gestion de la végétation qui seraient mis en oeuvre, y compris :
    • les critères et les circonstances qui détermineront le recours à des méthodes de lutte chimique, biologique ou mécanique;
    • la sélection des espèces végétales qui seront conservées et plantées pour favoriser l'établissement de communautés végétales naturellement basses;
    • l'utilisation d'herbicides, de régulateurs de croissance des arbres ou de tout autre produit chimique, ainsi que leurs taux et protocoles d'application.
  4. Le cas échéant, décrire les procédures de revégétation qui seraient mises en oeuvre dans le cadre du projet, ce qui comprend :
    • les techniques de revégétation et les endroits où elles seraient appliquées;
    • les mélanges de semences à utiliser ainsi que leurs taux et lieux d'application, ou les critères qui seront employés pour déterminer ces éléments, et un exposé sur la certification des semences;
    • les engrais à utiliser ainsi que leurs taux et lieux d'application, ou les critères qui seront employés pour déterminer ces éléments;
    • toutes les espèces végétales devant être plantées et replantées, ainsi que les lieux de plantation et de replantation, ou les critères qui seront employés pour déterminer ces éléments.
  5. Décrire l'état dans lequel l'emprise et les aires de travail temporaires seront remises en état et conservées, une fois la construction terminée.
  6. Exposer les critères d'évaluation du succès de la remise en état et de la gestion continue de la végétation. Inclure une description de la façon dont cette évaluation sera exécutée et documentée.

La description des terres végétalisées ne vise pas les terres cultivées ou affectées à un usage industriel.

Les descriptions des communautés végétales doivent reposer sur le Système national de classification écologique des terres du Canada. Indiquer, justification à l'appui, comment l'aire de distribution des communautés présentes dans la zone d'étude du projet a été délimitée (p. ex., levés existants, interprétation de données de télédétection, ou levés sur le terrain). Préciser les dates de collecte des données géographiques. S'il n'a pas été nécessaire de faire des reconnaissances sur le terrain, en exposer la raison.

En ce qui concerne la végétation, l'analyse des effets doit tenir compte d'aspects tels que les suivants :

  • la modification du couvert végétal causée par le projet;
  • les mesures de lutte contre les mauvaises herbes (p. ex., prévention, traitement);
  • les possibilités et les méthodes de conservation de la végétation en vue de réduire les incidences locales; p. ex., conserver des zones de végétation tampons faisant office d'écrans visuels et de corridors pour la faune.
  • l'évitement de communautés importantes et d'individus importants (p. ex., végétation utile à la faune);
  • les mélanges de semences et la replantation pour rétablir le couvert végétal.

On doit utiliser des espèces indigènes adaptées aux conditions locales lorsque la revégétation vise à naturaliser ou régénérer la zone.

Les normes de gestion de la végétation doivent tenir compte :

  • de l'affaissement maximal des conducteurs;
  • des exigences concernant la distance minimale entre les conducteurs et le sol, ainsi qu'entre les conducteurs et les arbres voisins;
  • du terrain et des caractéristiques des constructions;
  • la zone située directement sous les conducteurs, la zone périphérique adjacente à l'intérieur de l'emprise et la végétation en bordure de l'emprise.

Les programmes de maîtrise de la végétation, y compris la fréquence des travaux, de la surveillance et des inspections de l'état de la végétation dans l'emprise, ainsi que les méthodes employées à cet égard doivent tenir compte :

  • du taux de croissance et de la taille maximale des arbustes et des espèces d'arbres qui peuplent l'emprise, et des variations selon les diverses zones biogéographiques;
  • des propensions ou des inhibiteurs biologiques à la croissance des espèces végétales (c.-à-d. des espèces naturellement basses ou à croissance lente par opposition à des espèces à pousse élevée et à croissance rapide);
  • de l'application d'autres pratiques de gestion intégrée de la végétation.

Si l'emploi d'herbicides ou d'autres produits chimiques est envisagé, indiquer :

  • les critères qui détermineront leur utilisation;
  • les concentrations ainsi que les taux et les méthodes d'application;
  • leur spécificité et la possibilité qu'ils entraînent des effets environnementaux négatifs;
  • les données des fiches signalétiques.
Qualité et quantité d'eau
Exigences de dépôt Orientation
  1. Indiquer les ressources en eau et la qualité des ressources susceptibles d'être affectées par le projet.
  2. Relever et décrire les contaminants préoccupants potentiellement associés au projet qui pourraient altérer la qualité de l'eau.
  3. Indiquer s'il y aura lieu de prélever de l'eau des cours d'eau voisins; le cas échéant, préciser le but, les quantités et les cours d'eau qui serviront de source d'approvisionnement. Préciser aussi comment et où les eaux usées seront éliminées.
  4. Relever et décrire les changements aux caractéristiques d'écoulement des eaux souterraines qui pourraient résulter de la construction du projet.
  5. Décrire les mesures qui seraient prises, avant et après la construction, pour surveiller et atténuer les effets potentiels sur la quantité et la qualité de l'eau de puits.

En ce qui touche la qualité ou la quantité des eaux de surface ou des eaux souterraines (p. ex., lacs, cours d'eau, zones riveraines, terres humides, plans d'eau ou structures artificiels), l'analyse des effets doit tenir compte d'éléments comme le retrait ou le rejet d'eau au cours de l'exécution du projet proposé, ainsi que les éventuels échanges d'eau entre bassins qui pourraient donner lieu à l'introduction d'un biote indésirable.

S'il y a un risque que des contaminants préoccupants affectent les ressources en eau, il faudrait envisager d'échantillonner les sédiments et les eaux souterraines pour évaluer si des contaminants préoccupants y sont présents.

S'il existe des effets potentiels sur la santé, voir le tableau 6-5.

Autres sources d'orientation aux sites Internet suivants :

Poisson et habitat du poisson
Exigences de dépôt Orientation
  1. Relever les espèces de poisson dans la zone d'étude qui sont d'une importance écologique, économique ou humaine, et indiquer leurs stades de développement.
  2. Décrire la répartition saisonnière, les périodes de vulnérabilité saisonnières, l'utilisation de l'habitat, les déplacements et l'état général de la population de poisson.
  3. Relever les politiques en matière de pêches ou les autres mesures destinées à protéger et à améliorer les populations de poisson et leur habitat, y compris des aires protégées à l'intérieur de la zone d'étude ou à proximité de celle-ci.
  4. Établir la nécessité d'obtenir l'autorisation de détériorer, détruire ou perturber l'habitat aux termes du paragraphe 35(2) de la Loi sur les pêches et faire état de toute communication verbale ou écrite (p. ex., avis du MPO).
  5. Décrire de façon plus détaillée les zones vulnérables et les habitats sensibles, y compris les terres humides et l'habitat riverain.
  6. Décrire les techniques de franchissement de cours d'eau proposées, ou les critères de détermination des techniques à utiliser pour chaque franchissement de cours d'eau, et en justifier le bien-fondé.
  7. Le cas échéant, exposer le calendrier de tous travaux réalisés à l'intérieur de cours d'eau, les périodes de restriction des activités et les périodes propices à la réalisation des travaux.
  8. Exposer l'état dans lequel les lieux de franchissement de cours d'eau et les zones riveraines seront remis ou conservés, une fois la construction terminée.
  9. Exposer les critères qui seront employés pour évaluer le succès de la remise en état des cours d'eau où vivent des poissons et de leurs berges ou zones riveraines. Inclure une description de la façon dont cette évaluation sera exécutée et documentée.

Les promoteurs doivent collaborer avec les organismes gouvernementaux responsables des pêches pour cerner les enjeux et définir les mesures d'atténuation appropriées.

Dans les cas où il est nécessaire d'obtenir du MPO une autorisation de détériorer, détruire ou perturber l'habitat, exposer toute mesure équivalente de compensation de l'habitat du poisson et fournir tout commentaire formulé par le MPO.

S'il existe des effets potentiels sur la santé, voir le tableau 6-5.

Autres sources d'orientation :

Le MPO a produit plusieurs documents d'orientation qui pourraient aider les demandeurs à traiter des poissons et de leur habitat, notamment les suivants :

  • Lignes directrices pour la conservation et la protection de l'habitat du poisson (1998);
  • Interim Operational Position Statement for Pipeline Crossing in the Prairies area;
  • Politique de gestion de l'habitat du poisson;
  • Directive sur le principe d'aucune perte nette.

Canadian Pipeline Water Crossing Committe, Watercourse Crossings, deuxième édition, novembre 1999. On peut s'en procurer des exemplaires auprès de l'ONÉ.

Terres humides
Exigences de dépôt Orientation
  1. Décrire et quantifier les terres humides et les types de terres humides existant sur les sites, en précisant :
    • leur abondance dans la région;
    • leur distribution;
    • le niveau de perturbation actuel.
  2. Indiquer la capacité des terres humides à accomplir leurs fonctions du point de vue de l'hydrologie, de la qualité de l'eau et de la fourniture d'un habitat.

Les terres humides englobent les tourbières, les fens, les marécages, les marais et les eaux peu profondes, tels que ces termes sont définis dans le Système de classification des terres humides du Canada.

L'analyse des effets sur les terres humides doit tenir compte de la perte potentielle de fonctions des terres humides.

Il pourrait se révéler nécessaire de procéder à une évaluation plus poussée en ce qui concerne les terres humides d'importance provinciale ou territoriale et les caractéristiques d'importance.

Autres sources d'orientation :

Faune et habitat faunique
Exigences de dépôt Orientation

1. Relever les espèces fauniques se trouvant dans la zone d'étude qui revêtent une importance écologique, économique ou humaine. Préciser aussi :

  • la diversité, la distribution et l'emplacement;
  • l'abondance et l'état de la population;
  • son cycle vital;
  • la répartition saisonnière (p. ex., migration);
  • les exigences relatives à l'habitat;
  • les déplacements (p. ex., corridors de déplacement de la faune);
  • les périodes de vulnérabilité (saisonnières, diurnes et nocturnes).

2. Pour ce qui concerne les oiseaux dans la zone de projet, décrire :

  • la vulnérabilité des espèces aux collisions avec des conducteurs aériens;
  • les activités de surveillance des impacts d'oiseaux sur les lignes de transport d'électricité avoisinantes et les constatations qui en résultent;
  • les conclusions tirées d'études sur l'efficacité des dispositifs de déviation ou autres mesures d'atténuation proposées pour les espèces d'oiseaux visés;
  • la conception du projet pour ce qui est du risque d'électrocution des oiseaux;
  • les mesures d'atténuation et de surveillance proposées, et en justifier le bien-fondé;
  • les commentaires formulés par le Service canadien de la faune et tout groupe d'ornithologues local.

3. Pour ce qui concerne la faune, indiquer les terres avoisinantes susceptibles de représenter des zones et des habitats sensibles.

4. Relativement aux espèces fauniques relevées au point 1, décrire et quantifier les types d'habitats fauniques en précisant :

  • la fonction;
  • l'emplacement;
  • la qualité;
  • la structure;
  • la diversité;
  • l'utilisation relative;
  • l'abondance avant la construction du projet.

5. Relever tout autre aspect relatif à l'habitat faunique qui doit être pris en considération ou toute autre zone importante sur le plan environnemental se trouvant à proximité de la zone du projet, tels que des parcs nationaux, des zones d'intérêt naturel ou scientifique, des refuges d'oiseaux migrateurs ou autres zones ou sanctuaires importants pour les oiseaux, des réserves nationales de faune, ou des réserves de la biosphère.

6. Relever les zones de gestion de la faune, les refuges établis ou proposés, ou d'autres types d'aires à l'intérieur ou à proximité de la zone d'étude.

7. Décrire les niveaux de perturbation qui affectent actuellement la faune et son habitat, tels que la fragmentation de l'habitat ainsi que l'ampleur de son usage par les hommes et des possibilités d'accès.

L'identification des espèces sauvages présentes dans la zone du projet doit comprendre les espèces résidentes, provisoires (migratrices) et uniques. Il convient de relever les mammifères, les oiseaux, les amphibiens et les reptiles.

L'identification, la description et la quantification des types d'habitats doivent tenir compte de ce qui suit, sans y être limitées :

  • lieux de reproduction ou fréquentés par des animaux en rut;
  • sites de nidification et aires de mise bas;
  • lieux d'hivernage;
  • gîtes d'hibernation;
  • haltes migratoires et lieux de rassemblement;
  • corridors de déplacement;
  • pierres à lécher;
  • arbres utiles à la faune.

Autres zones et habitats sensibles :

  • terres humides;
  • habitats riverains;
  • habitat de la forêt intérieure;
  • peuplement vieux;
  • prairies naturelles.

Pour ce qui concerne la faune et son habitat, l'analyse des effets doit tenir compte d'éléments tels que :

  • les fonctions de l'écosystème;
  • le moment où les travaux de construction seront exécutés eu égard aux périodes de vulnérabilité de la faune (p. ex., saison de reproduction des oiseaux migrateurs);
  • l'ampleur variable de la perte d'habitat faunique;
  • la modification de la qualité de l'habitat (p. ex., fragmentation, effet de bordure);
  • les changements du point de vue des possibilités d'accès par l'homme;
  • le niveau de perturbation de la faune;
  • la mortalité directe et indirecte de la faune.

Il est recommandé aux demandeurs de s'enquérir des exigences du Règlement sur les oiseaux migrateurs.

S'il existe des effets potentiels sur la santé ou sur le plan social, voir le tableau 6-5.

Autres sources d'orientation aux sites suivants :

Espèces en péril ou espèces à statut particulier
Exigences de dépôt Orientation
  1. Pour les effets sur les espèces en péril et les espèces ésignées comme ayant un statut particulier :
    • identifier l'espèce et son statut;
    • faire les renvois appropriés aux annexes de la LEP ou aux listes établies par le COSEPAC, les provinces ou les territoires;
    • préciser son habitat, y compris l'habitat essentiel;
    • déterminer si les activités du projet pourraient nuire à l'espèce ou à son habitat, essentiel ou non;
    1. dans la négative, justifier;
    2. dans l'affirmative, décrire les effets potentiels;
    3. identifier les périodes critiques, le cas échéant (p. ex., mise bas, accouplement, frai), ou les restrictions;
    4. décrire les mesures d'atténuation proposées, le cas échéant (p. ex., conception du projet ou calendrier de construction améliorés).
  2. Lorsque le projet risque d'entraîner la destruction d'une partie de l'habitat essentiel d'une espèce faunique figurant sur la liste de l'annexe 1 de la LEP, décrire :
    • toutes les solutions de rechange raisonnables au projet qui permettraient de réduire l'effet sur l'habitat essentiel de l'espèce envisagées durant l'élaboration du projet;
    • toutes les mesures réalisables qui seraient prises pour réduire au minimum l'effet des activités sur l'habitat essentiel de l'espèce visée.

Par statut on entend la désignation conférée par les lois ou directives fédérales, provinciales ou territoriales (p. ex., espèces disparues du pays, en voie de disparition, menacées, préoccupantes).

Consulter le registre établi en application de la LEP, y compris l'annexe 1, la liste officielle des espèces en péril, ainsi que les annexes 2 et 3 de la LEP.

Consulter Environnement Canada (Service canadien de la faune), Pêches et Océans Canada ou Parcs Canada au sujet des espèces en péril et des habitats essentiels pouvant se trouver dans la zone d'étude.

Pour les espèces en péril répertoriées dans l'annexe 1 de la LEP, les mesures d'atténuation proposées doivent être compatibles avec les programmes de rétablissement et les plans d'action applicables qui figurent dans le registre public de la LEP.

Consulter les autorités provinciales ou territoriales au sujet des espèces inscrites relevant de la compétence de ces administrations.

Effectuer un inventaire complet dans toutes les zones pouvant être touchées par le projet où il y a raison de s'attendre qu'elles abritent des espèces en péril ou des espèces à statut particulier. On ne peut généralement pas se fier aux bases de données pour conclure à l'absence d'espèces à statut particulier parce que la collecte et la mise à jour des données ne sont habituellement pas systématiques.

Consulter les bases de données fédérales, provinciales, territoriales, régionales et locales (p. ex., les centres de données de conservation), et toute autre ressource d'information se rapportant aux espèces à statut particulier.

Autres sources d'orientation aux sites suivants :

Qualité de l'air
Exigences de dépôt Orientation

En ce qui concerne les effets, ou les préoccupations du public, concernant la poussière ou les émissions produites par les activités de construction, il faut :

  • donner un aperçu de la question;
  • fournir une évaluation qualitative.
Se reporter au tableau 6-5 si le projet est susceptible d'avoir des effets sur la santé humaine ou l'esthétique visuelle.
Environnement acoustique
Exigences de dépôt Orientation
  1. En ce qui a trait aux effets, ou aux préoccupations du public, concernant le niveau de bruit, il faut :
    • donner un aperçu de la question;
    • fournir une évaluation qualitative.
  2. Dans le cas de projets qui entraînent une augmentation du bruit pendant l'exploitation par rapport aux niveaux existants, décrire et quantifier :
    • les niveaux de bruit ambiant dans la zone visée;
    • les récepteurs les plus proches qui risquent le plus d'être affectés;
    • les niveaux de bruit audible relevés à des distances appropriées de l'installation (p. ex., en divers endroits en bordure de l'emprise, ou aux endroits les plus près des récepteurs qui risquent le plus d'être affectés);
    • la fréquence, la durée et les caractéristiques du bruit.

L'évaluation des effets doit tenir compte :

  • de la conformité avec les lignes directrices provinciales concernant le bruit, les exigences locales ou toute autre directive appropriée;
  • de la vérification des prévisions concernant l'impact du bruit, ainsi que du moment et de la méthode de vérification;
  • de la nécessité de surveiller plus amplement le bruit;
  • d'une évaluation de la disponibilité et du caractère pratique de moyens d'atténuation supplémentaires, si le bruit causé par le projet dépassait les directives ou normes applicables.

Tenir compte également de la nécessité d'évaluer :

  • les effets du bruit inaudible;
  • les effets du bruit sur la faune.

Pour ce qui concerne le bruit associé aux décharges par effet couronne produites par mauvais temps par les lignes de transport d'électricité, décrire :

  • la fréquence des périodes de mauvais temps et les critères employés pour les définir;
  • les niveaux prévus de bruit audible en périodes de beau temps et de mauvais temps, établis à des distances appropriées de l'installation; p. ex., en divers endroits en bordure de l'emprise, ou aux endroits les plus près des récepteurs qui risquent le plus d'être affectés);

S'il existe des effets potentiels sur la santé, voir le tableau 6-5.

Autre source d'orientation :

Guide 38 : Noise Control Directive User Guide, Alberta Energy and Utilities Board, novembre 1999.


À titre d'information - Rappel...

Les tableaux 6-4 et 6-5 visent à aider les demandeurs à cerner les besoins d'information détaillée propres à chaque élément biophysique et socioéconomique, tel que le précise le tableau 6-3.

On rappelle aux demandeurs que les exigences de dépôt auxquelles ils doivent satisfaire à l'égard de l'évaluation des effets sont décrites aux sections 6.5 et 6.6.


Tableau 6-5:
Information exigée à l'égard des éléments socioéconomiques
Occupation humaine et exploitation des ressources
Exigences de dépôt Orientation
  1. Décrire les modèles généraux d'occupation humaine et d'exploitation des ressources dans la zone d'étude.
  2. Exposer les interactions possibles, aux niveaux local et régional, avec les modes d'occupation humaine et les activités relatives à l'exploitation des ressources. Tenir également compte des effets que le projet pourrait avoir sur la viabilité de ces activités et sur les moyens de subsistance des travailleurs, propriétaires d'entreprises et exploitants locaux.
  3. Exposer les buts des plans d'utilisation des terres ou plans d'aménagement municipaux ou régionaux pertinents et indiquer en quoi le projet respecte ces plans.
  4. Indiquer l'incidence possible du projet sur la qualité et la quantité de l'eau souterraine et des eaux de surface utilisées à des fins domestiques, commerciales, agricoles ou récréatives.
  5. Cerner l'incidence visuelle ou esthétique potentielle du projet quant à l'utilisation actuelle des terres dans la zone d'étude.
  6. Pour ce qui concerne la réception des ondes et des signaux de radio et de télévision, identifier les risques d'interférence électromagnétique en périodes de beau temps et de mauvais temps dans des conditions de charge maximale. Relever les zones qui pourraient être touchées ainsi que la durée et la fréquence de ces événements. Décrire également les normes applicables.

Dans l'évaluation des effets sur l'occupation humaine et l'exploitation des ressources, examiner si le projet aurait des répercussions sur les éléments suivants :

  • les secteurs résidentiels ruraux et urbains (ce qui comprend les établissements occupés de façon saisonnière et à longueur d'année), les réserves indiennes et les collectivités autochtones;
  • les zones agricoles (y compris les cultures spéciales, les vergers et les vignobles);
  • les parcs et zones de loisirs (y compris les parcs locaux, provinciaux ou territoriaux et les zones pittoresques reconnues);
  • les terres relevant de Parcs Canada, les aires de conservation, les sites du Programme biologique international, ou les autres réserves écologiques;
  • les secteurs industriels et commerciaux;
  • les régions forestières surveillées ou administrées (ce qui comprend les forêts visées par une entente et les zones désignées pour la vente du bois);
  • les zones de chasse, de piégeage ou de pourvoirie enregistrées ou reconnues, ainsi que les secteurs de pêche récréative et commerciale;
  • les réserves d'eau et concessions d'eau, et les sources d'approvisionnement et prises d'eau des exploitations agricoles, industries, commerces, résidences et municipalités;
  • l'infrastructure de transport par terre et par eau, y compris les voies navigables.

Il convient d'évaluer si le projet est compatible avec les plans d'utilisation des terres et les plans d'aménagement locaux et régionaux. Dans le cas de zones « à usages multiples », il importe également d'évaluer la compatibilité avec les utilisations actuelles.

S'il y aura une incidence sur les zones utilisées à des fins traditionnelles par des peuples autochtones, se reporter à l'élément Usage des terres et des ressources à des fins traditionnelles dans le présent tableau.

S'il y aura une incidence sur un élément biophysique (p. ex., Qualité et quantité d'eau, Environnement accoustique,etc.) qui pourrait affecter l'occupation humaine et l'exploitation des ressources, se reporter à l'élément en question au tableau 6-4.

S'il y aura un changement aux qualités du paysage sur le plan de l'esthétique, se reporter au texte d'orientation de l'élément Santé et esthétique.

Ressources patrimoniales
Exigences de dépôt Orientation
  1. Décrire les ressources patrimoniales connues dans la zone d'étude.
  2. Déterminer s'il pourrait y avoir des ressources patrimoniales non découvertes dans la zone d'étude.
  3. Exposer les plans d'urgence et les mesures d'intervention sur le terrain qui seraient appliqués si des ressources patrimoniales étaient trouvées durant la construction.
  4. Fournir des copies de la correspondance des autorités provinciales ou territoriales responsables des ressources patrimoniales renfermant leurs commentaires au sujet de l'évaluation de l'incidence sur les ressources patrimoniales et les mesures d'atténuation proposées.
  5. Fournir une déclaration indiquant si la compagnie mettra en oeuvre les recommandations des autorités provinciales ou territoriales responsables des ressources patrimoniales.
  6. Si une évaluation des ressources patrimoniales a été accomplie antérieurement dans la zone d'étude du projet, il convient d'en déposer le sommaire, accompagné des mesures d'atténuation supplémentaires propres au projet envisagé.

Le demandeur doit être au courant des lois et directives fédérales, provinciales ou territoriales relatives à l'inventaire et à la protection des ressources patrimoniales.

Le demandeur doit savoir que même si les terres ont déjà été perturbées, une évaluation sur le plan archéologique pourrait s'avérer nécessaire.

L'évaluation des ressources patrimoniales doit être effectuée par un archéologue qualifié et comprendre un exposé détaillé de la méthode utilisée sur le terrain pour réaliser l'étude. Nous rappelons aux demandeurs que l'information pertinente peut provenir de diverses sources, y compris des autorités provinciales ou territoriales en matière de patrimoine et des groupes autochtones locaux.

S'il est possible que des ressources patrimoniales soient trouvées durant la construction, ou au cours des activités d'exploitation, il faut présenter un plan d'urgence à leur égard. Ce plan doit au moins indiquer les personnes à contacter et dans quelles conditions les travaux pourront commencer. Il serait bon de communiquer avec les groupes autochtones de la région où la découverte a été faite.

Usage des terres et des ressources à des fins traditionnelles
Exigences de dépôt Orientation
  1. Décrire comment les terres situées dans la zone d'étude sont actuellement utilisées à des fins traditionnelles par les Autochtones.
  2. Identifier les groupes autochtones qui s'adonnent actuellement à des activités traditionnelles, et préciser la portée spatiale et temporelle de cet usage et en quoi le projet l'affecterait.
  3. Décrire la méthode utilisée pour recueillir l'information sur les usages à des fins traditionnelles et fournir une liste de tous les groupes autochtones contactés, ainsi que le raisonnement sous-tendant le choix des groupes relevés dans la liste.
  4. Fournir une preuve établissant que les groupes autochtones ayant participé à la collecte des renseignements sur les usages à des fins traditionnelles ont eu l'occasion d'examiner l'information et proposer des moyens d'atténuation. Le cas échéant, inclure les commentaires de la part des Autochtones participants au sujet de l'information et des mesures d'atténuation proposées.

Ce ne sont que les usages actuels des terres et des ressources à des fins traditionnelles par les Autochtones qui ont besoin d'être examinés dans le cadre de l'ÉES.

Les peuples autochtones peuvent utiliser les terres pour diverses activités traditionnelles, comme la chasse, la pêche, le piégeage, la cueillette de petits fruits, la collecte de plantes à des fins médicinales, culturelles ou ménagères et les cérémonies culturelles ou spirituelles.

Dans l'évaluation des aspects temporels de l'usage des terres et des ressources à des fins traditionnelles, on notera la fréquence de chaque activité, sa durée et la saison dans laquelle elle est pratiquée. Pour évaluer les aspects spatiaux de l'usage des terres et des ressources à des fins traditionnels, il faut tenir compte du fait que certaines activités peuvent être propres au site (comme dans le cas des zones de cueillette de petits fruits) et d'autres non (p. ex., la chasse peut se pratiquer dans une zone étendue et les aspects temporels peuvent être plus pertinents que les aspects spatiaux).

Le demandeur doit se reporter à l'évaluation de l'élément biophysique applicable (faune et habitat faunique, végétation, poisson et habitat du poisson) au moment d'examiner l'élément en rubrique.

Si l'information sur les usages des terres et des ressources à des fins traditionnelles revêt un caractère confidentiel, le demandeur peut fournir ce qui suit :

  • une étude sur les usages des terres à des fins traditionnelles dans laquelle les renseignements propres au site ont été biffés;
  • un sommaire de l'étude sur les usages à des fins traditionnelles indiquant la méthode d'étude et les mesures d'atténuation proposées;
  • une requête en vue de déposer l'étude en tant qu'information confidentielle, en vertu de l'article 16.1 de la Loi sur l'ONÉ.
Bien-être social et culturel
Exigences de dépôt Orientation
  1. Décrire le contexte socio-culturel de la zone d'étude, en indiquant :
    • les groupes culturels dominants;
    • les caractéristiques démographiques de la population et de la main-d' oeuvre locales;
    • les principales préoccupations d'ordre socio-culturel qu'entretiennent les résidents, les familles et les travailleurs dans la zone d'étude.
  2. Donner un aperçu des sources potentielles d'impacts socio-culturels du projet sur la collectivité.
  3. Décrire les interactions potentielles entre la main-d'oeuvre affectée à la construction, à l'exploitation et à l'entretien du projet, d'une part, et les collectivités, entreprises et résidents locaux, d'autre part.

Les impacts socio-culturels sur les collectivités vivant dans la zone d'étude peuvent découler de diverses causes, dont :

  • une augmentation du nombre de résidents permanents ou temporaires dans le secteur;
  • la présence des baraquements de chantier à l'intérieur, en bordure ou à proximité des collectivités;
  • une augmentation considérable ou une répartition inégale du revenu des particuliers dans la collectivité;
  • la perturbation des traditions et institutions culturelles.

Parmi les répercussions possibles des facteurs mentionnés ci-dessus, il convient de noter :

  • les pressions qui s'exercent sur la cohésion des collectivités, des familles et des ménages;
  • l'abus d'alcool et la consommation de drogues illicites;
  • les activités illégales et autres activités pouvant avoir un effet perturbateur.

La détermination et l'évaluation des impacts socio-culturels potentiels doivent :

  • se faire au niveau de la collectivité plutôt qu'au niveau de l'individu afin de protéger la vie privée de celui-ci;
  • se faire en consultation avec les agences et établissements, autochtones ou autres, de services sociaux et culturels à l'échelle locale et régionale.

Par collectivité on pourrait entendre :

  • plus d'une aire habitée dans la zone d'étude; ou
  • plus d'un groupe culturel dans une zone habitée.
Santé et esthétique
Exigences de dépôt Orientation
  1. Décrire et quantifier :
    • les activités, les composés toxiques, les nuisances et les changements à l'environnement associés au projet qui pourraient être source d'effets négatifs sur la santé;
    • les récepteurs humains potentiels de ces effets.
  2. Si le projet causerait des émissions (dans l'atmosphère ou dans l'eau), des émissions de bruit, ou encore des rejets d'effluents dont les niveaux sont inférieurs aux limites fixées par les lignes directrices locales, provinciales, territoriales ou fédérales (p. ex., les recommandations du CCME, l'Alberta Energy and Utilities Board Interim Directive 99-8: Noise Control Directive), mais qui suscitent des préoccupations du public au sujet des effets sur la santé, fournir une description de ces préoccupations et indiquer les mesures envisagées pour y faire face.
  3. Décrire le degré d'intensité prévu des champs électromagnétiques et les normes applicables.
  4. Si le projet pourrait entraîner des effets sur la santé, exposer brièvement de quelle manière ces effets seraient atténués.
  5. S'il est raisonnable de présumer que le projet pourrait présenter des risques potentiellement élevés ou importants sur la santé, fournir une évaluation des risques sur la santé.
  6. Décrire tout impact sur le plan de l'esthétique que le projet pourrait avoir sur les résidents ou toute autre personne ou utilisateur affecté dans la zone d'étude.

Le demandeur doit examiner le potentiel des effets sur la santé afin de déterminer le niveau d'évaluation requis. Par exemple, si le projet risque de susciter des préoccupations pour la santé au regard des nuisances, le demandeur devra en résumer l'effet et exposer les mesures envisagées pour l'atténuer (p. ex., arrosage régulier des routes pour réduire la poussière). Par ailleurs, si le projet pourrait présenter des risques potentiellement élevés ou importants sur la santé, il faudra fournir une évaluation des risques sur la santé, comprenant :

  • a une analyse quantitative des impacts chroniques et aigus;
  • une estimation de la probabilité et de la gravité des dommages sur la santé en cas d'exposition à un agent de risque;
  • les procédures analytiques appropriées (p. ex., évaluation des sources de pollution et des rejets, évaluation du degré d'exposition, évaluation de la relation dose-réponse, caractérisation des risques).

L'évaluation quantitative des sources des effets sur la santé et des récepteurs humains potentiels doit examiner :

  • les conditions ambiantes;
  • les distances par rapport aux limites de l'emprise et par rapport aux résidences, écoles et autres institutions publiques les plus près, etc.;
  • la modélisation des conditions environnementales durant l'exploitation du projet aux distances relevées ci-dessus et les prédictions à cet égard;
  • la distance à laquelle les conditions prévues seront soumises à des normes applicables, ainsi que les populations à l'intérieur de ce rayon.

L'identification et l'évaluation des impacts potentiels sur la santé doivent se faire en consultation avec les agences et établissements de services de santé locaux, régionaux, autochtones, provinciaux ou territoriaux, et fédéraux, selon le cas.

Le demandeur doit examiner les effets potentiels du projet sur la santé des groupes vulnérables, tels que :

  • les résidents, propriétaires fonciers et locataires locaux;
  • les personnes âgées et les enfants;
  • les autres personnes susceptibles de fréquenter régulièrement la zone d'étude, comme les chasseurs, les piégeurs et les amateurs de plein air.

Le demandeur doit également examiner les effets du projet sur la santé de ceux qui fréquentent les zones traditionnelles de chasse, de piégeage, de pêche, de cueillette de petits fruits et plantes médicinales, et établir un lien avec l'élément Usage des terres et des ressources à des fins traditionnelles.

Comme la définition de la santé comprend la prise en compte du bien-être mental et social, le demandeur doit également prendre en considération les facteurs d'agression causés par le projet sur le plan émotif ou social, notamment :

  • les préoccupations à l'égard de la sécurité du public suscitées par la construction ou par des accidents ou défaillances liés à l'exploitation des installations;
  • la perturbation des activités normales quotidiennes.

Lorsqu'une émission ou un rejet d'effluents associé au projet tombe au-dessous ou vient en deçà de limites applicables, il se pourrait que des mesures d'atténuation supplémentaires ne soient pas nécessaires. Toutefois, là où l'ampleur des changements risque d'être importante, même dans les limites fixées, le demandeur doit également proposer des mesures d'atténuation supplémentaires afin de réduire la pollution et les risques futurs sur la santé.

L'évaluation de l'impact visuel doit examiner et décrire des facteurs tels que ceux énoncés ci-dessous, sans toutefois y être limités :

  • la façon dont le relief, le couvert végétal et autres éléments du paysage pourraient, ou non, servir d'écran visuel ou masquer le projet;
  • la façon dont le projet s'intégrera aux éléments bâtis adjacents ou situés à proximité;
  • les points de vue et les endroits à partir desquels le projet sera visible;
  • les vues qui seront affectées par le projet;
  • la portée de la vue jusqu'à ce qu'elle soit obstruée par le projet;
  • la largeur de l'angle de vision qui sera obstruée par le projet.

Si les impacts visuels du projet posent problème, il pourrait être utile, pour ce qui concerne les bassins visuels, d'incorporer des photos superposées, des cartes ou des information obtenues par le biais de la modélisation SIG.

Le demandeur doit fournir, le cas échéant, un lien clair vers les sections de la demande qui tiennent compte des éléments biophysiques susceptibles d'avoir des effets sur la santé (p. ex., Environnement acoustique ou Qualité et quantité d'eau).

Pour tout renseignement concernant l'évaluation des impacts sur la santé, accéder au Guide canadien d'évaluation des incidences sur la santé.

Les données sur les indicateurs de santé sont disponibles auprès de Statistique Canada.

Infrastructure et services
Exigences de dépôt Orientation
  1. Décrire l'infrastructure locale et régionale qui existe dans la zone d'étude, y compris ce qui suit :
    • voies ferrées;
    • routes et autoroutes, ainsi que la densité et le mouvement de la circulation;
    • pipelines, conduites maîtresses et égouts;
    • voies navigables;
    • lignes de transport d'électricité existantes;
    • toute autre installation potentiellement affectée.
  2. D'après les normes de dégagement et la méthode qui sera employée pour réaliser les travaux et maintenir la distance les séparant des infrastructures situées à proximité du projet, indiquer la fréquence, le moment prévu et la durée des interruptions, perturbations et retards prévus pour ce qui concerne la prestation des services et l'utilisation. Préciser aussi les autorisations à obtenir des exploitants d'infrastructures susceptibles d'être touchées, ainsi que les consultations menées auprès de ces derniers et leurs commentaires.
  3. Décrire les services locaux et régionaux offerts dans la zone d'étude, notamment :
    • l'hébergement, y compris les terrains de camping;
    • les loisirs;
    • l'élimination des déchets;
    • la police;
    • les services d'incendie;
    • les services d'ambulance;
    • les services de soins de santé.
  4. Décrire les effets d'induction possibles sur les exploitants d'autres éléments d'infrastructure. Dans les cas où ces effets pourraient affecter l'exploitation actuelle, préciser les autorisations à obtenir, les consultations auprès des exploitants potentiellement affectés par le projet et les mesures envisagées pour résoudre leurs préoccupations, le cas échéant.
  5. Exposer tout besoin d'effectuer des dépenses publiques afin d'implanter de nouveaux services ou éléments d'infrastructure en raison des effets associés au projet.

L'évaluation doit examiner, et quantifier si c'est possible, comment les activités associées à la construction et à l'exploitation du projet risquent d'affecter les éléments d'infrastructure et services locaux et régionaux; par exemple :

  • le logement;
  • les services essentiels et d'urgence (incendie, police, ambulance, hôpitaux), y compris les normes concernant la prestation des servives (p. ex., le délai d'intervention);
  • les besoins en matière de loisirs;
  • le transport;
  • les services publics, notamment les réseaux d'aqueduc, d'égout et d'électricité, l'élimination des déchets, etc.

Les effets associés aux éléments ci-dessus doivent être évalués selon deux perspectives :

  • les besoins d'infrastructure et de services créés par le projet (p. ex., pour héberger et assurer le transport des travailleurs, etc.);
  • les effets du projet sur l'infrastructure et les services locaux, et leurs répercussions sur les résidents (p. ex., les effets sur la disponibilité des logements pour les résidents et sur la circulation automobile).

Le demandeur doit aussi traiter des directives locales et provinciales ou territoriales en ce qui touche les services d'urgence, ou des règlements sur la circulation de véhicules lourds et l'obtention de permis d'accès aux fins de travaux de construction.

Emploi et économie
Exigences de dépôt Orientation
  1. Décrire la situation locale et régionale de l'emploi dans la zone d'étude.
  2. Le cas échéant, décrire les plans locaux et régionaux de formation et de développement de l'emploi.
  3. Faire état de l'aptitude et de la capacité des entreprises et résidents locaux et autochtones à fournir de la main-d' oeuvre, de l'équipement, des matériaux, des fournitures et d'autres services à contrat pendant la construction, l'exploitation et l'entretien du projet.
  4. Décrire les plans de la compagnie pour ce qui est d'encourager la participation des intervenants locaux et autochtones aux possibilités créées en matière d'emploi, d'achats et de contrats.
  5. Le cas échéant, décrire les programmes de formation que la compagnie parraine afin d'accroître les perspectives d'emploi des résidents locaux et autochtones.
  6. Fournir une estimation du niveau prévu de la participation économique au projet, à l'échelle locale et régionale, compte tenu des besoins globaux du projet (p. ex., nombre de travailleurs, valeur monétaire totale des contrats).
  7. Si le projet est susceptible d'influer directement sur les recettes fiscales ou autres des administrations fédérale, territoriales, provinciales, régionales ou municipales pendant la construction et l'exploitation, faire une analyse quantitative des effets potentiels.

L'évaluation doit inclure un examen quantitatif et qualitatif :

  • des niveaux d'emploi et de chômage aux ordres local et régional;
  • des niveaux de scolarité et de compétence;
  • la conjoncture économique locale et régionale;
  • des recettes publiques prévues qui découleraient directement du projet.

Si c'est possible, on indiquera le nombre de travailleurs employés pendant la construction et l'exploitation ainsi que la valeur des contrats conclus; ces données seraient fournies mensuellement à l'étape de la construction et annuellement à l'étape de l'exploitation. Dans le cas de projets de faible envergure, il suffit de fournir une estimation du nombre de travailleurs affectés à la construction et d'employés à temps complet affectés à l'exploitation.

L'évaluation doit aussi décrire les situations où le projet pourrait, directement ou indirectement, causer des difficultés économiques ou entraîner le déplacement de travailleurs ou d'entreprises.

Si le demandeur a préparé un plan des retombées économiques ou a conclu des ententes de collaboration précises avec des collectivités ou des groupes autochtones, fournir un sommaire des engagements pris au chapitre de l'emploi, de la formation et des affaires.

6.8 Inspection, surveillance et suivi

L'ONÉ reconnaît trois types d'évaluations postérieures à la construction, à savoir :

  1. la vérification de la conformité, conçue pour confirmer la mise en oeuvre des normes de conception approuvées et des autres conditions techniques prescrites par l'ONÉ pour promouvoir la sécurité (exemple de modèle : conditions énoncées dans la rubrique D);
  2. la surveillance, qui vise à :
    • confirmer l'efficacité des techniques d'atténuation approuvées;
    • déterminer si des techniques d'atténuation différentes ou supplémentaires sont requises pour obtenir le degré d'atténuation ou de remise en état visé;
    • cerner et résoudre les effets inattendus qui sont survenus;
  3. le suivi, au sens de la LCÉE, qui traite des effets prévus sur un élément préoccupant et vise à :
    • vérifier la justesse de l'évaluation;
    • déterminer si les mesures d'atténuation sont efficaces pour limiter les effets à cet élément.

La distinction entre « suivi » et « surveillance » consiste à se demander si une mesure est prise en vertu de la LCÉE, conformément aux exigences de l'ACÉE contenues dans son Énoncé de politique opérationnelle OPS/EPO-6-2002. Les deux termes ne s'excluent pas mutuellement, certains modes de surveillance pouvant être nécessaires pour mener à bien un programme de suivi.

But

La demande fournit assez de renseignements pour démontrer que des pratiques et des programmes convenables et efficaces sont en place pour :

  • garantir le respect des engagements;
  • réduire au minimum les effets environnementaux et socioéconomiques;
  • vérifier l'exactitude des évaluations, s'il y a lieu.

Exigences de dépôt

  1. Décrire, de façon assez détaillée pour en démontrer la pertinence et l'efficacité, les plans qui seront en place pour garantir le respect des engagements sur le plan biophysique et socioéconomique. Ces plans doivent :
    • préciser les postes des personnes qui seront chargées de surveiller et de garantir la conformité aux engagements, et d'en répondre;
    • exposer les méthodes d'inspection, y compris les pouvoirs conférés aux inspecteurs de l'environnement;
    • indiquer les compétences requises, y compris la formation et l'expérience, de la part des personnes qui exerceront les fonctions d'inspection et de surveillance.
  2. Évaluer le besoin d'exercer une surveillance des éléments potentiellement touchés par le projet et, le cas échéant, décrire, de façon assez détaillée pour en montrer la pertinence et l'efficacité, le plan de surveillance de l'environnement qui sera mis en oeuvre pendant les étapes de la construction, de la remise en état et de l'exploitation du projet. Ce plan doit comprendre ce qui suit :
    • les procédures à suivre pour :
      1. cerner et suivre les enjeux environnementaux;
      2. résoudre les enjeux environnementaux particuliers du projet, ce qui comprend l'exécution de programmes d'échantillonnage ou d'enquêtes adaptées à chaque site, s'il y a lieu;
      3. surveiller l'efficacité des mesures d'atténuation et de remise en état, au regard des critères de remise en état fixés (voir les exigences relatives à chaque élément au tableau 6-4);
    • une description de la fréquence ou du calendrier de mise en oeuvre des procédures relevées ci-dessus;
    • les critères suivant lesquels on déterminera que certains enjeux environnementaux doivent faire l'objet de mesures de surveillance particulières.
  3. Lorsqu'un projet déclenche l'application de la LCÉE, juger de la nécessité d'exécuter des programmes de suivi visant des éléments donnés pour vérifier la justesse de l'ÉES et établir l'efficacité des mesures d'atténuation mises en oeuvre, spécialement s'il s'agit de mesures novatrices ou non éprouvées.

Orientation

L'ONÉ encourage les demandeurs à se servir des programmes pertinents de la compagnie pour étayer les composantes inspection, surveillance et suivi. Si ces programmes ont été déposés antérieurement auprès de l'Office, on indiquera le titre du document, la date de sa dernière révision, la date du dépôt et le numéro de dossier de l'ONÉ s'il est connu. Se reporter à la section 1.5 si des documents ont déjà été déposés auprès de l'Office. Le cas échéant, déposer toute mise à jour faite aux documents pour y intégrer le projet visé.

L'autorisation délivrée par l'Office peut être assortie de conditions selon lesquelles les compagnies doivent instaurer :

  • un programme de contrôle et de surveillance visant à assurer la protection de la ligne de transport d'électricité, du public et de l'environnement;
  • un programme de protection de l'environnement afin de prévoir, de prévenir, de gérer et d'atténuer les conditions qui pourraient nuire à l'environnement;
  • un programme de formation pour ceux de ses employés qui participent directement à l'exploitation de la ligne de transport d'électricité, comprenant des instructions sur les pratiques et procédures écologiques qui s'appliquent à l'exploitation au jour le jour de la ligne;
  • un programme de surveillance des modifications apportées à la conception, aux devis, aux normes ou aux procédures;
  • un manuel des mesures d'urgence.

Les compagnies pourraient également être tenues de :

  • concevoir des programmes d'inspection et de surveillance en fonction des questions connexes au projet, moyennant un niveau d'effort qui convient à la complexité ou à l'importance de l'enjeu environnemental ;
  • communiquer le plan d'inspection et de surveillance (p. ex., par le biais d'un PPE; pour plus de détails sur le PPE, voir le texte d'orientation à la section 6.2);
  • évaluer la nécessité d'un programme de suivi dans le but de vérifier la justesse de l'ÉES et l'efficacité des mesures d'atténuation prises, le cas échéant. Il peut être indiqué d'instaurer un programme de suivi, en conformité avec la LCÉE, dans les cas suivants :
    • le projet ou l'activité touche à des sujets de préoccupation régionaux;
    • le projet comporte des mesures d'atténuation novatrices ou non éprouvées dont la capacité à réduire les effets n'est pas connue de façon certaine;
    • un projet familier ou de caractère courant est proposé dans un cadre environnemental ou socioéconomique nouveau ou peu connu;
    • les conclusions tirées de l'ÉES suscitent des doutes.

Ce sont les autorités responsables qui décideront en définitive si un ou plusieurs programmes de suivi sont indiqués, et dans quels domaines.

La liste des enjeux environnementaux relevés à l'étape de l'ÉES, de même que leur emplacement, pourrait aider à préciser les domaines nécessitant une attention particulière lors de la surveillance.

L'Office peut exiger qu'on lui soumette des rapports de surveillance de l'environnement après la construction d'un projet. La période pour laquelle les rapports sont exigés est souvent de deux ou trois ans après la construction. Les projets qui nécessitent un plus long délai pour atteindre les objectifs de la remise en état (p. ex., des travaux dans la prairie naturelle) verront les rapports de surveillance soumis au bout d'un plus long délai. Les demandeurs peuvent demander un délai de rapport précis qui correspond à leurs programmes de surveillance prévus. Pour connaître les exigences de dépôt concernant les rapports de surveillance de l'environnement après la construction, se reporter à la rubrique D.

 

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Date de modification :
2011-11-25