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Gaz naturel liquéfié : perspective canadienne

Présenté par
Georgette Habib
Membre
Office national de l'énergie

Conférence du CERI sur le gaz naturel 2009
Calgary (Alberta)

24 février 2009

Gaz naturel liquéfié : perspective canadienne

Good morning.

Thank you very much Frank for this kind introduction. I wish to thank CERI and Carmen for the invitation to participate in this conference to speak about Liquefied Natural Gas from a Canadian perspective. It gives me a great pleasure to be here representing the NEB a public institution that is celebrating its 50th anniversary this year

The timing of this discussion is an opportune one for us as it coincides with the scheduled release date for our latest Energy Market Assessment, which just happens to be about LNG and where it's at in terms of Canadian development. The timing is also fitting, with Canada's first LNG import and regasification terminal (Canaport LNG in Saint John, New Brunswick) scheduled to come into service very shortly.

Before I get into more specifics on LNG, I thought that I would first give a bit of background on the National Energy Board.

Rôle de l'ONÉ en vertu de la Loi sur l'Office national de l'énergie

Rôle de l'ONÉ en vertu de la Loi sur l'Office national de l'énergie

L'Office national de l'énergie, ou l'ONÉ, est un organisme fédéral indépendant qui réglemente divers aspects du secteur énergétique de son ressort.

La raison d'être de l'Office est de promouvoir, dans l'intérêt du public canadien, la sûreté et la sécurité, la responsabilité environnementale et l'efficience de l'infrastructure et des marchés énergétiques, en s'en tenant au mandat conféré par le Parlement au chapitre de la réglementation des pipelines.

Les principales responsabilités de l'Office consistent à réglementer la construction et l'exploitation d'oléoducs et de gazoducs interprovinciaux et internationaux. De plus, l'Office réglemente les droits et tarifs pour les pipelines relevant de sa compétence. En termes de produits énergétiques, l'Office réglemente l'exportation du gaz naturel, du pétrole, des liquides du gaz naturel et de l'électricité ainsi que l'importation du gaz naturel. Enfin, l'Office réglemente l'exploration et la mise en valeur des ressources pétrolières et gazières dans les régions pionnières et les zones extracôtières non assujetties à des accords de gestion fédéraux ou provinciaux.

Revenant à notre discussion sur le GNL, j'aimerais souligner que l'ONÉ réglemente l'importation et l'exportation de gaz naturel au Canada. Cela inclut l'importation de GNL, l'exportation ultérieure de GNL regazéifié et l'exportation éventuelle de GNL dans sa forme initiale.

En outre, en ce qui a trait précisément au terminal méthanier Canaport (le seul au Canada jusqu'à présent), précisons que l'ONÉ réglemente le gazoduc Brunswick qui assure le transport depuis le terminal Canaport vers des marchés potentiels en empruntant le réseau de Maritimes & Northeast Pipeline.

L'ONÉ assume également une fonction de surveillance; il donne des conseils et de l'information sur les perspectives de l'offre et de la demande d'énergie au Canada. C'est ici qu'entre en jeu notre dernier rapport sur le GNL. Le Canada étant relativement nouveau dans le commerce mondial de GNL, certains consommateurs canadiens de gaz naturel ont demandé à l'ONÉ de faire une analyse pour les aider à mieux comprendre la dynamique du marché mondial du gaz naturel et du GNL ainsi que l'effet que pourrait avoir le GNL sur le marché du gaz naturel canadien.

Portée du rapport sur le GNL

Portée du rapport sur le GNL

En 2007, dans le rapport intitulé L'avenir énergétique du Canada - Scénario de référence et scénarios prospectifs jusqu'à 2030, l'Office a mentionné que le GNL pourrait jouer un rôle important dans l'avenir des approvisionnements énergétiques pour les Canadiens. La situation actuelle et à court terme concernant les prix du marché et des produits semble assez différente de ce qui prévalait alors. Les perspectives actuelles pour le GNL diffèrent passablement de ce qui était prévu il y a quelques années seulement quand les prix du gaz naturel en Amérique du Nord étaient élevés par rapport au reste du monde et le GNL était perçu comme une source d'énergie supplémentaire essentielle en divers points du continent, notamment au Canada. Aujourd'hui, les perspectives de la demande de GNL ont baissé par suite du ralentissement de la croissance économique, des prix instables de l'énergie et de la possibilité que d'autres options d'approvisionnement soient offertes, telles que l'importation de gaz par pipeline en Europe et la production croissante de gaz non classique en Amérique du Nord.

Le Canada étant relativement nouveau sur le marché mondial du GNL, cette évaluation du marché de l'énergie, ou ÉMÉ, donne un aperçu de l'offre, de la demande et du commerce de GNL à l'échelle mondiale. Elle montre aussi comment le GNL a évolué et comment il pourra influer sur les marchés et l'infrastructure du Canada au cours des prochaines années.

L'ÉMÉ comprend ce qui suit :

  • examen du commerce et de la mise en valeur du GNL dans le monde;
  • point de vue sur la situation du Canada et de l'Amérique du Nord par rapport au marché mondial;
  • aperçu de la mise en valeur potentielle du GNL et des implications possibles au Canada.

Principales observations du rapport

Principales observations du rapport

The key observations are:

Malgré l'incertitude économique qui règne à l'heure actuelle, les besoins mondiaux d'énergie et de gaz naturel devraient augmenter à long terme. Pour satisfaire la demande, les régions consommatrices continuent d'envisager des options visant à accroître l'approvisionnement en gaz, ce qui a stimulé la croissance des projets de GNL dans le monde. L'importation de GNL permet d'utiliser des ressources considérables de gaz naturel dans le monde pour compléter la production intérieure et contribue à assurer la disponibilité d'approvisionnements fiables et sûrs pour répondre aux besoins des régions consommatrices. À plus long terme, la reprise économique et les initiatives environnementales pourront aussi faire augmenter la demande de gaz naturel et de GNL.

L'Amérique du Nord a toujours eu besoin d'importations de GNL pour compléter sa production intérieure de gaz naturel, et les importations de GNL continueront vraisemblablement - en particulier dans les parties du continent où la production de gaz et l'infrastructure pipelinière sont plus limitées. Des projections récentes de l'EIA (l'Energy Information Administration des États-Unis) montrent que le GNL pourrait répondre à plus de 5 % des besoins en gaz naturel de l'Amérique du Nord d'ici 2015[1].

[1] Les projections internationales sur la production et la consommation de gaz sont basées sur l'International Energy Outlook de l'EIA (septembre 2008), et les projections américaines révisées sont basées sur le rapport plus récent de l'EIA, Annual Energy Outlook 2009 (publié en décembre 2008).

En général, l'Amérique du Nord représente le marché décisif pour le GNL sur la scène mondiale et elle utilise sa capacité importante de stockage souterrain de gaz naturel pour importer du GNL lorsque la demande de gaz naturel est plus faible sur d'autres marchés mondiaux. À l'avenir, l'ampleur des importations de GNL au Canada et en Amérique du Nord continuera de dépendre largement des conditions du marché et des parties prenantes, y compris les modalités contractuelles respectives et les besoins en GNL ailleurs dans le monde.

Du point du vue du transport, les projets de GNL canadiens ont habituellement un emplacement concurrentiel par rapport aux autres terminaux en Amérique du Nord et dans le monde.

Production et consommation mondiales de gaz naturel (2007)

Production et consommation mondiales de gaz naturel (2007)

Cette diapo illustre les principales régions consommatrices et productrices de gaz naturel.

  • En 2007, l'Asie orientale, l'Europe et l'Amérique du Nord ont consommé approximativement 55 billions de pieds cubes, soit plus de la moitié de la production mondiale totale.
  • De nouveaux marchés de GNL commencent à s'ouvrir (p. ex. : l'Amérique du Sud et d'autres pays de l'Asie et de l'Europe).
  • En termes de potentiel futur, la Russie et l'ancienne Union soviétique, ou l'AUS, et le Proche-Orient possèdent la grande majorité des réserves de gaz naturel, c'est-à-dire 70 %, qui sont estimées à 6 300 billions de pieds cubes. Ces régions devraient constituer la zone de croissance par excellence pour la production de gaz naturel et de GNL.

Consommation de gas naturel et importations de GNL en Amérique du Nord

Consommation de gas naturel et importations de GNL en Amérique du Nord

Jusqu'à tout dernièrement, la production nord-américaine de gaz naturel luttait pour neutraliser les reculs, et de grands efforts ont été déployés pour que la capacité d'importation et de regazéification de GNL réponde à la croissance prévue de la demande.

La croissance récente de la production américaine à partir de la formation de schistes de Barnett au Texas et d'autres objectifs de prospection comme celui de Haynesville, en Louisiane, portent à croire que d'autres ressources de schistes aux États-Unis et au Canada peuvent être exploitées.

Les projections actuelles de l'EIA montrent encore que l'écart entre la consommation et la production de gaz naturel s'élargira et d'ici 2015, le GNL pourrait répondre à plus de 5 % des besoins en gaz naturel en Amérique du Nord.

À court terme, la situation est plus incertaine, car la production américaine croissante et la demande de gaz naturel plus faible causées par le ralentissement économique ont fait baisser les besoins immédiats en GNL.

Capacité mondiale de liquéfaction et de regazéification de GNL

Capacité mondiale de liquéfaction et de regazéification de GNL

En ce qui a trait à la capacité actuelle et projetée de liquéfaction et de regazéification de GNL dans le monde, le rapport fait ressortir ce qui suit :

  • La capacité de regazéification augmente à un rythme beaucoup plus rapide que la liquéfaction (ou production de GNL) surtout dans le bassin atlantique (Amérique du Nord et Europe). La capacité de regazéification augmente à un rythme beaucoup plus rapide que la liquéfaction (ou production de GNL). Elle aura presque doublé d'ici 2015 et les ajouts se concentrent surtout dans le bassin atlantique (Amérique du Nord et Europe).
  • En général, une capacité de regazéification supérieure desservant des marchés multiples permet aux fournisseurs de GNL d'utiliser leurs installations de liquéfaction plus coûteuses à un niveau supérieur, et de rentabiliser leurs activités au maximum en desservant les marchés qui procurent le meilleur revenu net au moment de l'expédition.
  • La production de GNL s'accroît surtout au Moyen-Orient. La liquéfaction mondiale prend beaucouup plus de temps à se développer; elle devrait augmenter d'environ 5 Gpi3 /j au cours de la même période. Elle augmente relativement peu dans le bassin atlantique desservant l'Est de l'Amérique du Nord. La nouvelle filière d'approvisionnement de GNL au Moyen-Orient est bien située pour desservir les marchés des bassins atlantique et de l'Asie-Pacifique.
  • La grande capacité de regazéification maintiendra un marché concurrentiel pour le GNL. Elle permettra le commerce de GNL à court terme et une plus grande liquidité du marché.

Importations de GNL en Amérique du Nord et concurrence dans le bassin atlantique

Importations de GNL en Amérique du Nord et concurrence dans le bassin atlantique

Vu les importations nord-américaines relativement peu élevées et les différences considérables de prix entre l'Amérique du Nord et les autres marchés, la mondialisation et la convergence des prix mondiaux du GNL ne se produiront probablement pas de sitôt. Le prix du GNL dans les autres grands marchés mondiaux est plus étroitement lié au prix du pétrole brut ou des produits pétroliers, alors que le prix du gaz naturel en Amérique du Nord est déterminé par la concurrence dans les prix entre les différentes sources d'approvisionnement en gaz. Les différences de prix offrent des occasions d'échanges commerciaux entre les régions et auront un effet sur le flux de GNL. La capacité considérable de stockage souterrain de gaz naturel permet également à l'Amérique du Nord d'importer du GNL durant les périodes où la demande et les prix sont plus faibles dans les autres marchés, comme l'été, et de servir de marché de réserve pour le GNL mondial.

À l'aide du Point d'équilibre national au Royaume-Uni, représentant les prix européens, et du carrefour Henry pour l'Amérique du Nord, ce graphique montre comment les importations nord-américaines de GNL peuvent être influencées par les marchés mondiaux. L'influence a été particulièrement évidente à l'été 2007 : le temps doux et la faible demande ont fait baisser les prix du GNL en Europe, tandis que la demande et les prix du gaz naturel étaient élevés en Amérique du Nord. Les importations nord-américaines de GNL ont alors atteint des sommets. En 2008, la demande et les prix du GNL en Asie et en Europe étaient plus élevés qu'en Amérique du Nord, ce qui a fait diminuer la quantité de GNL acheminé vers l'Amérique du Nord puisque les fournisseurs pouvaient obtenir de meilleurs rendements en desservant ces marchés.

Exemple de frais de transport - Atlantique

Exemple de frais de transport - Atlantique

Les terminaux de regazéification dans l'Est du Canada ont un emplacement concurrentiel par rapport aux autres terminaux de l'Amérique du Nord.

  • Les frais de transport à partir des principales sources d'approvisionnement jusqu'à l'Est du Canada sont inférieurs à ce qu'il en coûte pour l'acheminement vers d'autres terminaux en Amérique du Nord.
  • Les terminaux de l'Est du Canada peuvent aussi desservir des marchés dans le Nord-Est des États-Unis. La région de la Nouvelle-Angleterre, en particulier, dépend du GNL pour une partie importante, soit 25 %, de son approvisionnement en gaz. Ces terminaux peuvent également desservir des marchés dans l'Est du Canada. Les prix en Nouvelle-Angleterre et dans l'Est du Canada sont toujours plus élevés que dans les autres marchés en Amérique du Nord.

Exemple de frais de transport de GNL - Asie-Pacifique

Exemple de frais de transport de GNL - Asie-Pacifique

Les terminaux d'importation et de regazéification de GNL sur la côte Ouest du Canada ont un emplacement concurrentiel par rapport aux autres terminaux en Amérique du Nord.

  • Les frais de transport à partir des principales sources d'approvisionnement jusqu'à la côte Ouest du Canada sont inférieurs à ce qu'il en coûte pour l'acheminement vers d'autres terminaux en Amérique du Nord ou dans l'ouest du Mexique.
  • Les prix en Amérique du Nord devront être élevés pour justifier les frais de transport supérieurs. Le GNL du bassin de l'Asie-Pacifique est beaucoup plus proche des grands marchés en Asie orientale.
  • Les terminaux de l'Ouest canadien serviraient vraisemblablement de marché de rechange ou de réserve, mais le raccordement avec les principaux marchés poserait des difficultés.

Mentionnons les points suivants au sujet de l'exportation éventuelle de GNL à partir de l'Ouest canadien :

  • La distance relativement courte et les frais d'expédition peu élevés vers les marchés de l'Asie orientale et la côte ouest des États-Unis et du Mexique représentent des avantages.
  • Le marché asiatique où les prix sont plus élevés peut attirer les producteurs de l'ouest.
  • L'étendue complète de la mise en valeur du gaz de schistes au Canada est encore incertaine.

Conclusions et observations

Conclusions et observations

La grande quantité de nouvelle capacité de regazéification ajoutée en Amérique du Nord, en Europe et en Asie orientale maintiendra probablement un marché compétitif pour l'offre mondiale de GNL.

Cependant, la quantité de GNL nécessaire dans chaque région est incertaine, étant donné la possibilité de plus grande exploitation d'autres options d'approvisionnement comme les importations de gaz naturel par pipeline vers l'Europe et la production de gaz non classique en Amérique du Nord.

L'instabilité récente des prix de l'énergie et des marchés financiers pourra avoir des conséquences profondes pour la mise en valeur et le financement futurs du GNL. Les obligations financières plus grandes des promoteurs pourraient restreindre la participation de nouveaux promoteurs moins établis qui ont joué un rôle instrumental dans certains projets de GNL récemment en Amérique du Nord.

Le marché nord-américain continuera de servir de réserve pour le GNL mondial, utilisant sa capacité considérable de stockage souterrain de gaz naturel afin d'importer du GNL pendant les périodes où la demande est plus faible dans d'autres marchés importants.

Il est vrai qu'un plus grand commerce international de GNL pourrait accroître la disponibilité de l'offre pour l'Amérique du Nord, mais on ne s'attend pas à la mondialisation complète ni à la convergence des prix sur le marché de GNL d'ici 2015.

Dans le contexte du transport de GNL, les projets canadiens sont bien situés et devraient pouvoir faire concurrence à d'autres projets nord-américains.

Gas naturel liquéfié : perspective canadienne

Liquefied Natural Gas: A Canadian Perspective

En conclusion, je dirai simplement que la mise en valeur et les marchés au Canada et en Amérique du Nord continueront de s'adapter et d'évoluer en fonction du marché mondial de gaz naturel et de GNL.

Notre rapport ne renferme certes pas toutes les réponses (personne ne les a toutes, que je sache), mais il se veut un document de référence utile et il donne la perspective canadienne sur la mise en valeur du GNL, qui pourrait vous aider à voir comment les choses sont susceptibles d'évoluer.

Des questions?

Des questions?

Je me ferai maintenant un plaisir de répondre à vos questions et d'écouter vos commentaires.

Si vous désirez plus d'information ou un exemplaire gratuit du rapport, communiquez avec notre bureau ou consultez notre site Web.

 

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Date de modification :
2011-10-28