Article vedette : La production, le transport et le raffinage du pétrole brut au Canada expliqués

Date de diffusion : 2016-04-29

En 2015, pendant que les volumes de production et d’exportation de pétrole brut canadien atteignaient de nouveaux sommets, les importations et la production des raffineries empruntaient la direction contraire et reculaient. Ces deux situations parallèles ont fait en sorte qu’un équilibre s’est établi entre l’offre totale (production plus importations) et l’utilisation totale (exportations plus utilisation par les raffineries) de pétrole à un niveau record de près de 4,7 millions de barils par jour (Mb/j)Note de bas de page 1

Sources et description

Sources : Office national de l’énergie, Statistique Canada

Description : Le graphique ci-dessus illustre l’offre et l’utilisation du pétrole brut canadien de 2010 à 2015. On peut observer ce qui suit durant cette période :

  • la production a constamment augmenté, passant de 2,83 Mb/j à 3,91 Mb/j
  • les importations ont diminué de 0,82 Mb/j à 0,64 Mb/j en 2014, pour ensuite remonter à 0,74 Mb/j en 2015
  • les exportations par pipeline n’ont pas cessé d’augmenter, passant de 1,82 Mb/j à 2,79 Mb/j
  • les exportations par chemin de fer, qui étaient presque nulles au début de la période, sont passées à 0,163 Mb/j en 2014 pour ensuite plonger à 0,11 Mb/j en 2015
  • les exportations par bateaux sont demeurées relativement stables à 0,14 Mb/j
  • l’utilisation du pétrole par les raffineries s’est maintenue autour de 1,67 Mb/j et étaient en hausse en 2015, pour la première fois depuis 2012

Plus de 95 % de la production de pétrole brut au Canada en 2015, qui s’est établie à 3,9 Mb/j, provenaient de gisements situés dans l’Ouest canadien, en très grande partie dans le nord de l’Alberta. Un réseau de pipelines sous réglementation provinciale achemine le pétrole brut du nord de l’Alberta jusqu’aux grands carrefours de pipelines et de raffineries situés à Edmonton et à Hardisty. C’est aussi à ces endroits que l’on établit les prix de référence pour les divers types de pétrole.

Au carrefour d’Edmonton, où se trouvent des terminaux de stockage, on mélange le pétrole brut léger de l’Alberta qui est ensuite offert sur le marché au prix de référence « mélange non corrosif mixte » (MSW). À Hardisty, le pétrole lourd de l’Alberta est acheminé jusqu’au réseau principal d’Enbridge, au pipeline Keystone ou les installations ferroviaires de chargement, où plusieurs producteurs mettent en commun et commercialisent leur produit, qui est vendu au prix de référence Western Canadian Select (WCS).

Les raffineries d’Edmonton produisent la plus grande partie de l’essence automobile, du diesel et du carburant aviation utilisés en Alberta. Elles complètent également l’offre de produits raffinés de la Saskatchewan, du Manitoba et de la Colombie-Britannique. Le gros des produits raffinés à Edmonton est transporté par l’Alberta Products Pipeline, le réseau principal d’Enbridge et le pipeline Trans Mountain vers divers terminaux de commercialisation répartis dans l’Ouest canadien, d’où se fait la distribution, généralement par transport routier et ferroviaire.

Sources et description

Sources : Office, ACPP et sites Web des sociétés

Description : La carte ci-dessus montre les réseaux de transport du pétrole dans l’Ouest canadien, dont les réseaux ferroviaires et les principaux pipelines (réglementés par l’Office ou les provinces). On y voit aussi l’emplacement des raffineries et des usines de valorisation de la région. On notera l’importance des carrefours d’Edmonton et de Hardisty sur la carte, points d’arrivée par pipelines du pétrole provenant du nord de l’Alberta et points de départ aussi par pipelines (généralement plus gros) du pétrole les autres provinces et les États Unis. On compte huit raffineries dans l’Ouest canadien, mais la plus grande partie de la capacité de production est concentrée à Edmonton, Regina et Vancouver. Deux de ces raffineries produisent principalement de l’asphalte à partir de pétrole lourd. La raffinerie de Moosejaw est aussi un centre de valorisation du pétrole lourd; on trouve six usines de traitement du pétrole à Fort McMurray et Llyodminster.

En 2015, un volume de 2,8 Mb/j de pétrole brut de l’Ouest canadien a été exporté à partir de six pipelines réglementés par l’Office (réseau principal d’Enbridge, Keystone, Trans Mountain, Express, Milk River et Aurora). À ce volume, il faut ajouter 111 kb/j de la production de l’Ouest du Canada qui ont été exportés aux États-Unis par transport ferroviaire et 143 kb/j supplémentaires exploités au large de la côte Est du Canada qui ont été exportés par transport maritime. La région du Midwest constitue la principale destination des exportations canadiennes; toutefois, ce sont celles vers la côte du golfe du Mexique qui connaissent la croissance la plus rapide depuis quelques années. Ces deux régions ont une capacité considérable de raffinage du pétrole brut lourd canadien. Dans le cas des raffineries qui se trouvent à l’est de l’Ontario, elles utilisent de plus en plus de pétrole provenant de l’Ouest du Canada et des États-Unis.

Environ 400 kb/j de pétrole brut de l’Ouest canadien ont pris le chemin des raffineries situées en Ontario, au Québec et au Nouveau Brunswick. L’essentiel de ce volume a été acheminé sur le réseau d’Enbridge (réseau principal et canalisation 9), tandis qu’un volume d’environ 45 kb/j a été transporté par chemin de fer. À l’heure actuelle, les raffineries établies en Ontario s’alimentent presque exclusivement de pétrole brut de l’Ouest canadien. Dans le cas des raffineries qui se trouvent à l’est de l’Ontario, elles utilisent de plus en plus de pétrole brut provenant de l’Ouest du Canada et des États-Unis. La presque totalité du pétrole importé au Canada sert à alimenter les raffineries situées dans l’Est.

Sources et description

Sources : Office, ACPP et sites Web des sociétés

Description : La carte ci-dessus montre les réseaux de transport du pétrole en Ontario et dans l’Est du Canada, dont les réseaux ferroviaires et les principaux pipelines (réglementés par l’Office ou les provinces). Les raffineries qui se trouvent dans la région y sont indiquées. Montréal est un carrefour central sur cette carte, puisqu’elle constitue, soit le point d’aboutissement (canalisation 9, pipeline Portland-Montréal et pipeline Saint-Laurent), soit le point de départ (pipeline Trans-Nord) de tous les oléoducs en exploitation. Le réseau ferroviaire CP prend également fin à Montréal, tandis que celui du CN s’allonge jusque dans le Nord du Québec et les Maritimes. On peut aussi voir sur la carte le tracé de l’oléoduc Énergie Est proposé, et qui relierait les trois plus grandes raffineries de l’Est du Canada (Suncor, Valero et Irving).

Les raffineries du Sud de l’Ontario constituent la principale source d’alimentation en produits pétroliers raffinés de cette région. Par contre, la production de produits raffinés des grandes raffineries de Saint John, Québec et Montréal excède les besoins de la région. Deux pipelines (Trans Nord et Saint-Laurent) transportent l’excédent sur le territoire du Québec et vers l’Ontario, tandis que les Maritimes sont desservies par bateaux.

 

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