Aperçu du marché : 50 bougies pour Avenir énergétique au Canada

Date de diffusion : 2017-12-13

La récente parution du rapport Avenir énergétique du Canada en 2017 – Offre et demande énergétiques à l’horizon 2040 (Avenir énergétique 2017) a marqué le 50e anniversaire de l’établissement de perspectives détaillées de l’offre et de la demande d’énergie au Canada pour l’Office national de l’énergie. Le premier rapport, publié en 1967, proposait des projections jusqu’en 1985 et traitait de nombreuses questions énergétiques qui sont toujours d’actualité au Canada. Comme le fait encore Avenir énergétique 2017, le rapport de 1967 accordait une grande place aux liens qui existent entre l’énergie, l’environnement et la technologie. Au nombre des thèmes dignes de mention abordés dans le tout premier rapport, on relève l’avenir des voitures électriques et des piles à combustible, le rôle des technologies émergentes dans la production d’électricité (le nucléaire, à l’époque) et l’avenir de l’exploitation des sables bitumineux et du pétrole et du gaz au large des côtes.

Les graphiques et les photos qui sont présentés dans le présent numéro rappellent certains points saillants des projections énergétiques de l’Office d’il y a un demi-siècle.

Comme c’est le cas dans Avenir énergétique 2017,
le rapport Prévisions de l’offre et de la demande de 1967 de l’Office
traitait abondamment des technologies de l’avenir.

Diapositive 1 – pages couvertures de rapports
Description

Sur cette photo, on peut voir deux pages couvertures de rapports de prévisions de l’Office : celle de gauche, qui remonte à 1967, était toute simple et avait été préparée à la machine à écrire; celle de droite, l’édition 2017, est agrémentée de photos d’ingénieurs, de véhicules électriques, d’un traversier alimenté au GNL et d’un couple s’informant sur les appareils à haut rendement énergétique.

Les véhicules électriques figuraient au nombre des technologies de l’avenir qui retenait l’attention dans le rapport de 1967. La prévision de 1967 à leur égard était la suivante :

« On a beaucoup parlé de l’avènement d’une voiture électrique qui mettrait fin aux émanations nauséabondes des moteurs à combustion interne, à essence ou au diesel, qui propulsent voitures et camions, mais le proche avenir ne semble pas nous réserver des solutions immédiates et pratiques.

L’éventuelle place que pourraient occuper les véhicules électriques sur le marché des véhicules de transport dépendra en grande partie des habitudes d’achat des foyers désireux de posséder plus d’une voiture et de l’attrait pratique des diverses offres de services de transport en commun misant sur des véhicules électriques.

S’il paraît vraisemblable de penser que ces véhicules se tailleront éventuellement une place sur le marché dans un avenir rapproché, il nous semble que ce sera à titre de compléments aux véhicules traditionnels. Et, nous ne nous attendons pas à ce que cette technologie remplace de façon significative le moteur à combustion interne des véhicules routiers actuels au cours des 20 prochaines années. »

En 1967, l’exploitation des sables bitumineux de l’Athabasca commençait.
Les scénarios de production future de pétrole du rapport reposaient sur les activités d’exploration.

Diapositive 2 – Production totale de pétrole et de LGN
Description

Ce graphique compare la production réelle de pétrole et de LGN au Canada de 1965 à 1985 en regard de la projection de 1967. Entreprise véritablement en 1965, la production s’est élevée à 336 millions de barils par année (Mb/a) cette année-là, avant d’augmenter et d’atteindre un sommet de 772 Mb/a en 1973. À partir de ce moment, elle a diminué et s’établissait à 661 Mb/a en 1985. En 1967, on prévoyait que la production atteindrait 509 Mb/a à l’horizon 1973. Pour la période qui se situe après 1975, le rapport de 1967 explorait trois scénarios distincts de hausse de la production. Dans le scénario A, on prévoyait qu’elle augmenterait pour passer de 558 Mb/a à 898 Mb/a durant la période; les scénarios B et C misaient pour leur part sur une hausse de la production qui devait atteindre 1 012 et 1 124 Mb/a, respectivement à la fin de la période.

L’usine de la Great Canadian Oil Sands Ltd. est devenue la première usine à produire du pétrole brut synthétique à partir des sables bitumineux de l’Athabasca. À cette époque, les acteurs de l’industrie multipliaient les efforts de recherche et développement dans les techniques de récupération in situ. En 1967, l’exploitation en Alberta était encadrée par une politique qui favorisait d’abord les sources de pétrole classique, et la production des sables bitumineux était réglementée. Selon cette politique, cette dernière était plafonnée à 5 % de la production de pétrole classique et toute hausse devait être motivée par une expansion du marché. En outre, l’augmentation était liée à la durée de production des réserves prouvées de pétrole classique Note de bas de page 1.

Partant de la prémisse que cette politique serait maintenue, le rapport de 1967 prévoyait que les réserves et la production futures du Canada proviendraient de gisements extracôtiers et de nouvelles découvertes de pétrole classiqueNote de bas de page 2. Or, vu l’incertitude de cette hypothèse, le rapport proposait trois scénarios de production de pétrole et de liquides de gaz naturel au pays :

Scénario A – Les activités d’exploration demeuraient stables après 1967Note de bas de page 3,

Scénario B – Les activités d’exploration augmentaient progressivement après 1967 jusqu’à une hausse de 50 % en 1985.

Scénario C – Les activités d’exploration augmentaient progressivement après 1967 jusqu’à une hausse de 100 % en 1985.

La production réelle a surpassé la projection de 1967 jusqu’au milieu des années 1970.

Le rapport faisait état d’une hausse relativement rapide des ventes de gaz naturel
et de produits pétroliers raffinés, projection qui s’est avérée plutôt juste
pendant une bonne partie de la période visée.

Diapositive 3 – Ventes de gaz naturel et produits pétroliers raffinés
Description

Ce graphique compare les ventes réelles de gaz naturel et de produits pétroliers raffinés canadiens aux projections établies en 1967. On prévoyait à l’époque que les ventes de gaz naturel augmenteraient pour passer de 573 milliards de pieds cubes (Gpi³) en 1965 à 1 752,5 Gpi³ en 1985. En fait, à la fin de la période, elles s’établissaient à 1 770 Gpi³. Quant aux ventes de produits pétroliers raffinés, on misait sur une hausse qui les porterait de 1 065 milliers de barils par jour (kb/j) en 1965 à 2 301 kb/j en 1985. Les ventes réelles s’élevaient à 1 339 kb/j au terme de la période. On note toutefois que la projection concernant des ventes de produits pétroliers raffinés a suivi de près les données réelles jusqu’en 1979. En effet, on projetait qu’elles augmenteraient pour atteindre 1 841 kb/j en 1979 quand, en réalité, elles se sont chiffrées à 1 768 kb/j. Après 1979, les ventes réelles ont fléchi, de 1 768 kb/j à 1 339 kb/j en 1985.

Les prévisions optimistes de croissance démographique et du produit intérieur brut (PIB) ont incité les auteurs d’alors à projeter un essor marqué de la croissance de la demande énergétiqueNote de bas de page 4. Ainsi, on avait prévu une augmentation annuelle des ventes de gaz naturel de 5,75 % de 1965 à 1985, et la hausse annuelle réelle a été de 5,80 %. Pour ce qui est des ventes de gaz naturel pour usages industriels en 1985, la projection a excédé la réalité de 2,2 milliards de pieds cubes, soit un écart de 0,24 % entre les deux. À titre de comparaison, dans le scénario de référence d’Avenir énergétique 2017, on prévoit que la demande de gaz naturel au Canada augmentera de 0,89 % par année de 2016 à 2040.

Pour la période de 1965 à 1985, on comptait sur une hausse annuelle des ventes de produits pétroliers raffinés de 3,93 %; au final, elle s’est chiffrée en moyenne à 1,12 %. Soulignons que l’écart entre la projection et la tendance réelle est apparu au début des années 1980, lorsque les prix mondiaux du pétrole ont atteint des seuils records et que l’économie canadienne est entrée en récession.

Le rapport, qui estimait que le nucléaire était la solution d’avenir
pour la production d’électricité au Canada, a été un peu trop optimiste.

Diapositive 4 – Production d'électricité selon le combustible
Description

Ces trois diagrammes à secteurs ventilent et comparent la production canadienne d’électricité selon la source en 1965 à la projection de 1967 pour 1985 et aux parts réelles de la production qu’elle occupait en 1985. En 1965, l’hydroélectricité comptait pour 79 % de la production d’électricité et les combustibles fossiles, pour 21 %. On estimait qu’en 1985, l’hydroélectricité représenterait 50 % de la production totale, le nucléaire, 33 %, et les combustibles fossiles, 17 %. En réalité, toujours en 1985, l’hydroélectricité fournissait 66 % de la production totale, le nucléaire, 14 %, et les combustibles fossiles, 20 %.

Deux hypothèses fondamentales ont conduit à une projection d’essor du nucléaire. Dans la première, on s’attendait à ce que les coûts de production d’électricité au moyen de cette énergie soient du même ordre que ceux des sources de production classiques, ou inférieurs. Selon la seconde, les pressions exercées pour réduire les émissions produites par les combustibles fossiles donneraient à la production nucléaire une occasion de satisfaire la demande canadienne. C’est en Ontario principalement où l’on prévoyait une véritable percée du nucléaire. Selon la projection de 1967, le nucléaire devait procurer 58,5 % de la production d’électricité de cette province en 1985. En 1985, elle représentait 14 % de la production totale d’électricité au Canada, soit une hausse de 0,28 % par rapport à 1965. Voici comment on analysait les thèmes de la pollution et du portefeuille d’électricité dans la projection de 1967 :

« La présente étude suppose de façon générale que la pression sociale pour réduire la pollution atmosphérique pourrait freiner considérablement la croissance de la consommation de pétrole pour usages industriels, y compris pour la production d'électricité, et ralentir notablement l’utilisation du charbon. Par conséquent, on s’attend à ce que ces facteurs stimulent la production d’électricité au moyen du nucléaire et l’adoption du gaz. »

On a grandement sous-estimé la production future de charbon au Canada

Diapositive 5 – Production et exportations canadiennes nettes de charbon
Description

Ce graphique compare la projection de 1967 et les données réelles pour la production et les exportations canadiennes nettes de charbon. On prévoyait à l’époque que la production de charbon augmenterait pour passer de 11 588 tonnes courtes en 1965 à 26 200 tonnes courtes en 1985. La production réelle s’est élevée à 66 889 tonnes courtes cette année-là. Dans la projection de 1967, on s’attendait à ce que les importations de charbon surpassent les exportations et créent un bilan négatif croissant, de -15 050 tonnes courtes en 1965 à -21 895 tonnes courtes en 1985. Dans la réalité, les exportations nettes canadiennes de charbon ont plutôt commencé à augmenter au début des années 1970 si bien qu’en 1981, le bilan des exportations nettes était positif. En 1985, le Canada exportait plus de charbon qu’il en importait, et les exportations nettes atteignaient 13 017 tonnes courtes.

Selon la prévision du rapport de 1967, les importations de charbon devaient surpasser les exportations et entraîner un déficit grandissant, qui devait passer de -15 000 tonnes en 1966 à un peu moins de 22 000 tonnes en 1985. Or, en 1981, les exportations de charbon excédaient les importations et en 1985, le Canada a exporté 13 000 tonnes courtes de charbon de plus qu’il en a importées.

 

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