Aperçu des exportations et importations de pétrole en 2015

  2015 2014 2013 2012 2011
Volumes (10³m³/j)
ExportationsNote de bas de page 1 484,0 453,7 415,3 372,6 340,0
Moins importationsNote de bas de page 2 90,1 86,4 102,1 115,8 108,0
Exportations nettes 393,9 367,3 313,2 256,8 232,0
Prix moyen ($ CA/m³)
ExportationsNote de bas de page 3 321,56 552,56 539,29 526,31 551,22
ImportationsNote de bas de page 4 420,81 639,38 703,29 701,45 692,76
Valeur (G $ CA)
ExportationsNote de bas de page 5 56,8 91,5 81,8 71,7 68,4
ImportationsNote de bas de page 6 13,8 20,2 26,2 29,0 27,1
Revenu net 43,0 71,3 55,6 42,7 41,3

Sources : Données de l’Office, EIA, taux de change de la Banque du Canada et Statistique Canada (nombres arrondis)

  • En 2015, les exportations nettes se sont élevées à environ 393,9 milliers de mètres cubes par jour (10³m³/j), une hausse de 26,6 10³m³/j [167 314 barils par jour (b/j)]Note de bas de page 7 ou de 7,2 %, grosso modo, comparativement aux volumes enregistrés en 2014.
  • Toujours en 2015, le prix moyen des exportations s’est établi à 321,56 $ CA le mètre cube ($ CA/m³), un repli de 231,00 $ CA/m³ le mètre cube ou 41,8 % par rapport à 2014.
  • Le prix moyen du pétrole brut importé a quant à lui diminué de quelque 218 $ CA/m³ ou 34 % de 2014 à 2015, pour se situer à 420,81 $ CA.
  • Pour sa part, la valeur des exportations canadiennes de pétrole brut en 2015, soit 56,8 milliards de dollars CA (G $ CA), a reculé de plus ou moins 37,9 % depuis 2014.
  • Alors que la valeur des exportations canadiennes de pétrole brut avait augmenté au cours des cinq années précédentes, elle a beaucoup diminué en 2015 du fait de la faiblesse accentuée du dollar canadien et d’un prix moyen lui aussi plus faible sur l’année.
  • La valeur des importations canadiennes de pétrole brut, elle, a totalisé 13,8 G $ CA, un recul de 31,7 %, quand on compare ce montant aux chiffres de 2014, surtout attribuable à la diminution du prix moyen des pétroles bruts à base de Brent importés en 2015.
  • Enfin, le revenu net a été ramené à 43,0 G $ CA en 2015, soit 39,7 % de moins qu’en 2014.

Figure 1 : Volumes de pétrole brut exporté par le Canada, 2006-2015

Figure 1 : Volumes de pétrole brut exporté par le Canada, 2006-2015

Source : Données de l’Office tirées du SSP au 22 avril 2016 (nombres arrondis)

  • Les exportations de pétrole brut ont augmenté au cours des dix dernières années alors que pour les importations, la tendance a été à la baisse (voir figure 2).
  • En 2015, les exportations de pétrole ont ainsi augmenté de plus de 30,3 10³m³/j, soit de 190,5 milliers de barils par jour (kb/j) ou approximativement 7 % sur l’année.
  • Les exportations de pétrole ont poursuivi sur leur lancée des dix années précédentes alors qu’elles ont atteint 484 10³m³/j (3 000 kb/j) en 2015. En 2006, ces chiffres étaient de 285,5 10³m³/j (1 795 kb/j), pour une augmentation de quelque 69,5 % au cours de cette période.

Figure 2 : Volumes de pétrole brut importé au Canada, 2006-2015

Figure 2 : Volumes de pétrole brut importé au Canada, 2006-2015

Sources : Statistique Canada, tableau CANSIM 134-0001 et données de l’Office au 27 avril 2016 (nombres arrondis)

  • En 2015, les importations de pétrole au Canada ont augmenté de 4,3 % par rapport à 2014 pour atteindre 90,1 10³m³/j (566,7 kb/j).
  • La tendance enregistrée au cours des dix dernières années pour les importations de pétrole a donc été inversée. La seule autre augmentation pendant cette période de dix ans, constatée en 2012, tenait à des importations supplémentaires de diluants/condensats (hydrocarbures légers) visant à faciliter l’acheminement de pétrole plus lourd sur les réseaux pipeliniers. La hausse de 2015 est principalement attribuable à la contraction des prix au comptant du Brent, mais elle est également le résultat de bruts légers américains proposés à des prix attrayants pour les raffineries de l’Est du Canada.
  • De 2006 à 2015, les importations ont été amputées d’environ un tiers.

Figure 3 : Volumes nets de pétrole brut exporté par le Canada, 2006-2015

Figure 3 : Volumes nets de pétrole brut exporté par le Canada, 2006-2015

Source : Données de l’Office tirées du SSP au 22 avril 2016 (nombres arrondis)

  • En 2015, les exportations nettes de pétrole ont été de 393,9 10³m³/j, en progression de 7,2 % ou 26,6 10³m³/j comparativement aux niveaux de 2014.
  • Depuis 2006, les volumes nets d’exportation de pétrole brut ont fait un bond de plus de 162 %, passant de 150 10³m³/j (943,5 kb/j) en 2006 à 393,9 10³m³/j (autour de 2 500 kb/j) en 2015.

Figure 4 : Volumes de pétrole brut exporté par le Canada selon la destination, 2006-2015

Figure 4 : Volumes de pétrole brut exporté par le Canada selon la destination, 2006-2015

Source : Office (nombres arrondis)

  • Dans l’ensemble, les exportations de pétrole brut du Canada à destination des États-Unis en 2015 ont augmenté de 6 % comparativement à 2014.
  • Les exportations de pétrole du Canada à destination de la côte Est des États-Unis (PADD I) ont diminué de 1,1 million de mètres cubes (Mm³), soit presque 7 millions de barils (Mb), par rapport à celles de 2014. Cette destination représentait environ 7,6 % de toutes les exportations de pétrole brut du Canada en 2015.
  • Le Midwest américain (PADD II) est demeuré le plus important marché pour les exportations de pétrole brut canadien, représentant 63 % de celles-ci en 2015 avec 111,5 Mm³ (701 Mb).
  • Pour leur part, les exportations de pétrole brut du Canada vers la côte américaine du golfe du Mexique (PADD III) ont augmenté de façon notable. En 2015, elles ont atteint 22,8 Mm³ (plus de 143 Mb), ce qui représentait 13 % de toutes ces exportations, alors qu’elles se situaient approximativement à 10,8 Mm³ (68 Mb) en 2014, pour une augmentation de 111 % sur un an.
  • La région des Rocheuses américaines (PADD IV) a reçu plus de 15,0 Mm³ (94 Mb) de pétrole brut exporté du Canada en 2015, ce qui représentait une part de quelque 9 % de l’ensemble des exportations canadiennes de ce produit.
  • La côte Ouest des États-Unis (PADD V) a quant à elle reçu plus de 12,4 Mm³ (78 Mb) de pétrole brut exporté du Canada, contre 11,7 Mm³ (plus de 73 Mb) en 2014. En 2015, ce marché a accueilli un peu plus de 6,0 % des exportations canadiennes de ce même produit.
  • Les exportations ailleurs qu’aux États-Unis ont beaucoup diminué en 2015, s’établissant à 1,5 Mm³ (plus de 9 Mb) alors qu’elles atteignaient 4,6 Mm³ (29 Mb) en 2014. Pendant ce temps, la part de telles exportations à partir du Canada représentée par ces marchés a régressé, de 2,8 % à 1 %.

Commentaires

Le grand virage de l’offre et de la demande de pétrole sur le marché mondial s’est poursuivi en 2015. Du côté des États-Unis, les chambardements attribuables aux gisements schisteux ont continué d’avoir une incidence majeure sur ce commerce. À l’échelle du continent, une production accrue tirée justement du pétrole de schiste américain mais aussi des sables bitumineux, au Canada, a ajouté à l’offre sur la scène internationale. L’année 2015 a ainsi été témoin d’une croissance des approvisionnements. Bel exemple du vent de changement qui souffle sur les marchés mondiaux, en décembre 2015 le congrès américain a levé son interdiction d’exporter du pétrole brut, imposée plus de 40 ans auparavant à l’époque de l’embargo pétrolier imposé par les pays arabes pendant les années 1970.Note de bas de page 8 C’est ainsi qu’à la fin de 2015, du pétrole brut exporté des États-Unis était destiné à des raffineries européennes.

Les prix moyens du pétrole brut sur la planète ont continué de régresser en 2015 après la glissade de 2014 et différentes sources ont relevé de fortes fluctuations. Le West Texas Intermediate à Cushing, en Oklahoma, s’est retrouvé à 35 $ US le baril, du jamais vu depuis six ans. Son prix moyen sur l’année s’est établi à 50 $ US alors que celui du brut à base de Brent, étalon pour la mer du Nord, s’est pour sa part situé à 55 $ US le baril.Note de bas de page 9

À la fin de 2015, nombreux étaient les observateurs du marché pétrolier qui avaient constaté un mouvement radical sur ces marchés en Amérique du Nord. La hausse de la production américaine tirée de gisements schisteux a mené à une mutation profonde des États-Unis et ce pays, comptant désormais parmi les plus importants producteurs, a commencé à exporter du pétrole brut alors qu’il en était un grand importateur depuis de nombreuses années. Cette évolution de la situation, alliée à un ralentissement attendu de la demande, surtout en Asie, a mené à une offre mondiale encore plus imposante à la fin de 2015.

Dans la majorité des cas, les exportations de pétrole brut du Canada en 2015 étaient destinées aux États-Unis alors que celles vers les autres pays ont beaucoup diminué, représentant 1 % de l’ensemble de ces exportations contre 2,8 % un an plus tôt. C’est donc dire que le Canada s’en est remis presque exclusivement aux États-Unis pour de telles exportations. Leur forte augmentation à destination du marché de la côte américaine du golfe du Mexique (PADD III) est attribuable à un accroissement de la capacité pipelinièreNote de bas de page 10

L’année 2015 a été la cinquième de suite au cours de laquelle les exportations canadiennes de pétrole brut ont augmenté. Depuis 2010, le Canada a ainsi disposé sur le marché mondial, sous forme d’exportations nettes, de presque 1,3 Mb par jour de pétrole brut. Pour leur part, les importations canadiennes de pétrole brut ont elles aussi augmenté en 2015, notamment en raison d’une disponibilité plus grande de bruts légers américains à des prix concurrentielsNote de bas de page 11.

Entre 2014 et 2015, le prix annuel moyen tiré des exportations de pétrole brut a régressé de 42 %. Donc, même si les volumes ont été supérieurs en 2015, la valeur des exportations de pétrole brut canadien a diminué, s’établissant à 56,8 G $ CA alors qu’elle atteignait 91,5 G $ CA un an plus tôt.

Les exportations canadiennes sont pour la plupart acheminées par pipeline, mais chemins de fer, navires et camions sont aussi utilisés. Celles par chemin de fer ont connu une forte régression de plus de 30 % en un an, passant d’environ 9,4 Mm³ (59,1 Mb) en 2014 à plus ou moins 6,5 Mm³ (40,9 Mb) en 2015Note de bas de page 12 Ce recul est en partie le résultat d’une plus grande capacité pipelinière, un facteur qui a permis de désengorger les réseaux, de la possibilité d’importer d’outre-mer à prix concurrentiel et du relèvement des coûts de transport par train. Les exportations canadiennes de pétrole brut par chemin de fer à destination de la côte Est des États-Unis (PADD I) ont ainsi été comprimées et alors qu’elles atteignaient plus de 5 Mm³ (approximativement 31,5 Mb) en 2014, elles ont plafonné à un peu moins de 2,5 mm³ (15,7 Mb) en 2015.

 

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