Le rôle du Canada dans le marché mondial du GNL – Analyse des marchés de l’énergie

L’avenir de l’industrie du GNL au Canada

Si de nombreuses licences d’exportation de GNL ont été accordées au Canada, ce ne sont pas tous les projets qui seront réalisés. Le Canada arrive tardivement sur le marché mondial d’exportation de GNL, qui devient de plus en plus concurrentiel à mesure que de nouvelles installations sont construites partout dans le monde. Voici un résumé des points forts et des contraintes du Canada sur le marché mondial du GNL.

Avantages

  • Les projets de la côte Ouest du Canada sont situés près d’abondantes réserves de gaz de schiste et de réservoirs étanches (zones de Montney, de Deep Basin et de Horn River), qui représentent 50 % de la production canadienne actuelle.
  • Les coûts d’exploitation dans la zone la plus concurrentielle sont relativement faibles, ce qui améliore la rentabilité des exportations de GNL du Canada, comparativement à certains projets internationaux de GNL qui paient plus cher leur approvisionnement en gaz (p. ex., gaz de bassins extracôtiers en eau profonde).
  • Les projets de la côte Ouest du Canada sont situés plus près des principaux marchés asiatiques (d’environ 5 000 milles marins) que les installations existantes aux États-Unis (situées sur la côte du golfe du Mexique et sur la côte Est) et n’ont pas à assumer le passage par le canal de PanamaNote de bas de page 7. La proximité à l’Asie est un des principaux avantages du Canada par rapport aux projets de la côte du golfe du Mexique. Le Canada est aussi situé plus près de l’Asie (d’environ 1 000 milles marins) que certains pays d’Afrique de l’Ouest, comme le Nigeria, disposant d’importantes installations de liquéfaction.
  • Les projets de la côte Est du Canada sont situés plus près des marchés d’importation européens (d’environ 2 000 milles marins) que les projets de la côte américaine du golfe du Mexique et que les grands exportateurs internationaux de GNL, comme l’Australie, le Qatar et la Malaisie.
  • Les incitations fiscales accordées aux installations canadiennes de GNL leur procurent un avantage financier important.

Désavantages concurrentiels

  • Traditionnellement, la faiblesse des prix du gaz et l’offre abondante dans les principaux marchés du gaz naturel font en sorte qu’il est difficile pour les projets de GNL canadiens de conclure des contrats à long terme. La tendance actuelle du marché s’oriente vers les transactions à court terme ou au comptant, ce qui rend généralement plus difficile le financement des investissements de plusieurs milliards de dollars dans de nouvelles installations de GNL.
  • La plupart des projets de GNL envisagés au Canada dépendraient de sources d’approvisionnement terrestres situées dans le Nord-Est de la Colombie-Britannique et en Alberta. Cela nécessiterait la construction d’importants gazoducs de longue distance ou l’amélioration des réseaux existants pour permettre le transport du gaz vers les installations côtières de liquéfaction – ce qui représente des coûts supplémentaires importants et requiert des approbations réglementaires. En comparaison, beaucoup de régions productrices de GNL dans le monde, y compris l’Australie, s’approvisionnent principalement à même des gisements de gaz extracôtiers.
  • Les projets canadiens de GNL seraient localisés sur des sites non aménagés et coûteraient donc plus cher que les projets américains construits sur les sites de terminaux d’importation de GNL existants.
  • La population est de plus en plus préoccupée par la concurrence entre les différentes utilisations des terres et des ressources marines, les répercussions locales de la fracturation hydraulique, le tracé des pipelines, la sécurité, les émissions de gaz à effet de serre et d’autres enjeux. Par conséquent, le contexte de réglementation continue d’évoluer et pourrait influer sur les décisions d’approbation futures des projets de GNL.
  • L’Australie et les autres régions productrices de GNL de l’Asie-Pacifique, comme la Malaisie et l’Indonésie, sont situées plus près des principaux marchés asiatiquesNote de bas de page 8. Ces régions rivales ont un avantage certain sur le Canada en ce qui a trait au temps et aux coûts de transport.
  • La concurrence s’intensifie : certaines installations américaines d’exportation de GNL ont déjà été mises en service, et plusieurs autres devraient faire l’objet d’une décision d’investissement finale sous peu et seront pleinement fonctionnelles avant la plupart des projets canadiens. D’autres régions financièrement stables comme l’Australie ont de nombreuses installations déjà en activité.

Incertitudes

  • Le Canada a l’occasion de devenir un exportateur de GNL avant les projets de la côte Ouest américaine, dont aucun n’a fait l’objet d’une décision d’investissement finale jusqu’à maintenant.
  • La nature des contrats et des prix sur le marché mondial du gaz naturel et du GNL est incertaine et pourrait influer grandement sur la rentabilité des projets de GNL.
  • Le rôle que jouera le gaz naturel dans la lutte mondiale contre les changements climatiques au cours des prochaines décennies est incertain. La demande de gaz naturel et de GNL pourrait augmenter à mesure que les économies réduisent leur dépendance aux combustibles fossiles riches en carbone, comme le pétrole et le charbon. Par ailleurs, la demande pourrait diminuer si les sources d’énergie renouvelables et l’énergie nucléaire s’imposent aux dépens de l’ensemble des combustibles fossiles.
  • De nombreux projets de GNL en cours d’élaboration se font concurrence pour la main‑d’œuvre, l’expertise et les matériaux disponibles, ce qui pourrait faire gonfler les coûts de mise en valeur. Les promoteurs de projets canadiens sont préoccupés par les dépassements de coûts observés dans d’autres projets à l’échelle mondiale.
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