Compte rendu de réunion - 25 janvier 2011 - Pavillon des visiteurs de Paulatuk, Paulatuk (T.N.-O.)

Revue des exigences pour le forage extracôtier dans l'Arctique

Compte rendu de réunion

Date and Location
Date Lieu
Mardi
25 janvier 2011
14 h 15 à 16 h
Pavillon des visiteurs de Paulatuk
Paulatuk (T.N.-O.)

Objet : Présentation de la revue des exigences pour le forage extracôtier dans l'Arctique aux membres du comité de chasseurs et de trappeurs et de la société de collectivité de Paulatuk

Participants
Participants
Lawrence Ruben
Tony Green
Ray Ruben
Lottie Thrasher
Millie Thrasher
Bobby Ruben
Fred Bennett
Frank Thrasher
Frank Green
Anny Illasiak
Ed Gruben
Mary Gruben
Bill Ruben
Ray Ruben
Mary Ruben
David Ruben
 
Doug Esogak Conseil de gestion du gibier d'Inuvik
Steve Baryluk Joint Secretariat
Jimmy Kalinek Conseil de gestion du gibier d'Inuvik
Gaétan Caron Président et premier dirigeant, ONÉ
David Hamilton Membre, ONÉ
Brian Chambers Conseiller pour le dossier Arctique, ONÉ
Bharat Dixit Chef technique, Conservation des ressources, ONÉ
Pamela Romanchuk Spécialiste de l'environnement, ONÉ
Susan Gudgeon Coordonnatrice pour le dossier Arctique, Revue des exigences pour le forage extracôtier dans l'Arctique, ONÉ

Mot d'ouverture (par l'ONÉ)

  • Présentation de la revue des exigences pour le forage extracôtier dans l'Arctique, y compris du mandat de l'ONÉ, des événements qui ont mené au lancement de la revue et des diverses phases.
  • On demande aux membres du comité et de la société de collectivité ce que les forages en mer pourraient affecter dans leur communauté, leur terre et leur environnement et quelles sont leurs inquiétudes lorsqu'il est question des forages en mer.

Échanges avec les membres du comité et de la société de collectivité

Pour répondre à la question qui leur est soumise, les membres du comité et de la société de collectivité mentionnent un certain nombre de points qui soulèvent des inquiétudes et qui suscitent l'intérêt, dont :

  1. Mesures et interventions d'urgence:

    • Les États-Unis ont dit que les mécanismes de prévention des explosions étaient infaillibles, mais on sait maintenant que ce n'est pas vrai.
    • Pourquoi les appelle-t-on des mécanismes de prévention des explosions s'ils ne préviennent pas les explosions?
    • Si les BOP étaient infaillibles, qu'utiliseront-ils, maintenant?
    • Après avoir vu la marée noire dans le golfe et le temps nécessaire pour tout nettoyer, on se demande ce qui se passerait ici, où nous n'avons pas de ressources.

  2. Généralités:

    • Nous sommes heureux de voir que l'ONÉ prend le temps de venir directement dans les collectivités pour parler aux gens.
    • Avant ces rencontres, on ne connaissait pas l'ONÉ; mais c'est important qu'il vienne et discute avec nous.
    • Nous sommes heureux d'apprendre qu'il n'y a pas de limite de temps. C'était blessant, lorsque le CGG faisait une présentation, lors d'un congrès, et on leur a donné une fiche de présence. Le présentateur est revenu et il a affirmé qu'il suivrait l'heure inuite, et il a fini sa présentation sans tenir compte de la limite de temps.
    • Lorsqu'on a entendu dire que c'était le gouvernement fédéral qui venait nous voir, nous avions un autre point de vue, jusqu'à ce qu'on nous explique ce qu'est l'ONÉ. Nous sommes fiers que l'ONÉ ait rendu visite aux écoles et aux étudiants.
    • Il se peut que les gens ne sachent pas encore quel est l'autorité de l'ONÉ. Il a un grand pouvoir.
    • Est-ce que l'ONÉ ou d'autres organisations ont émis des recommandations au sujet de l'incident dans le golfe?
    • La plupart des gens de l'industrie croient que les puits de secours ne sont pas nécessaires; les risques par opposition aux coûts.
    • Les sociétés pétrolières sont venues et ont informé les collectivités de leurs plans pour 2014 et 2015. BP est venue sous le nom d'une autre société pour nous montrer des graphiques seulement, mais il n'y a pas encore eu de tests réalistes. Comment peut-on lui faire confiance, avec ses graphiques, après qu'elle ait déjà échoué dans le golfe?
    • Lors de la dernière rencontre avec l'Impériale, à Paulatuk, les représentants nous ont dit que 49 % des gens n'avaient aucune inquiétude, et cela ne semble pas correct. Nous avons demandé à l'Impériale d'expliquer ces statistiques au CGG, mais les représentants n'ont pas pu. Il n'y avait que 13 personnes lors de cette réunion, et on a extrapolé ces données comme un pourcentage pour l'ensemble la communauté. En fait, il se trouve qu'il n'y avait que 9 personnes présentes.
    • On devient soupçonneux lorsque les sociétés pétrolières viennent et visitent des collectivités plus isolées que celles où les activités se tiendront. Les collectivités veulent savoir ce qu'Inuvik, Tuktoyaktuk et Aklavik ont à dire.
    • Un incident est survenu au mauvais moment; la nature et le climat influencent les choses. Personne n'essaie de provoquer des accidents.
    • L'industrie nous montre des graphiques, mais on ne peut pas mesurer un mode de vie et les terres sur des graphiques.
    • Si quelque chose arrive dans la mer de Beaufort, nous subiront les conséquences (c.-à-d. le bois qui provient du Mackenzie).
    • L'industrie ne devrait pas forer si elle n'a pas de plan de prévention.
    • Lors d'une conférence sur le pétrole et le gaz, une question a été posée, et on nous a dit qu'il y avait 62 puits qui n'avaient jamais eu d'accidents. Le jour suivant, le nombre était différent. On a demandé ce qu'incident signifiait, on a répondu que ça voulait dire un important déversement. Un petit déversement causerait aussi des problèmes.
    • Si les sociétés peuvent se sortir impunément lors d'un petit déversement, un jour, elles pourront s'en sortir sans être inquiétées avec bien plus.
    • Les surveillants de l'environnement étaient relégués au rang d'observateurs, ils pouvaient seulement signaler les découvertes.
    • Il devrait y avoir des surveillants de la faune et de l'environnement; la plupart du temps, il n'y a pas de surveillants de la CIAT.
    • Chevron a-t-il acheté des zones dans la mer de Beaufort?
    • Quelle était la profondeur, à l'endroit où BP forait?
    • BP a-t-elle donné sa réponse, à savoir s'il serait plus économique de bâtir deux navires de forage ou d'attendre un incident et de payer pour le nettoyage?
    • Après sa tournée des collectivités, l'ONÉ verra que toutes les collectivités côtières partagent les mêmes inquiétudes.
    • Il y avait un camp de formation, mais maintenant, on ne sait même pas où c'était.

  3. Expérience acquise

    • Si quelqu'un se plaignait de la sécurité sur les installations de forage, dans le passé, cette personne perdait son emploi.
    • Il y a des gens qui ont travaillé et qui ont vu des incidents, notamment des accidents importants, et ces incidents n'étaient pas signalés.
    • Les gens qui travaillaient dans les années 70 avaient peur de signaler les incidents.
    • Depuis les années 70, les revendications territoriales ont été réglées. Avant, les sociétés n'avaient même pas à consulter, le gouvernement fédéral leur accordait les droits.
    • Au BAR Darma (?), les moteurs tournaient en permanence toute la journée, durant un mois, juste pour déplacer l'installation et la mettre en place. La première chose qu'on a entendue était qu'il y avait eu un déversement et que ça avait été signalé au comité de trappeurs et de chasseurs. Les surveillants de l'environnement n'avaient rien dit.

  4. Caractère unique de l'environnement arctique

    • Les sociétés doivent comprendre que travailler dans le Nord, c'est différent de travailler dans le Sud. En octobre, il vente et il neige : c'est vraiment difficile de travailler ici, et il n'y a pas de soutien.
    • Le climat est tellement différent, ce qui peut sembler facile dans le Sud peut être impossible ici. Les conditions météorologiques sont complètement différentes et très difficiles, les conditions de sécurité ne sont pas les mêmes.
    • Le climat est tellement différent, ça pourrait affecter les BOP ici.
    • Lorsque les activités de forage auront lieu et que la glace se formera, les sociétés utiliseront des brise-glace pour la casser, il n'y aura plus de glace de plusieurs années. Les sociétés n'ont pas la réponse à savoir comment elles la ramèneront.
    • Les études antérieures ont-elles été menées avec des dispositifs de glace acoustiques?
    • Si la glace est cassée en morceaux, elle fondra plus rapidement.
    • Lors des rencontres organisées dans le cadre de l'année polaire internationale, on a entendu parler des conditions et des mouvements de la glace - Étude sur le chenal de séparation circumpolaire.
    • Les courants de la mer de Beaufort sont très forts et ils pourraient avoir des répercussions sur le forage.
    • Lorsqu'il est question d'études sur la glace, il y a une zone floue qui s'étend de Pierce Point à Bailly Island.
    • La glace est imprévisible et elle ne peut pas être contrôlée. J'ai passé 50, 60 ans à vivre et à faire des recherches sur la glace (ours polaires). J'ai déjà vu des vents de 60 milles à l'heure; il y avait de la glace ici et là, et un peu plus loin. Environ un mille plus loin, j'ai vu un ours polaire qui nageait. Lorsque le vent s'est calmé, j'ai vu que c'était de la glace qui bougeait comme si elle avait un moteur. J'ai déjà vu de la glace s'arrêter brusquement lorsqu'il n'y a pas de courants.
      Les sociétés ont des graphiques et des plans, mais est-ce que leurs graphiques et leurs plans sont valides lorsqu'elles décident de forer dans un des endroits les plus fragiles de la planète? Si elles ne sont pas prudentes, comme dans le golfe, que se passera-t-il?

  5. Valeur des ressources

    • Nos Aînés nous disent de ne pas donner nos terres pour un dollar.
    • Comment mettre un signe de dollars sur un mode de vie?
    • Les bélugas sont plus sains ici que lorsqu'ils s'aventurent vers Tuktoyaktuk - ce qui fait que cette zone est importante pour la biodiversité.
    • Au printemps, presque tout le monde, même les enfants, vont dans les terres. C'est comme ça que nos enfants apprennent.
    • Lorsque l'industrie nous donne une présentation, c'est toujours basé sur la modélisation, alors qu'elle devrait utiliser le savoir traditionnel. Au Yukon, ils voulaient réduire la chasse, mais ils ont trouvé 30 000 caribous de plus que ce que les résultats de la modélisation indiquaient.
    • Les scientifiques ont trouvé, au Yukon, des rencontres entre les hommes et les caribous (des humains mangeant des caribous, il y a 6 000 ans); sans le savoir traditionnel, les scientifiques ne l'auraient jamais su
    • On a trouvé un piège siksik en haute altitude, et il était encore armé. On l'a ramené et montré à un Aîné. L'Aîné en question le faisait encore de la même façon. Cela montre que les traditions et les compétences sont passées de génération en génération.

Mot de la fin et questions à étudier dans le futur

  • L'ONÉ encourage la participation continue à la revue.
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