ARCHIVÉ - Séance 2 - Rôle du leadership - Greg Ebel, chef de la direction - Spectra Energy

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Forum sur la sécurité - 5-6 juin 2013

Greg Ebel, chef de la direction
Spectra Energy

Mesurez-vous la culture de la sécurité? Si la chose existe et à un haut niveau, comment vous y prenez-vous?

Un moyen de mesurer la culture de la sécurité est d’obtenir directement et franchement les réactions du personnel. Nous réalisons un sondage annuel sur la sécurité et l’engagement des employés. L’enquête est exécutée par Towers Watson, ce qui nous permet de comparer nos résultats à ceux d’autres entreprises performantes. La participation du personnel est importante : plus de 76 % des employés ont répondu au dernier sondage et nous nous situons dans la tranche supérieure de 25 % des entreprises nord-américaines à haut rendement. Notre dernier sondage indique que les employés voient Spectra Energy comme un milieu de travail sécuritaire. Ils comprennent ce que sont leurs responsabilités individuelles et en quoi leurs activités quotidiennes influent sur la sécurité. Ils reçoivent la formation nécessaire à un exercice sécuritaire de leurs fonctions et ils constatent enfin que la haute direction a pris des engagements fermes dans ce domaine.

Existe-t-il des initiatives précises de collaboration (transmission des connaissances, recherche-développement, etc.) entre entreprises ou entre industries?

La collaboration sectorielle est primordiale. Spectra Energy se veut un leader et un agent positif de changement dans le domaine de la sécurité des pipelines. Nous avons une présence engagée et active dans presque toutes les organisations qui partagent notre volonté d’assurer la sécurité des pipelines et la protection du public. Spectra Energy est membre attitré du PRCI et de la Common Ground Alliance, laquelle fait la promotion de pratiques optimales de prévention des dommages de tiers pour les services de pipelines souterrains aux États-Unis. De même, nous avons été un des premiers artisans d’un important « guichet unique » canadien visant à réduire les risques de dommages aux pipelines par des excavations de tiers.

À Greg : Risques techniques - événements à faible probabilité et à forte incidence : Comment gardez-vous à l’esprit ces événements rares sans jamais vous permettre de les perdre de vue?

Nous considérons tout le tableau et regardons de très près les indicateurs précurseurs qui, négligés, pourraient créer de plus gros problèmes à l’échelle du système. Nous définissons ce que nous avons à faire stratégiquement, puis nous élaborons des protocoles et des procédures avec les mesures tactiques à prendre. Nous avons constaté que le soin mis à ces choses peu importantes en apparence a un effet marqué de prévention des gros problèmes lourds de conséquences.

À M. Ebel et aux autres : Comment pensez-vous qu’on pourrait dépasser les mesures « retardées » habituelles de rendement en matière de sécurité?

À Spectra Energy, nous voulons être proactifs en privilégiant à la fois des indicateurs avancés et des indicateurs retardés. Nous évaluons et suivons constamment nos indicateurs précurseurs dans un souci de définition et de prévention des incidents. Aspect important, nous faisons connaître nos indicateurs avancés à notre équipe de manière qu’elle reste à la fine pointe et en prise avec les procédures et les protocoles qui nous maintiennent à l’avant-garde dans le domaine de la sécurité.

Cette tolérance zéro est-elle conforme à une science de la fixation d’objectifs réalistes et applicables?

Voici notre position : quand il s’agit de la santé et de la vie humaine, l’objectif d’élimination totale des incidents est le seul acceptable. Cet objectif n’a rien de facile, mais nous le croyons réalisable et nous savons qu’il favorise l’amélioration et les progrès. Ce que nous réalisons sur le plan d’une culture de la sécurité nous amène progressivement à une tolérance zéro pour les résultats médiocres ou hasardeux, ce qui créera à son tour une situation de « zéro incident ».

Il convient de noter que la tolérance zéro doit engendrer une situation durable. Il peut y avoir « zéro incident » un certain jour, mais le but ultime est de rester à zéro. En ce sens, on n’en a jamais fini avec un objectif de tolérance zéro. Nous devons constamment surveiller les tendances dans notre organisme et voir depuis combien de temps il n’y a plus d’incidents, ce qui a pu nous faire dévier de notre objectif et ce qu’il faut faire pour nous remettre en selle et garantir que les incidents seront à jamais à zéro.

La communication est un autre facteur essentiel de sécurité et d’abolition des incidents. À Spectra Energy, nous faisons sans cesse connaître nos objectifs et nos progrès à nos intervenants. Cela entre dans notre souci de transparence dans nos rapports... de ralliement autour d’un objectif influant sur nos publics respectifs... et d’autoresponsabilisation dans ce domaine.

Tous vous avez des antécédents dans le domaine financier, cela semble mal préparer à une orientation opérationnelle axée sur la sécurité. Comment en êtes-vous venu à vous occuper de sécurité?

J’ai la responsabilité ultime du rendement en matière de sécurité dans mon entreprise, mais je compte sur la compétence professionnelle de mon équipe et sur les valeurs et la culture à la base de nos efforts concertés dans ce domaine. Un chef de la direction n’agit jamais seul dans quelque domaine, que ce soit la sécurité, l’exploitation, les ressources humaines ou la technologie de l’information. Nous donnons le ton et établissons des attentes en matière de comportement. Nous nous assurons que la largeur de la bande passante est la bonne dans tous les domaines, que les structures de l’organisation sont saines et que nous favorisons un cadre de travail où connaissances et idées sont mises en commun.

La tolérance zéro part d’une bonne intention, mais ne nuit-elle pas à la confiance et aux valeurs au niveau des travailleurs? Ne crée-t-elle pas des comportements erronés dans l’entreprise?

Je ne vois pas que la confiance diminue dans notre entreprise. En fait, nous constatons tout à fait le contraire. La confiance grandit quand le personnel de première ligne constate et juge que la direction garde le souci de sa sécurité et de son bien-être. À Spectra Energy, nous avons adopté une culture de l’apprentissage : nous encourageons sans cesse des comportements de sécurité, fixons des attentes dans ce domaine, mobilisons notre équipe et voyons dans les erreurs et les incidents une occasion de s’améliorer plutôt que de punir.

Comment savez-vous que la culture de sécurité est positive chez vous?

La responsabilisation individuelle est un mot d’ordre dans notre entreprise et les membres de l’équipe doivent répondre de leurs pratiques de sécurité au travail et faire preuve de vigilance dans l’ensemble. On s’attend de chaque employé qu’il fasse connaître tout comportement préjudiciable à la sécurité. Et croyez-moi, les employés le font! C’est ce à quoi doit ressembler le succès pour moi. Les employés nous mettent devant nos responsabilités, ils interrompent le travail et nous obligent à repenser et à redresser les comportements à risque.

Un autre grand facteur de réussite est l’apprentissage continu dans l’organisation et le partage des leçons à tirer des événements tant négatifs que positifs. Les entreprises doivent veiller à ce que soit réunie et exploitée une information permettant de comprendre et gérer les risques et de s’assurer que les incidents sont examinés avec diligence dans leurs causes profondes, que les mesures correctives voulues sont définies et suivies dans leur exécution, que des données de comparaison externes sont recherchées et employées et qu’un dialogue ouvert s’engage avec les intervenants.

Comment gérez-vous les indicateurs qui peuvent nuire au rendement dans le domaine de la sécurité (compressions de coûts, par exemple)?

Bonne sécurité est synonyme de bonnes affaires. Je suis sûr que nous ne nous rendons pas service quand nous faisons de la sécurité une valeur à part ou un objectif isolé. La sécurité a absolument à voir avec toutes les facettes de notre travail et de notre succès. La mentalité qui préside à l’obtention de résultats supérieurs dans ce domaine détermine aussi un haut rendement dans tout autre domaine.

Il suffit d’y penser : les activités qui préviennent les accidents - planification rigoureuse, conformité avec les règles, refus du bâclage, souci du détail, volonté d’affecter le temps et les ressources nécessaires à une bonne exécution - sont celles qui contribuent à la qualité partout. Il nous faut donc penser non seulement à la sécurité, mais aussi à la qualité générale de l’exécution des tâches. Dans une telle vue d’ensemble, les liens à faire deviennent évidents et essentiels.

Où la norme PAS-55 ou ISO-55000 s’insère-t-elle dans la perception de l’avenir d’un chef de la direction pour ce qui est des systèmes de gestion, y compris dans les questions de sécurité et de vérifiabilité?

Il existe de nombreuses normes sectorielles pour les systèmes de gestion et les modes de gestion des actifs (PAS-55, CSA Z662, etc.). Ces diverses normes ont bien des éléments et des procédés en commun, ce qui peut donner de la structure et conférer de la clarté pour l’amélioration de la gestion de la sécurité. À mesure que nous élaborons et améliorons nos programmes à l’interne, nous considérons une foule de normes sectorielles et voyons quelles sont les idées à en tirer et à intégrer à nos propres programmes.

Croyez-vous que l’intégration des communications d’entreprise aux pratiques de sécurité serait avantageuse pour l’organisation (communications internes et externes)?

C’est tout à fait sûr. Pour édifier une culture durable en matière de sécurité, il faut mener une discussion permanente à l’interne comme à l’externe. À Spectra Energy, nous consacrons beaucoup de temps et d’efforts à des discussions franches et directes sur la question, sur ce que nous faisons bien et ce que nous devons améliorer et sur les enseignements à tirer à l’intérieur comme à l’extérieur de notre secteur. Nous commençons chaque réunion dans l’entreprise par un message de sécurité. Je parle de rendement opérationnel et de résultats sécuritaires dans toutes les réunions du personnel et, en cas d’incident sur notre réseau, nous communiquons immédiatement et interrompons nos activités s’il y a lieu.

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