ARCHIVÉ - Séance 2 - Rôle du leadership - Russ Girling, chef de la direction - TransCanada PipeLines

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Forum sur la sécurité - 5-6 juin 2013

Russ Girling, chef de la direction
TransCanada PipeLines

Mesurez-vous la culture de la sécurité? Si la chose existe et à un haut niveau, comment vous y prenez-vous?

TransCanada a utilisé plusieurs fois par le passé des questionnaires mis au point par des spécialistes des comportements en matière de sécurité afin de jauger les réactions des cadres de direction, des superviseurs et du personnel de première ligne à une grande diversité de questions concernant les principaux aspects de la culture de sécurité d’une entreprise. Les résultats de ces sondages, qui sont communiqués aux employés, servent de base à la conception et à la réalisation des améliorations à apporter aux programmes au profit de cette culture dans l’organisation. TransCanada recourt également à un certain nombre de mesures internes pour juger du degré d’adoption de comportements positifs relevant de la culture de la sécurité au sein du personnel, qu’il s’agisse de déclarer les accidents évités de justesse, de participer à des programmes permanents d’intégration des principes sécuritaires au milieu familial ou d’accomplir des tâches dans ce domaine à titre volontaire (formation, travaux de comités du personnel en matière de sécurité, etc.).

Existe-t-il des initiatives précises de collaboration (transmission des connaissances, recherche-développement, etc.) entre entreprises ou entre industries?

Comparés aux données des sondages antérieurs dont dispose l’entreprise-conseil, les résultats de sondage de TransCanada donnent la possibilité de juger des aspects à améliorer par rapport aux pratiques exemplaires des autres participants. Selon l’intérêt manifesté, TransCanada anime habituellement des ateliers d’examen des résultats et facilite la mise en commun des pratiques exemplaires. S’il s’agit plus généralement de l’avancement des connaissances des exploitants sur la sécurité des pipelines, il faut dire que beaucoup d’efforts se font en collaboration dans l’industrie en vue d’enrichir et d’actualiser le savoir collectif. Il est très fréquent que des projets communs de recherche soient réalisés avec des organismes comme RNCan et PRCI. Dans des conférences et des forums d’information parrainés par des organismes sectoriels comme l’ACPE, l’Association canadienne du gaz, l’Interstate Natural Gas Association of America, la Southern Gas Association, l’American Gas Association et l’American Petroleum Institute (pour ne nommer que ces organismes), on s’emploie à propager les enseignements tirés des incidents et les résultats obtenus par les pratiques exemplaires, le but étant d’améliorer la qualité et la sécurité de l’infrastructure d’oléoducs et de gazoducs du continent. Des organismes de normalisation comme l’American Society of Mechanical Engineers (ASME), NACE International, l’American Society of Safety Engineers et l’Association canadienne de normalisation (CSA) se vouent à la conception de rigoureuses normes de qualité de la sécurité à l’intention de toute l’industrie.

Une situation d’absence totale de risques ou d’incidents est-elle une chose communiquée au public? Certains y verraient un précédent dangereux.

L’industrie vise à abolir les incidents ayant des effets sur la sécurité du personnel et de la population ou sur l’environnement. Elle a largement fait connaître cet engagement à un certain nombre de tribunes sectorielles et publiques. Elle tient à cet engagement et est fière de l’avoir adopté. Le principe est que nous ne disposons pas d’ores et déjà de toutes les ressources et solutions pour prévenir chaque incident de pipeline, mais que nous entendons concevoir et mobiliser les techniques et les méthodes devant permettre de constamment accroître l’intégrité de l’infrastructure et, avec le temps, d’abolir les accidents graves aux conséquences tragiques. La majeure partie de la société reconnaît et appuie la mission que nous nous sommes donnée. Bien qu’on doive être sans tolérance aucune à l’égard d’événements lourds de conséquences en dommages et pertes, le public s’attend à ce que, si un événement se produit dans un pipeline, l’exploitant responsable et les intervenants d’urgence soient prêts à y réagir rapidement et efficacement et puissent agir de manière à atténuer les répercussions au mieux.

À Russ : Sur le plan de la collaboration de l’industrie, comment partager là où une pratique en matière de sécurité est considérée comme exemplaire et comme conférant un avantage concurrentiel?

En matière de sécurité, notre but est non seulement de veiller à ce que TransCanada soit à l’avant-garde, mais aussi de faire en sorte que l’industrie adopte les pratiques exemplaires. Nous jouons un rôle de chef de file dans nos associations sectorielles et nous investissons avec les fournisseurs dans la mise au point de nouvelles technologies. Tout incident qui survient dans notre secteur a des conséquences sur chacune des entreprises et nous voulons être sûrs que toutes adoptent des pratiques exemplaires. Cela dit, il reste que, dans un milieu de concurrence, le client a le choix d’aller où il veut et que, dans un monde où la sécurité compte avant tout, il ira plus volontiers vers les entreprises qui appliquent des normes élevées, jouent un rôle de premier plan dans leur secteur et arborent une solide feuille de route dans le domaine de la sécurité.

L’objectif est toujours la tolérance zéro. Y a-t-il un délai à respecter dans ce domaine? Sinon, devrait-il y en avoir un pour que l’objectif devienne tout à fait concret?

Voir en plus la réponse à la question 3. Le défi est de se doter de bons indicateurs avancés et retardés par lesquels on puisse clairement voir que l’industrie progresse d’année en année vers l’objectif. L’industrie collabore de près avec l’Office national de l’énergie à la production de mesures de rendement qui démontreront plus concrètement à quels progrès collectifs nous parvenons.

Pour en revenir à l’objectif de tolérance zéro à la prochaine question. Ça devrait être de s’approcher le plus possible de la valeur zéro et, par conséquent, les cibles et les mesures devraient être bien concrètes chaque année.

Voir les réponses à la question 3 et à la question 7.

Cette tolérance zéro est-elle conforme à une science de la fixation d’objectifs réalistes et applicables?

Voir les réponses à la question 3 et à la question 7. Ce qui sera réaliste et applicable, ce sont les buts et objectifs provisoires des indicateurs avancés et des programmes d’action servant à baliser notre passage à une situation de « zéro incident ».

Tous vous avez des antécédents dans le domaine des finances, cela ne semble guère préparer à aborder des activités opérationnelles axées sur la sécurité. Comment en êtes-vous venu à vous occuper de sécurité?

Une des principales fonctions d’un chef de la direction est de former une équipe équilibrée de cadres supérieurs possédant toute la compétence nécessaire pour encadrer de priorités efficaces et d’une gestion appropriée l’ensemble des responsabilités, des exigences et des facteurs de complexité de son entreprise. Une autre fonction d’importance est de veiller à ce que règne dans l’organisation une culture où chaque employé se sente à l’aise et se reconnaisse l’obligation de signaler les problèmes devant solliciter l’intérêt et l’attention de la haute direction. En ce qui concerne la sécurité comme priorité, le constat fondamental est que les pertes financières peuvent toujours être compensées, mais que la perte d’une seule vie causée par les activités de l’entreprise est irréparable. À comparer à ce principe, toute autre justification paraît éculée. Il reste que le rendement sécuritaire est hautement en corrélation avec le rendement financier dans une entreprise. On ne s’étonnera pas que l’esprit d’initiative, le leadership et la solidité de processus et de programmes nécessaires à la sécurité professionnelle et opérationnelle constituent tout autant des facteurs de responsabilité et d’efficacité durable en matière de gestion et de rendement financiers. Disons enfin que, au-delà des conséquences tragiques d’un accident avec les dommages et les pertes irréparables qui s’ensuivent, il y a les coûts de réparation et d’indemnisation qui peuvent écloper financièrement une organisation, ruiner sa réputation et, dans certains cas, lui faire perdre toute crédibilité sociale et morale pour la poursuite de ses activités. On peut donc voir que, quel que soit l’horizon de formation d’un chef de la direction, il lui est facile de s’occuper d’abord de sécurité.

La tolérance zéro part d’une bonne intention, mais ne nuit-elle pas à la confiance et aux valeurs au niveau des travailleurs? Ne crée-t-elle pas des comportements erronés dans l’entreprise?

Il est essentiel que les exécutants (et leurs dirigeants) comprennent bien les raisons et les bases de l’adoption de cet objectif, ainsi que les programmes et les engagements qui sous-tendent la façon de le réaliser. Il importe tout autant que l’on veille à ce que les bons comportements et les bonnes mesures « avancées » servent à renforcer et à reconnaître ce qu’apportent les exécutants à la réalisation de ce même objectif. Si on se concentre uniquement sur un indicateur retardé et que l’objectif revêt un caractère absolu (zéro incident, par exemple) et se trouve perçu comme irréalisable par les exécutants qui en seront tenus pour les seuls responsables, il est peu probable qu’il devienne un facteur de motivation efficace, d’où le risque que des comportements erronés soient adoptés en la matière.

Comment savez-vous que la culture de sécurité est positive chez vous?

Voir la question 1.

Qui peut se prononcer scientifiquement et de manière crédible sur les pratiques de l’industrie et aider à influencer les perceptions du public?

D’après les recherches en communication, il n’y a pas d’autorité à laquelle toute la population s’en remette expressément pour se renseigner sur un sujet. Il ne devrait probablement pas y en avoir non plus. Il revient à tous d’agir sur les perceptions populaires des pratiques de l’industrie. L’organisme de réglementation a une énorme responsabilité, celle de créer et de faire connaître des règlements efficaces pour la gouverne de l’industrie et de les appliquer d’une manière équitable et crédible et en toute transparence pour la population. En dépit de la perception d’un parti pris chez certains, l’industrie doit continuer à livrer librement l’information à la population sur ses pratiques et à répondre aux demandes de renseignements émanant du public. Après tout, elle est la spécialiste de fait des disciplines liées à la sécurité de sa propre infrastructure. La communauté scientifique et nos établissements d’enseignement ont l’obligation de mener des études et des recherches impartiales sur les pratiques de l’industrie et de les faire connaître à la population clairement et efficacement. Les médias ont pour responsabilité de leur côté de veiller à ce que leur information soit pondérée, objective et fouillée. Enfin, la population se doit de se familiariser avec l’information disponible sur les questions qui l’intéressent et de former ses propres avis en fonction d’une diligence raisonnable et d’après les données scientifiques par opposition à tout ce qui est supputations et conjectures.

Comment gérez-vous les indicateurs qui peuvent nuire au rendement dans le domaine de la sécurité (compressions de coûts, par exemple)?

TransCanada se sert d’un tableau de bord équilibré pour évaluer son rendement dans l’ensemble. Elle s’assure ainsi que, au moment de juger en définitive du succès de l’organisation, tous les aspects des activités sont dûment pris en considération. S’il s’agit de sécurité, les décisions sont fondées sur certaines valeurs seuils à respecter ou à maintenir. En cas de défaillance, le critère de la sécurité l’emportera sur tout autre critère de décision. C’est une assurance de plus que des initiatives de compression des coûts, par exemple, n’iront pas à l’encontre de valeurs comme celle de la sécurité.

Où la norme PAS-55 ou ISO-55000 s’insère-t-elle dans la perception de l’avenir d’un chef de la direction pour ce qui est des systèmes de gestion, y compris dans les questions de sécurité et de vérifiabilité?

Il existe des normes sectorielles pouvant être adoptées par un organisme et qui fourniront un cadre et un modèle de gouvernance permettant de contrôler son système de gestion. On dénombre dans ce domaine diverses normes aux avantages équivalents. Ajoutons que bien des entreprises se sont dotées de systèmes maison ayant beaucoup d’éléments en commun avec ces normes. Le Règlement de l’Office national de l’énergie sur les pipelines terrestres exige aujourd’hui des exploitants canadiens de pipelines qu’ils disposent d’un système de gestion répondant à certaines exigences minimales, dont beaucoup sont communes aux normes PAS-55 et ISO-55000. Ce qui importe plus encore que la norme applicable au système de gestion est que les organismes exploitant une infrastructure énergétique complexe implantent de solides systèmes de gestion qui incarnent les concepts communs à toutes les normes de qualité en place ET que, dans ces mêmes organisations, une culture de la sécurité fasse que les systèmes soient convenablement mis en application et qu’ils se révèlent durables.

Croyez-vous que l’intégration des communications d’entreprise aux pratiques de sécurité serait avantageuse pour l’organisation (communications internes et externes)?

Oui, TransCanada a souvent incité ses propres équipes des communications internes à aider à la communication des messages et des données de sécurité internes et externes.

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