Résumé des exportations et importations d’électricité en 2015

2015 a été une autre année record au chapitre des exportations canadiennes d’électricité. Caractérisé par des exportations élevées et des importations faibles, le marché canadien de l’électricité a battu des records commerciaux en 2015, poursuivant la tendance à la hausse observée aux cours des cinq dernières années. Les exportations nettes ont augmenté de 10 TWh et le revenu net s’est apprécié d’environ 500 millions de dollars en 2015 par rapport à 2014. En outre, les ventes à l’exportation ont dépassé le sommet atteint en 2013.

Figure 1: Exportations et importations annuelles canadiennes d’électricité et revenus d’exportation, 2011-2015

Figure 1: Exportations et importations annuelles canadiennes d’électricité et revenus d’exportation, 2011-2015

Source : Statistiques de l’Office national de l’énergie sur le commerce international (3 mars 2016)

Les exportations nettes ont bondi de 30 % en raison du fait que les exportations ont atteint un nouveau sommet à 68,4 TWh et que les achats à l’importation sont descendus à leur point le plus bas en près de 20 ans, soit 8,7 TWh.

Le revenu net du Canada s’est hissé à 2,8 milliards de dollars canadiens et a ainsi écrasé tous les records précédents. Le revenu net (c’est-à-dire les recettes provenant des exportations moins le coût des importations) a gagné 20 % en 2015 comparativement à 2014. Bien que les exportations nettes d’électricité aient surpassé les niveaux précédents, le revenu net n’a pas augmenté proportionnellement.

La valeur des ventes à l’exportation a augmenté de plus de 15 % en 2015 par rapport aux niveaux de 2014. De façon similaire à 2014, les principales provinces productrices d’hydroélectricité en 2015 (le Québec, l’Ontario, le Manitoba et la Colombie-Britannique) ont gagné près de 95 % du revenu des ventes à l’exportation. Même si les ventes records à l’exportation ne se sont pas encore traduites par des gains records à l’exportation, le revenu continue de croître.

Les prix de la plupart des marchés d’exportation d’électricité classique demeurent inférieurs aux valeurs historiques, sauf pour ce qui est d’une certaine volatilité saisonnière des prix.

Par exemple, des exportations légèrement supérieures à 55 TWh ont rapporté 3,8 milliards de dollars en 2008. En 2015, les exportations étaient 25 % plus élevées qu’en 2008, atteignant un peu plus de 68 TWh, mais ont rapporté 20 % de moins, soit seulement 3,1 milliards de dollars.

Commerce de l’électricité

Le Canada et les États-Unis échangent de l’électricité depuis plus de 100 ans. Comme les distances entre la production canadienne et la demande américaine sont généralement plus courtes que les distances est-ouest entre les provinces adjacentes, le commerce de l’électricité s’est le plus souvent fait du nord au sud, entre provinces et États.

Un débit constant d’électricité est essentiel au commerce de ce produit entre deux pays. Les multiples connexions qui permettent le commerce favorisent la stabilité du réseau électrique nord-américain.

La quantité d’électricité disponible pour l’exportation varie d’une année à l’autre selon la demande intérieure, les interruptions, les niveaux de précipitation qui influent sur la production d’hydroélectricité et d’autres facteurs. Beaucoup de provinces ont des marges de réserve élevées. L’approvisionnement dépasse donc ce dont elles ont besoin au jour le jour, s’établissant au-delà du volume tampon d’urgence normal de 12 % à 15 %. Les provinces productrices d’hydroélectricité, le Manitoba et le Québec, en sont des exemples, de même que l’Ontario avec ses ressources nucléaires abondantes.

La surcapacité de production ainsi que la baisse générale de la consommation électrique au Canada ont causé, ou fait augmenter, la surcapacité de production dans certains marchés. Par conséquent, d’importants volumes d’électricité étaient disponibles pour l’exportation en 2015.

Le Canada retire des avantages du commerce de l’électricité de multiples façons. En pouvant compter sur la production des États américains adjacents, les provinces canadiennes sont capables d’éviter les coûts de construction d’infrastructures de production d’électricité qui risqueraient d’être inactives sauf durant les heures de pointe. On peut en effet compenser les coûts et optimiser le revenu lorsque les joueurs dans le marché disposent de marchés adjacents et qu’ils n’ont pas à engager de dépenses en immobilisation pour des infrastructures supplémentaires.

Exportations

Comparativement à 2014, les ventes à l’exportation canadiennes d’électricité ont gagné 10 TWh (ou plus de 15 %). En 2015, les exportations ont surpassé le record de 2013 de près de 10 %. Les ventes canadiennes d’électricité ont enregistré des niveaux records au cours de quatre des cinq dernières années.

Figure 2: Ventes à l’exportation annuels canadiens d’électricité, 2011-2015

Figure 2: Annual Canadian Electricity Export Sales, 2011 2015

Source : Statistiques de l’Office national de l’énergie sur le commerce international (3 mars 2016)

La quantité d’électricité exportée annuellement vers les États-Unis varie considérablement. Au cours des cinq dernières années, les ventes à l’exportation d’électricité ont fluctué d’environ 50 TWh à 70 TWh, pour une moyenne de 60 TWh. Selon les observations passées, les années d’exportations élevées coïncident généralement avec des années de fortes précipitations, où les provinces productrices d’hydroélectricité exportent les plus importants volumes d’énergie.

Les exportations de la Colombie-Britannique et de l’Ontario ont plafonné en 2015. Les ventes à l’exportation de la Colombie-Britannique ont bondi de près de 70 % de 2014 à 2015, passant de 7,4 TWh à 12,4 TWh. Les exportations de l’Ontario ont progressé de plus de 20 %, atteignant 20,3 TWh contre 16,7 TWh. Les ventes à l’exportation du Manitoba ont augmenté de 7 %, ce qui les a portées à 9,2 TWh en comparaison avec 8,6 TWh l’année précédente, tandis que les niveaux d’exportation du Québec sont demeurés dans la moyenne des cinq dernières années de 23,6 TWh.

Importations

Les achats à l’importation canadiens ont décliné à leur plus bas niveau en près de vingt ans et ont reculé de plus de 30 % de 2014 à 2015. Les importations sont environ 25 % inférieures à la moyenne quinquennale de 11,5 TWh.

Comme la consommation d’électricité canadienne nationale a culminé en 2009 et que la reprise se fait toujours attendre, l’offre au pays est assez vigoureuse, de sorte que les besoins en importation du Canada sont relativement bas.

Figure 3: Achats à l’importation annuels canadiens d’électricité, 2011-2015

Figure 3: Achats à l’importation annuels canadiens d’électricité, 2011-201

Source : Statistiques de l’Office national de l’énergie sur le commerce international (3 mars 2016)

Les provinces canadiennes ont une plus grande capacité d’échange d’électricité avec les États américains le long des interconnexions nord-sud qu’entre provinces voisines. Bien que les prix de l’électricité dans les marchés américains soient habituellement plus élevés que dans les marchés canadiens, les provinces importent souvent de l’électricité des États-Unis lorsque l’offre intérieure au Canada est limitée ou que la capacité de transport vers d’autres territoires canadiens est restreinte.

La Colombie-Britannique a importé 7 TWh, ou près de 80 % des importations canadiennes en 2015, malgré le fait que la province soit une exportatrice nette. D’année en année, les importations de la Colombie-Britannique ont reculé d’environ 25 %.

En 2015, l’Alberta a été la seule province importatrice nette d’électricité en provenance des États-Unis.

Exportations nettes

Les exportations nettes canadiennes (exportations moins importations) d’électricité ont atteint un niveau record en 2015 en grimpant à près de 60 TWh, une augmentation de 30 % par rapport à 2014.

Figure 4 : Exportations nettes annuelles canadiennes d’électricité, 2011-2015

Figure 4  : Exportations nettes annuelles canadiennes d’électricité, 2011-2015

Source : Statistiques de l’Office national de l’énergie sur le commerce international (3 mars 2016)

Les exportations nettes canadiennes ont atteint un niveau record de 2,8 milliards en 2015 en raison des conditions de l’offre et de la demande, dépassant le sommet précédent de 2014 (2,3 milliards de dollars).

La Colombie-Britannique fait le commerce d’importantes quantités d’électricité. Plus de la moitié de l’augmentation des exportations nettes de 2015 est attribuable à la hausse de 7,4 TWh des exportations nettes à partir de la Colombie-Britannique. Bien que cette province ait importé plus que la moitié du volume d’électricité qu’elle a exportée en 2015, ses recettes nettes (303,3 millions de dollars) ont représenté plus du triple de celles de 2014 (82,6 millions de dollars).

Des gains peuvent être réalisés si des sociétés d’énergie achètent de l’électricité de marchés américains adjacents lorsque les prix sont bas (p. ex., la nuit ou certaines saisons). On peut alors retenir derrière les barrages l’eau qui serait autrement utilisée afin de produire et de vendre de l’électricité plus tard, en période de prix élevés (p. ex., aux heures de pointe).

Exportations vers les États-Unis, par région

Les prix américains relativement élevés comparativement aux prix canadiens ont favorisé les exportations.

Les exportations canadiennes vers l’Ouest américain et le Midwest ont connu une vive remontée en 2015. Les ventes vers l’Ouest ont augmenté d’environ 70 %; de 7,4 TWh en 2014, elles ont grimpé à 12,7 TWh l’année suivante. Les ventes vers le Midwest ont progressé de 25 %, passant de 15 TWh en 2014 à 18,6 TWh en 2015. En raison d’intenses sécheresses dans Pacific Northwest américain et la Californie, la production hydroélectrique dans ces régions s’est largement repliée.

Figure 5 : Exportations brutes d’électricité du Canada vers la zone continentale des États-Unis, par région, 2011-2015

Figure 5 : Exportations brutes d’électricité du Canada vers la zone continentale des États-Unis, par région, 2011-2015

Source : Statistiques de l’Office national de l’énergie sur le commerce international (3 mars 2016)


Les régions du Nord-Est des États-Unis sont représentées en vert pâle, en orange et en bleu pâle sur la carte.

L’interconnexion Pennsylvanie-New Jersey-Maryland (PJM), le New York ISO (NYISO) ainsi que l’ISO Nouvelle-Angleterre (ISO-NE) exploitent des marchés concurrentiels de gros dans le Nord-Est des États-Unis. Comme les limites des marchés ne correspondent pas toujours aux catégories géographiques utilisées dans les statistiques de l’Office, les données relatives à ces marchés sont approximatives.

Le Nord-Est des États-Unis, une région relativement petite, achète la majeure partie des exportations canadiennes, dont la majorité est partagée entre le marché de l’ISO-NE et celui du NYISO. Au cours des cinq dernières années, les ventes dans cette région se sont établies en moyenne à 35 TWh; elles sont passées de 27 TWh en 2011 à 37 TWh en 2015. Des températures froides dans le Nord-Est des États-Unis ont fait croître la demande d’électricité canadienne dans la région, surtout à New York.

Le Nord-Est a importé 37 TWh en 2015, ce qui représente environ 55 % des exportations canadiennes totales. En 2015, New York a reçu 17,9 TWh; la Nouvelle-Angleterre, 18,2 TWh.

Annexe

Valeur (G$ CAN)Note a
  2011 2012 2013 2014 2015

Source : Statistiques de l’Office national de l’énergie sur le commerce international (3 mars 2016)

Exportations (ventes) 2,0 1,9 2,5 2,9 3,1
Importations (achats) 0,4 0,2 0,4 0,6 0,3
Revenu netNote b 1,6 1,7 2,1 2,3 2,8

 

Volumes (TWh)
  2011 2012 2013 2014 2015

Source : Statistiques de l’Office national de l’énergie sur le commerce international (3 mars 2016)

Exportations (ventes)Note a 51,1 57,6 62,6 58,4 68,4
Importations (achats) 14,4 10,9 10,7 12,8 8,7
Exportations nettesNote b 36,7 46,7 51,9 45,6 59,7

 

Volumes (TWh) – Ventilation des exportations (ventes) par région des États-Unis
  2011 2012 2013 2014 2015

Source : Statistiques de l’Office national de l’énergie sur le commerce international (3 mars 2016)

Exportations vers l’Ouest 9,7 10,9 7 7,4 12,7
Exportations vers le Midwest 14,2 12,6 16,1 15 18,6
Exportations vers la PJM 1,1 2,4 1,8 1 1
Exportations vers le NYISO 12,1 16,2 18,7 16,9 17,9
Exportations vers l’ISO-NE 14 15,5 19 18,1 18,2
Exportations (ventes)Note a 51,1 57,6 62,6 58,4 68,4

 

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